Sous-sections
Mots clés : commande, commande
référencée capteur, mécanique, mécanique des solides,
modélisation, robotique, robotique mobile, simulation de
système mécanique, temps-réel, asservissement visuel
.
Dans la classe des systèmes mobiles, les robots marcheurs,
par exemple hexapodes, présentent des avantages certains sur
leurs homologues à roues dès que le sol n'est plus plan ou
libre : le franchissement des obstacles est plus aisé,
l'emprise au sol plus faible, l'adaptabilité meilleure. Ceci
concerne les grands domaines de la robotique
non-manufacturière : exploration, maintenance,
intervention, service. Cependant, dès lors que
l'environnement de travail du système est conÇu pour l'homme,
la technologie multipode doit en général laisser place à la
bipédie si l'on désire conserver de bonnes possibilités de
déplacement et d'action sans modifier l'environnement. D'où
l'intérêt assez récent que porte la communauté mondiale de
Recherche et Développement en robotique aux systèmes dits
humanoïdes, destinés à accompagner l'homme dans certaines de
ses activités personnelles ou professionnelles. Par exemple,
une certaine forme d'assistance à domicile de personnes à
mobilité réduite, pour des tâches très routinières, pourrait
être assurée par des robots bipèdes, car ceux-ci ont la
faculté de pouvoir se déplacer sans adaptation particulière
de l'environnement.
Si la faisabilité de tels systèmes reste largement hors
d'atteinte pour ce qui est de robots aux capacités
d'autonomie décisionnelle élevées, le niveau actuel de la
technologie permet par contre d'envisager la réalisation de
machines capables de se déplacer en marchant dans des
conditions bien déterminées et d'exécuter quelques actions
très simples.
Conception générale
La difficulté de conception d'un
robot marcheur bipède résulte, d'une part de la nouveauté du
concept, qui fait qu'il n'existe pas encore de solutions
éprouvées, et d'autre part de contraintes spécifiques au
principe même de la marche bipédique : tout d'abord, le
système doit comporter un nombre élevé d'articulations dans
un espace de volume réduit. De plus, la localisation de
celles-ci est elle-même fort contrainte par des raisons de
position des articulations, d'encombrement et de répartition
des masses, ce qui nécessite par exemple l'étude de groupes
moto-transmetteurs spécifiques. Par ailleurs, le système doit
être en permanence en équilibre, soit statique, soit
dynamique, ce qui peut nécessiter des couples instantanés
élevés. Ceux-ci se répartissent d'ailleurs au cours du temps
sur l'ensemble des articulations, posant ainsi le problème
d'une gestion globale et dynamique de la puissance
nécessaire. Ce dernier point est également lié aux choix
technologiques concernant l'autonomie : la place
disponible est faible et la masse embarquable limitée (elle
se situe en général en hauteur (tronc) et a de ce fait une
grande influence sur la dynamique du système).
Ce problème reste donc largement ouvert, l'état de l'art
en la matière étant constitué par les très belles
réalisations de Honda, les robots humanoïdes P2 et P3
présentés en 1997.
Un robot
bipède peut être modélisé comme une chaîne articulée
arborescente de corps rigides dans l'espace tridimensionnel.
La marche est caractérisée par différentes phases[VDO92,Win90], principalement (pour une jambe
donnée) le balancement (35 % du cycle) et le support (65 % du
cycle). Il existe de plus une phase de double support qui
dure environ 12 % du cycle et qui est absente dans la course.
Ces phases se décomposent elles-mêmes plus finement en
fonction d'événements liés au mouvement du centre de gravité
et, surtout, du pied. Ces différentes phases se caractérisent
par des contacts divers entre le système et le sol.
Ainsi, le modèle mécanique d'un tel système comporte-t-il
trois aspects :
- une dynamique de système rigide articulé libre dans
l'espace représentable par des équations
lagrangiennes ;
- un ensemble, variable selon les phases, de contraintes
d'égalités et inégalités traduisant l'existence de contacts
sans pénétration et sans glissement que doit
respecter le système. Chaque ensemble définit un mode de
fonctionnement ;
- un choix de loi d'impact modélisant les transitions
(supposées instantanées) entre modes.
Nous sommes donc en présence d'un système dynamique
hybride complexe, dont l'étude reste encore peu explorée.
Un marcheur
humain adopte naturellement une allure régulière et
symétrique dite de confort dans laquelle sa
consommation d'énergie est minimale pour une vitesse de
progression raisonnable. Par ailleurs, certaines classes de
systèmes mécaniques hybrides, par exemple un robot sauteur ou
une transmission avec jeu, présentent souvent des
comportements cycliques limites correspondant à des
équilibres dynamiques, parfois mêmes naturellement stables
dans un certain domaine. Dans le cas du robot marcheur le
plus simple, le compas sur une pente, ces cycles
correspondent à des trajectoires périodiques passives (sans
actionnement extérieur), dans lesquelles la transition entre
énergie cinétique et énergie potentielle est entièrement
équilibrée par l'absorption d'énergie à l'impact [GTE98].
Tout ceci nous incite donc à rechercher une approche de la
commande dans laquelle les trajectoires sont cycliques et
énergétiquement optimales, en un sens qui reste à préciser.
Un autre point est que ce qui importe vraiment est la
progression globale du robot tout en préservant une stabilité
mécanique particulière qui est de nature dynamique. Les
approches classiques, comme le suivi précis de trajectoires
articulaires figées sont donc inadaptées, sauf si l'on
s'intéresse principalement au contrÔle de la posture. Le
domaine n'étant pas lui-même stabilisé (et loin s'en faut),
le chercheur explorera donc des techniques de commande
variées : optimisation non-différentiable, commande
prédictive, commande par apprentissage itératif, commande par
fonction de tâches [6]... On n'oubliera pas enfin la commande
référencée capteurs [3], qui
permettra de prendre en compte des mesures locales de
distance, de proximité, de réaction au sol...