Participants : Raphaël Bomboy,
Manuel Bronstein, Hélène Prieto.
Mots clés : équations différentielles,
équations aux différences, coefficients liouvilliens,
déterminants, solutions liouvilliennes, solutions
analytiques, quadratures, invariants, groupes de Galois,
réductibilité .
Équations différentielles
Pour les équations différentielles, notre activité
principale cette année a été d'améliorer le calcul des
invariants du groupe de Galois, point de passage coûteux des
algorithmes de résolution. Dans l'axe de nos recherches sur
la généralisation des algorithmes aux équations dont les
coefficients contiennent des fonctions plus générales que les
polynômes, nous avons réduit le calcul d'invariants
d'équations à coefficients dans un corps différentiel
k quelconque à la
détermination des solutions dans k d'équations (ou de systèmes) linéaires
associés. Ces travaux ont été présentés à la conférence
MEGA'2000, ainsi qu'au ``AMS Eastern Sectional Meeting'' et
apparaitront dans les actes de 3ecm courant 2001.
Algèbre linéaire
Notre collaboration avec Thom Mulders (ETH Zurich) a
continué cette année avec l'implantation dans la bibliothèque
it (cf. 5.3), par
Hélène Prieto, d'algorithmes basés sur les images modulaires
et le relèvement de Hensel[ABM99,MS00] pour le calcul du déterminant et du
noyau de grandes matrices. Une nouvelle méthode prometteuse
basée sur la forme de Popov a été découverte à l'ETH par
Mulders et Storjohann et a été implantée par Mulders dans
it. Nous cherchons à adapter
cette méthode à d'autres calculs en algèbre linéaire ainsi
qu'à déterminer une stratégie de sélection de l'algorithme
optimal pour une matrice donnée.
Équations aux différences finies
L'essentiel de nos efforts dans ce domaine cette année a
été centré sur l'utilisation de la théorie de Galois pour la
factorisation et la résolution en forme close de ces
équations, ainsi que sur le développement d'algorithmes pour
résoudre les équations à coefficients fonctionnels.
Réductibilité et solutions liouvilliennes :
nous nous somme attachés à terminer le travail entrepris
visant à utiliser les propriétés de réductibilité d'un système d'équations aux
différences finies linéaire pour rechercher ses solutions
liouvilliennes. L'algorithme de Hendriks et Singer[HS99] se ramène à la recherche de solutions
hypergéométriques d'une famille
d'équations du même type. Ce problème a été résolu par
M. Petko
ek[Pet92].
Notre travail a consisté essentiellement à rechercher des
algorithmes se ramenant le plus possible à des calculs
d'Eigenring d'équations aux différences finies. Le calcul
d'un Eigenring se ramène en effet à la recherche des
solutions rationnelles d'un
système auxiliaire linéaire d'équations aux différences
finies, problème plus simple que la recherche de ses
solutions hypergéométriques. Nous avons ainsi établi un
algorithme de réductibilité des opérateurs aux différences
finies linéaires, utilisant le travail théorique effectué
précédemment[Bom99], qui se ramène uniquement à des
calculs d'Eigenring pour une large famille d'opérateurs (les
opérateurs complètement
réductibles). Nous avons également établi un
algorithme de recherche des solutions liouvilliennes d'une
équation aux différences finis d'ordre deux qui se ramène
uniquement à des calculs d'Eigenring pour toutes les classes
d'opérateurs sauf une, et améliore les algorithmes connus
dans tout les cas. Ce travail devrait être rédigé dans la
thèse de Raphaël Bomboy, dont la soutenance est prévue avant
la fin de l'année universitaire. Des implantations
expérimentales en langage Maple, utilisant le logiciel
Shasta (cf. 5.3), sont en
cours et ont déjà permis de traiter plusieurs exemples
complexes. Nous espérons prochainement généraliser ce travail
à des opérateurs d'ordre quelconque.
Équations à coefficients fonctionnels : Nous
avons continué cette année le développement de notre théorie
algébrique des tours d'extensions de corps aux
différences [6] afin de pouvoir traiter les équations aux
différences dont les coefficients contiennent des fonctions
plus générales que les polynômes. Dans le cadre de notre
collaboration avec S.A. Abramov (Moscou), nous avons
résolu le problème du calcul de la dispersion de
deux éléments d'une telle tour, qui se réduit au problème
suivant de la théorie des nombres : étant donné deux
nombres algébriques
et
, existe-t-il un entier positif
n tel que
=
? Nous avons
corrigé une erreur dans une solution proposée par Kannan et
Lipton[KL86] et présenté une solution complète
à la conférence ISSAC'2000 [9]. Nous nous intéressons maintenant au calcul
des solutions rationnelles et hypergéométriques de ce type
d'équations.