Mots clés : vision par ordinateur,
stéréoscopie .
Résumé :
Les algorithmes et méthodes développés ici doivent
permettre de construire les modèles informatiques des
différents organes impliqués. Cette modélisation est
nécessaire à toutes les phases d'une opération de chirurgie
robotisée. C'est à cette étape que sont incorporées des
données en provenance de différentes sources d'acquisition
(images 2D et 3D, modèles a priori, atlas anatomiques,
données biomécaniques) afin de produire des modèles
réalistes du patient, des instruments chirurgicaux et de
leur relation géométrique au bloc.
La première application chirurgicale à laquelle nous nous
intéressons est le pontage coronarien (voir
section 4).
Cette application nécessite en premier lieu la construction
d'un modèle complet de l'organe concerné, le coeur. Des
caractéristiques importantes à prendre en compte pour la
modélisation du coeur sont :
- la grande variabilité anatomique inter-patients ;
- des mouvements importants et quasi-périodiques.
Il est donc nécessaire de construire un modèle 3D+t
(c.-à-d. variant avec le temps) du coeur complet. Un modèle
volumique du coeur à un instant donné du cycle cardiaque peut
être obtenu à partir d'IRM. Pour obtenir un modèle 3D+t
complet, on doit animer ce modèle volumique statique à partir
d'un modèle 3D+t du réseau coronarien.
Les données permettant de construire un modèle 3D+t du
réseau coronarien sont des séquences d'images
coronarographiques (rayons X), prises sous des angles
différents et durant plusieurs périodes cardiaques. La
première étape consiste à détecter dans chaque séquence la
position des vaisseaux (ligne médiane et diamètre), en
utilisant la redondance temporelle, avec par exemple des
techniques de diffusion anisotrope ou une approche par
modèles. Dans un second temps, il s'agit d'utiliser les
différentes séquences, synchronisées par rapport à l'ECG mais
prises à des instants différents, pour reconstruire en 3D le
réseau coronarien. Cette deuxième étape revient à faire de la
stéréoscopie sur des courbes dont la position 3D peut avoir
légèrement changé entre les prises de vue. La stéréoscopie
sur des prises de vue non-simultanées est une situation
largement ignorée dans les travaux du domaine.
La dernière étape consiste enfin à fusionner le modèle
volumique 3D du coeur avec le réseau coronarien 3D+t. Cette
étape nécessite d'abord d'identifier des repères communs aux
deux modèles (départs des coronaires), puis à animer le
modèle du coeur en utilisant le mouvement des coronaires.
En plus de ce modèle cinématique du coeur, il sera
nécessaire d'obtenir un modèle physique de l'ensemble du
patient, pour pouvoir simuler les interactions du corps du
patient et de ses organes avec l'extérieur (notamment les
instruments du robot et la pesanteur).