Mots clés : géométrie algorithmique,
modélisation et simulation robotique .
Résumé :
C'est à cette étape que sont développés les algorithmes
nécessaires d'une part à l'étude et à la prédiction des
effets des actions chirurgicales en utilisant les modèles
calculés dans l'équipe, et d'autre part à l'optimisation et
l'évaluation des plannings chirurgicaux. Cette phase a de
plus un impact majeur sur l'enseignement de gestes
chirurgicaux nouveaux dans lesquels le chirurgien manipule
non plus des outils endoscopiques classiques mais la
console maître du système télérobotique. Elle ouvre aussi
la porte au télé-enseignement du geste grâce au couplage du
simulateur et de la console maître.
Lors de la phase préopératoire, qui précède l'intervention
chirurgicale, le chirurgien doit pouvoir visualiser les
données/images médicales (par exemple IRM,
Scanner...) acquises sur le patient et simuler différents
mouvements des robots et de l'endoscope afin de déterminer la
stratégie opératoire à suivre et, en particulier, optimiser
le positionnement des incisions permettant l'introduction des
instruments dans le corps du patient. Cette simulation
nécessite la prise en compte de critères divers reliés à la
fois à la nature de l'intervention et à l'anatomie du
patient. Elle doit de plus prendre en compte automatiquement
les tâches de « bas niveau » (gestion des contraintes
mécaniques et des collisions, visualisation) pour permettre
au chirurgien de se concentrer sur son intervention. On peut
également envisager que ce simulateur serve pour
l'apprentissage du geste ou en cours d'intervention pour
éventuellement replanifier l'intervention.
Dans le domaine clinique, le positionnement des trois
incisions nécessaires à l'introduction des instruments dans
le corps du patient se fait actuellement de manière empirique
sur la base d'un travail expérimental effectué sur des
cadavres ou des animaux. Les règles utilisées ne permettent
pas de pratiquer l'opération avec facilité chez tous les
malades à cause des variations individuelles des rapports
anatomiques.
Les travaux effectués dans l'équipe visent donc à proposer
un simulateur intégré de ces procédures chirurgicales
robotisées. Ils s'appuient sur les résultats de domaines de
recherche comme la géométrie algorithmique et la
planification de trajectoires. Trois parties principales sont
à prendre en compte pour le développement de ce simulateur
:
-
Modélisation des organes et du robot
: la représentation des organes et du robot doit
être suffisamment réaliste et permettre d'accélérer les
calculs géométriques. La modélisation des organes doit
prendre en compte des caractéristiques physiologiques
comme des propriétés d'élasticité et de mouvement
périodique au cours du temps (battements du coeur).
L'objectif est d'étendre les algorithmes de
représentation de surfaces fondés sur les diagrammes de
Voronoï et les voisins naturels développé initialement
dans l'équipe INRIA PRISME
pour permettre la représentation de ces objets
déformables.
-
Planification : cette phase
doit permettre d'optimiser la planification de la
procédure opératoire dans son ensemble ; en particulier,
elle doit prendre en compte automatiquement des
contraintes mécaniques et anatomiques, calculer des
trajectoires respectant ces contraintes, et positionner
correctement les incisions.
Pour effectuer les calculs géométriques nécessaires,
l'objectif est de développer des méthodes efficaces pour
la visualisation, les tests de collision entre les bras
du robot ou entre un robot et un organe, et le calcul de
déformations et de trajectoires.
- Simulation : le simulateur
doit permettre de visualiser d'un point de vue quelconque
l'ensemble des organes, calculer la vue de l'endoscope, et
rendre compte d'efforts de contact (déformation des organes
et retour sensoriel). Le simulateur gèrera aussi les
collisions entre les bras du robot qui se trouvent en
dehors du corps du patient.
Ce simulateur est connectable à la console maître du robot
DA VINCI pour permettre la
simulation du geste dans les conditions opératoires.