Participants : Frédéric Devernay,
Grégoire Malandain, Olivier Faugeras, Fabien Mourgues,
Christophe Blondel, Arnaud Contes.
Mots clés : vision par ordinateur,
stéréoscopie, contours déformables, suivi .
L'utilisation de la chirurgie mini-invasive pose le
problème, pendant l'opération, du repérage des structures
anatomiques concernées (artères coronaires, principalement)
dans un environnement dont on a une vision très partielle,
via l'endoscope. La solution proposée ici consiste à assister
le chirurgien lors de l'opération en lui proposant une
localisation précise, par exemple sous la forme d'une carte
locale du champ visuel et des structures environnantes. Cette
localisation pourra par la suite lui être restituée en temps
réel par réalité augmentée sur les images endoscopiques.
Afin d'aider le chirurgien, il est donc nécessaire de
modéliser dynamiquement l'arbre coronaire intéressant à
partir de séquences de coronarographies rayons X
préopératoires synchronisées par rapport à
l'électrocardiogramme. Seule la reconstruction de l'arbre
coronaire gauche est nécessaire et une reconstruction
exhaustive de toutes les ramifications n'est pas utile dans
ce contexte.
Plusieurs types d'appareils sont actuellement disponibles
dans les hÔpitaux pour effectuer les examens de
coronarographie. Parmi ceux-ci, les angiographes rayons X 2D
de type LC sont particulièrement répandus (nous reviendrons
sur les différents types d'appareils dans le chapitre
consacré à l'imagerie médicale des artères coronaires). Les
données utilisées pour effectuer la reconstruction
proviennent d'un angiographe 2D avec rotation motorisée de la
chaîne d'acquisition. Elles se présentent sous la forme d'une
séquence rayons X avec injection d'un produit de contraste,
non soustraite, prise en rotation autour du patient, coeur
battant. Typiquement trois cycles cardiaques sont
exploitables (entre la diffusion suffisante du produit de
contraste et son évanouissement dans l'organisme). On dispose
de plus de l'électrocardiogramme (ECG) afin de repérer les
vues de la séquence (typiquement 30 vues par cycle
cardiaque). Les méthodes classiques de reconstructions 3D à
partir de deux points de vue posent le problème des
appariements de structures et d'ambiguïté. L'idée dans
l'utilisation d'une séquence en rotation est de tirer parti
de la continuité du changement de point de vue pour propager
les étiquetages d'artères.
La méthode développée [13] s'articule donc ainsi :
- une première étape consiste à extraire des structures
2D intéressantes dans une image de la séquence, nous
introduirons un outil semi-interactif de sélection des
lignes centrales des artères basé sur une réponse
multiéchelle,
- ensuite un suivi 2D de ces structures est effectué au
cours de la séquence grâce à une description hiérarchique
du réseau et une modélisation sous forme de B-splines des
artères jusqu'à atteindre une autre image du même instant
cardiaque,
- une première reconstruction 3D des structures peut
alors être effectuée (figure 2),
- ce premier modèle évolue ensuite au cours du reste de
la séquence ou bien s'affine de manière rétroactive.
L'ensemble des algorithmes utilisés ou développés pour
cette application ont été intégrés dans une interface
homme-machine conviviale, dont le but est d'être utilisable
par un cardiologue qui ignore tout des traitements
sous-jacents (figure 3).
Figure 2: Reconstruction 3D de l'arbre
coronaire à partir de deux séquences angiographiques.
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Figure 3: Outil interactif de
reconstruction 3D de l'arbre coronaire à partir de
séquences angiographiques.
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Les travaux de l'équipe ChIR sur la modélisation du coeur
s'orientent dans deux directions complémentaires. D'une part,
Christophe Blondel a commencé une thèse en collaboration avec
General Electric Medical Systems sur la reconstruction de
l'arbre coronaire à des fins de diagnostic. D'autre part, les
travaux continuent pour la fusion du modèle 3D+t des
coronaires avec un modèle 3D complet mais statique du coeur,
afin de construire un modèle 3D+t complet.