Participants : Olivier Bernard,
Jean-Luc Gouzé.
Mots clés : bioréacteur, modélisation
en biologie, observateur, modèle incertain, analyse
qualitative .
La modélisation en biologie pose le problème de
l'adéquation entre le système réel et sa représentation
mathématique. Lors de la phase de modélisation, l'étape de
validation du modèle est capitale. Nous avons poursuivi le
développement d'une méthode de validation dynamique robuste
de modèles différentiels, qui utilise seulement le signe des
éléments de la matrice jacobienne, et ne dépend donc pas de
la formulation exacte des équations ni des paramètres. En
effet, les modèles en biologie sont souvent mal connus, et on
utilise seulement des hypothèses de monotonie de certaines
fonctions.
On étudie alors la succession temporelle des extrema de
chaque variable et leur position par rapport à une valeur de
référence. Ce sont des renseignements qualitatifs assez
faciles à obtenir, même quand il y a beaucoup de bruit sur
les mesures.
Nous avons affiné l'analyse en combinant l'information sur
la tendance des variables d'état et sur leur position par
rapport à une valeur de référence [BGed]. On peut alors déterminer l'ensemble des
états qualitatifs possibles et leur succession dans le temps.
Par exemple, on montre que seuls 14 des 64 états qualitatifs
possibles a priori sont compatibles avec la structure
du modèle de Droop (un modèle classique en croissance du
plancton). La dynamique qualitative est alors décrite de
manière très fine par un graphe.
Nos recherches en collaboration avec le CESAME (Belgique)
et A. Karama (Université de Marrakech, Maroc) portent sur des
méthodes de modélisation hybride (équations différentielles -
réseaux de neurones) des systèmes biologiques. L'idée
consiste à intégrer dans le modèle les contraintes
biologiques (respect des lois de conservation de la matière,
positivité des variables) et les connaissances a
priori sur le système (signes de certaines interactions,
stabilité de certains équilibres). Le réseau de neurones
intervient alors de manière beaucoup mieux maîtrisée dans une
partie du modèle, et la large panoplie des outils dédiés à
l'identification du réseau peut alors être utilisée (voir
[31,32]).