Participants : Jean-Luc Gouzé, M.
Zakaria Hadj-Sadok, Olivier Bernard, Valérie Lemesle.
Mots clés : bioréacteur, automatique
non linéaire, observateur, modèle incertain .
Observateur à erreur bornée pour des bioréacteurs
Nous nous sommes intéressés à une classe de bioréacteur où
certaines fonctions de l'état sont mal connues, ce qui est
souvent le cas en biologie.
Nous avons alors construit un observateur à erreur bornée
pour une telle catégorie de systèmes. Il reconstruit ainsi
les variables d'état non mesurées avec une erreur raisonnable
dépendant de la connaissance du modèle et avec une vitesse de
convergence plus ou moins ajustable.
Un tel observateur permet de lier les méthodes utilisées
jusqu'à présent, à savoir l'observateur asymptotique, qui est
construit lorsque certaines fonctions de l'état sont
inconnues, et l'observateur grand gain, qui est construit
lorsque le modèle est parfaitement connu.
L'observateur à erreur bornée est plus robuste au bruit
que l'observateur grand gain et semble être plus rapide que
l'observateur asymptotique si on l'ajuste correctement. Il
nous reste à appliquer cette méthode à des données réelles,
ce qui nous permettrait de nous rendre mieux compte des
améliorations apportées par rapport aux techniques déjà
utilisées, les simulations effectuées étant très
encourageantes.
Les méthodes développées ici sont susceptibles de
s'appliquer à des systèmes biologiques plus généraux en
dimension plus grande.
Observateurs asymptotiques robustifiés
Considérons un modèle général de bioréacteur, comportant
des cinétiques mal connues. Les observateurs asymptotiques
estiment des variables non mesurées en utilisant la
détectabilité du système et en éliminant les cinétiques
inconnues. Cependant, les observateurs asymptotiques
fonctionnent en boucle ouverte. En effet, leurs estimations
reposent sur les bilans de matière et ne sont pas corrigées
en exploitant un écart entre des quantités mesurées et des
quantités calculées par l'observateur. Cela suppose que le
modèle de bilan de matière est parfait. Or il se peut que les
paramètres de rendement soient mal estimés, ou que les
entrées de matière dans le système soient mal connues. On a
mis au point une méthode destinée à améliorer la robustesse
de l'observateur vis-à-vis des incertitudes : on tire profit
de sorties supplémentaires pour améliorer les performances de
l'observateur asymptotique, qui n'utilise toujours pas de
faÇon explicite les cinétiques inconnues. On montre que la
vitesse de convergence peut être améliorée dans certaines
directions, ainsi que la robustesse. L'application à des
données simulées ou réelles est convaincante.
Observateurs par intervalles
Avec Alain Rapaport (INRA Montpellier), nous avons
poursuivi des travaux sur les observateurs par intervalles,
en posant en particulier le problème de l'observabilité
pratique : il arrive qu'un système incertain soit
théoriquement instantanément observable, mais qu'on ne puisse
pas construire un observateur classique. Nous avons étudié
ensuite le cas où le système n'est plus observable : comment
construire un observateur par intervalles qui gère au mieux
ces incertitudes ? Nous décomposons alors les incertitudes
suivant une certaine base, et obtenons des observateurs
polytopiques qui encadrent les variables à estimer. Nous
pensons qu'il y a encore de multiples améliorations
possibles, pour gérer le bruit au mieux par exemple.