Participants : Jean-Luc Gouzé, M.
Zakaria Hadj-Sadok, Olivier Bernard, Ludovic Mailleret.
Mots clés : bioréacteur, automatique
non linéaire, traitement de l'eau, épuration biologique
.
En collaboration avec le CESAME (UCL, Belgique), et dans
le cadre d'un projet européen (AMOCO, Agriculture and
Fisheries), nous avons travaillé sur la modélisation et la
reconstruction de l'état d'un fermenteur anaérobie destiné à
traiter des déchets industriels (résidus de transformation du
bois, vinasses, ...). Ce dispositif moderne possède un
rendement épuratoire très élevé, ce qui permet en outre de
traiter des déchets industriels difficiles à dégrader par des
techniques classiques. Un tel procédé n'est cependant pas
stable : plusieurs points d'équilibre existent, mais un seul
est exploitable. En pratique, une surveillance continue et un
contrÔle permanent du système sont nécessaires, pour le
stabiliser autour du point de fonctionnement intéressant. Le
travail effectué ici a consisté tout d'abord à développer un
modèle de ce procédé. Des procédures d'identification ont
permis d'estimer les paramètres du modèle. Les simulations
sont très proches des mesures, et le modèle reproduit
correctement la déstabilisation du fermenteur observée. Des
capteurs logiciels capables de tirer profit du peu de mesures
disponibles pour estimer l'état interne du fermenteur
(communautés bactériennes et différents substrats) ont été
réalisés. Leurs prédictions sont très prometteuses [12],
[BHSD+ed].
Nous avons cherché ensuite, après une étude fine de la
dynamique et des bassins d'attraction, à concevoir des
contrôleurs simples de mise en oeuvre, robustes et basés sur
le peu de mesures physiques disponibles en sortie du
procédé.
L'étude a permis de décrire deux différents types de
contrôleurs. Le premier est basé sur un algorithme qui
contrôle le taux de dilution en fonction de tests directs sur
l'état observé. Le second est un contrôle du taux de dilution
par un retour de sortie plus classique mais permettant la
disparition, dans les équations du modèle contrôlé, du taux
de croissance des bactéries méthanogènes, à la base de
l'instabilité. Ce contrôleur permet notamment de régler la
demande chimique en oxygène (i.e. concentration en polluant)
en sortie du fermenteur, même si la concentration en polluant
en entrée varie.