Sous-sections
Mots clés : neurosciences
computationnelles, modèle cortical, assemblée neuronale,
colonne corticale, neurones impulsionnels .
La modélisation biologique consiste pour nous à utiliser
des données des neurosciences pour proposer de nouveaux
modèles neuronaux pour le traitement automatique de
l'information. Ces données peuvent concerner le
fonctionnement élémentaire du neurone, aussi bien que
l'exploitation des flux d'information engagés dans des tâches
cognitives.
L'inspiration des neurosciences propose
une alternative intéressante au codage en champ continu: le
codage temporel par impulsion. En effet, les neurones ont une
activité à temps continu mais en tout ou rien (envoi de
spikes pouvant intervenir à n'importe quel instant)
qui est généralement modélisée en continu par une mesure de
leur fréquence. Conserver ce codage temporel par impulsion
peut apporter une représentation plus riche de l'information
(par exemple en exploitant les retards de décharge entre
neurones) et plus robuste (plus grande résistance au bruit).
De plus, ce fonctionnement se prête bien aux implantations
matérielles que nous visons (
cf. 4.4).
Notre modèle cortical, dont les
principes sont développés depuis plus de dix ans en
collaboration avec d'autres chercheurs des neurosciences
cognitives, est fondé sur la notion d'assemblées neuronales,
les colonnes corticales, assurant des opérations élémentaires
d'un niveau plus fonctionnel et plus intégré que le simple
neurone formel. Dans nos modèles, ces assemblées, vues comme
unités de traitement, sont groupées au sein d'aires, typées
par la nature des informations traitées.
Cet axe de recherche consiste à définir la logique de
fonctionnement et d'apprentissage des unités et à en étudier
les conséquences sur les capacités d'apprentissage et de
représentation de l'information, dans des réseaux de telles
unités.
Nous abordons tout d'abord le problème sous l'angle de
l'apprentissage afin que notre unité neuronale complexe
détecte des événements sensorimoteurs au sein d'aires
corticales et que cette information puisse être représentée
topologiquement, comme des batteries de filtres. Le second
point concerne la logique d'activation des unités, chacune
représentant un événement du monde extérieur ou un état
interne du système en particulier. Les états d'activation des
unités doivent pouvoir représenter des concepts aussi
différents que la présence de l'événement, son inhibition, le
souhait qu'il se produise ou la recherche des conséquences de
son activation éventuelle. De plus, des transitions entre
états d'activation doivent être permises par apprentissage,
de manière à construire un graphe causal, typé par la
sémantique des aires, représentant les inter-relations entre
ces unités. Ces inter-relations sont en fait une
représentation interne des invariants du monde extérieur ou
des conséquences de l'action du système sur ce monde.
Réaliser une tâche (de perception, d'analyse de scène, de
décision, de navigation) avec ce formalisme consiste à créer
le réseau d'unités qui en sera le support. Tout d'abord, nous
définissons, du point de vue des neurosciences, les
principaux flux d'information impliqués dans cette tâche, en
termes de capteurs, d'effecteurs, d'aires corticales et
éventuellement de zones extracorticales. Ensuite, nous
implantons des modèles de ces différentes structures
neuronales et de leurs interconnexions en étudiant plus
particulièrement les aspects de synchronisation des flux
d'information et d'émergence dans de tels réseaux
distribués.
Nous avons ainsi exploré divers domaines perceptifs
concernant en particulier des tâches de traitement visuel et
auditif. Nous avons également étudié des tâches d'intégration
multimodale comme la reconnaissance invariante par
combinaison de fonctions de localisation et de
reconnaissance, ainsi que la coordination sensorimotrice.
Nous avons enfin abordé le problème de l'organisation
temporelle du comportement incluant des notions de mémoire de
travail et de planification.