Présentation et objectifs généraux
Mots clés : coopération, coordination,
communication, équipe/entreprise virtuelle, Internet,
interopérabilité, intertravaillabilité, techniques objets,
transaction .
L'évolution des performances des réseaux d'ordinateurs
combinée à la baisse de leur coût et à la simplicité de leur
utilisation permet désormais aux individus et aux compagnies
de coopérer électroniquement pour former des équipes ou des
entreprises virtuelles. Cette coopération peut être pérenne,
comme entre un constructeur automobile et ses sous-traitants,
ou éphémère comme entre les différents corps de métier dans
la construction d'un bâtiment. Elle peut être mise en oeuvre
à travers un réseau spécialisé ou un réseau général comme
Internet.
Le projet ECOO est motivé par la mise en oeuvre de la
coopération inhérente à toute équipe ou entreprise virtuelle
en termes de concepts, de mécanismes, de langages et de
méthodes. Il s'intéresse plus particulièrement à la
coordination dans les applications de type co-conception
et/ou ingénierie simultanée se déployant sur Internet. Il est
organisé autour de quatre axes principaux :
- la coordination explicite basée sur la possibilité, de
formaliser des procédés décrivant explicitement le travail
à réaliser, et de les contrÔler sur le terrain,
- la coordination implicite basée sur l'hypothèse qu'une
bonne conscience de ce que font les autres (« awareness »
en anglais), par la communication qu'elle induit, peut
assurer une auto-coordination suffisante,
- une étude des procédés collaboratifs de co-décision
(résolution collective de question, argumentation,
négociation ...).
- l'étude des relations entre ces différentes
dimensions.
Coordination explicite. L'hypothèse fondamentale de
cette approche est que l'on est capable de décrire par un
modèle de procédé «enactable » (partiellement exécutable) les
activités et l'enchaînement « subtil » des activités
caractéristiques des applications créatives qui nous
intéressent. Si nous pensons que les modèles de workflows
actuels [WFM95] sont un bon point de départ, nous
savons aussi qu'ils ne fournissent pas la flexibilité
nécessaire aux applications qui nous intéressent. On
s'intéresse donc à l'utilisation au mieux des modèles de
workflow existants et sutout à leur évolution vers plus de
souplesse pour mieux répondre aux besoins des applications de
co-conception et de co-ingénierie (cf. 6.1).
Coordination implicite. Si la modélisation des
procédés peut être un élément important dans la mise en
oeuvre de la coopération dans les équipes et entreprises
virtuelles, il est irréaliste de tout vouloir décrire et
contrÔler par ce biais, de tout vouloir formaliser. Une
approche originale, et nous pensons complémentaire,
développée dans le domaine du travail coopératif (CSCW) est
basée sur le constat suivant: si les membres d'une équipe
virtuelle sont maintenus conscients, de manière pertinente,
de l'état et de l'activité du projet, alors ils seront amenés
à communiquer et à s'auto-coordonner. C'est cette démarche
que nous appelons « coordination implicite », ou encore,
coordination basée sur la conscience de groupe (traduction de
« awarness ») (cf 6.2).
Procédés collaboratifs de co-décision Nous nous
intéressons à la formalisation et l'implantation de modèles
génériques de négociation et d'argumentation au sein des
applications coopératives. L'objectif est (cf. 6.3)
:
- de développer un environnement générique de support aux
tâches en collaboration à forte composante décisionnelle,
où l'argumentation sert à préparer les prises de
décision,
- de construire un modèle de négociation qui soit
indépendant de tout domaine d'application particulier,
utilisable tant pour négocier les droits d'accès à un
service particulier que pour définir les règles de
coopération à respecter lors du partage d'une
ressource.
Etude des relations entre les différentes dimensions de
la coopération Comme nous venons de l'introduire, nous
pensons que les partenaires d'une équipe ou d'un entreprise
virtuelle se coordonnent en combinant coordination explicite
et coordination implicite. Ces dimensions ne sont pas
ortogonales et l'étude de leurs relations est nécessaire.
Elle se décline de plusieurs points de vue : coopération
asynchrone vs. coopération synchrone, coordination formalisée
vs. coopération non formalisée ... En particulier,
dans ce contexte, l'étude de la bascule d'un mode vers un
autre nous semble tout particulièrement pertinente. Plus
généralement, l'étude des relations entre coordination et
communication est un axe de recherche neuf dans la communauté
scientifique et un verrou difficile pour les applications
coopératives qui mèlent travail asynchrone et travail
synchrone, procédés formalisés et procédés non formalisés,
interactions indirectes et interactions directes (cf.
6.4).
Nous nous appuyons pour l'ensemble de ces recherches sur
des expériences menées en relation avec des partenaires
industriels dans des domaine variés : BTP, automobile,
commerce électronique, génie logiciel ...
Le projet ECOO héberge également une activité importante
sur les modèles et langages à objets qui a bâti sa
renommée sur l'utilisation de techniques d'évaluation
partielle originales pour optimiser en temps et en taille la
compilation et le code des objets produits. En particulier,
elle a produit le compilateur SmallEiffel sélectionné comme
compilateur Eiffel de l'environnement GNU de la Free Software
Foundation. SmallEiffel est distribué à des milliers
d'exemplaires.