Sous-sections
Mots clés : déplacement, évolution,
sclérose en plaques, cancérologie, mouvement apparent,
déformation, champ de vecteur .
Processus évolutifs dans des images tridimensionnelles
Une partie de cette étude a été menée en collaboration
avec les services de neurologie et de radiologie de
l'hÔpital Pasteur à Nice, et avec le service hospitalier
Frédéric Joliot du CEA à Orsay.
Participants : David Rey, Hervé
Delingette, Grégoire Malandain, Nicholas Ayache.
On s'intéresse ici à la détection de processus évolutifs
dans des séquences temporelles. Nous avons progressé sur
trois points.
D'une part, du point de vue méthodologique, nous avons
tenté d'apporter quelques améliorations à l'approche décrite
dans le rapport d'activité 1999 [RSDA98] [RSDA99] (et article soumis au journal MedIA,
[31]) :
- développement de méthodes pour réaliser le seuillage de
l'image du Jacobien du champ des déformations
automatiquement afin de retrouver et de segmenter les
régions évolutives entre deux images ;
- étude du biais temporel entre les images, et
implantation d'algorithmes pour le corriger ;
- simplification de la méthode générale d'analyse
temporelle grâce à un calcul symétrique du champ de
vecteurs entre deux images [37] au lieu du calcul des champs direct et
réciproque.
D'autre part, dans le cadre d'une collaboration avec
l'hÔpital Pasteur de Nice, nous construisons une base de
données d'images IRM de patients atteints de sclérose en
plaques et suivis médicalement. Nous construisons également
une base d'images sur des sujets de contrÔle. L'analyse
temporelle réalisée grâce à la méthode décrite dans le
rapport d'activité de l'année 99 peut alors être appliquée
pendant le suivi médical [51,44]. Par ailleurs, les images de contrÔle ont
permis d'établir que le biais temporel entre deux images IRM
perturbe sensiblement le calcul du champ des déformations
apparentes, et nous cherchons comment nous affranchir de
cette difficulté.
Enfin, nous avons travaillé sur la visualisation et le
recalage d'images temporelles de tenseurs de diffusion d'un
patient atteint de CADASIL (Cerebral Autosomal Dominant
Arteriolopathy AND Subcortical Infarcts and
Leucoencephalopathy) afin de pouvoir réaliser une analyse de
ces images au cours du temps. Les images nous ont été
fournies par le service hospitalier Frédéric Joliot du CEA
d'Orsay (voir section 8.2.2). Nous
utilisons des images scalaires extraites des images de
tenseur de diffusion pour effectuer les recalages. De plus,
nous recalons les images de tenseur sur les images
anatomiques correspondantes (figure 13).
Figure 13: Deux acquisitions
temporelles de tenseurs de diffusion du même patient
alignées sur les images anatomiques. Les tenseurs sont
représentés par des ellipsoïdes en chaque point dont la
couleur donne une indication sur sa forme (sphérique,
planaire, ou linéaire). Il est ensuite possible de
remettre les deux images de tenseur dans le même repère
grâce au recalage des images anatomiques
temporelles.
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Suivi de déformations dans des séquences temporelles d'images
ultrasonores 3D
Participants : Xavier Pennec,
Pascal Cachier, Nicholas Ayache.
Mots clés : Recalage non rigide
rapide, images ultrasonores 3D, suivi temporel .
Lors d'une intervention neurochirurgicale, le cerveau
s'affaisse et se déforme. Pour conserver un positionnement
précis des instruments par rapport aux structures cérébrales,
il est nécessaire d'estimer la déformation à partir
d'informations per-opératoires. Les images ultrasonores (US)
3D sont pour cela une modalité qui peut prendre une
importance considérable car elles ont un coût très inférieur
à l'IRM interventionnelle et offrent la possibilité
d'acquérir des séquences temporelles en temps réel. Elles ont
par contre un faible rapport signal sur bruit.
Nous avons poursuivi cette année le travail sur le
recalage non rigide d'images US 3D en développant un nouveau
type de transformations non-rigides intermédiaires entre les
déformations libres (champ de déformation contenant le
déplacement de chaque voxel) et les transformations
paramétriques : au lieu de calculer la transformation en
un point x par interpolation
des déplacements ti des voxels xi voisins, on la calcule par
convolution gaussienne :
T(x) =
ti.G
(x -
xi). On obtient donc une déformation
en tout point de l'espace paramétrée par les ti aux sites xi (que l'on peut prendre sur
une grille différente de celle des voxels). Dans les
algorithmes de descente de gradient précédemment développés
[PCA99] [36], l'usage de cette paramétrisation revient
à lisser spatialement le gradient et le Hessien du critère,
ce qui permet d'éviter certains minima locaux et de favoriser
des transformations plus lisses.
Figure 14: En haut, 3 images de la
séquence d'images ultrasonores d'un cerveau de cochon
ou un ballon est dégonflé pour simuler le drainage d'un
kyste. Nous y avons superposé la trace de la
segmentation du ballon (effectuée dans la première
image de la séquence US), cette segmentation étant
déformée grâce au champ de déformation estimé par notre
algorithme de suivi. Les résultats sont très
encourageants. En bas, nous présentons la déformation
d'une grille pour montrer la régularité du champ
obtenu.
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Nous avons également développé un algorithme de suivi dans
la séquence à partir de nos algorithmes de recalage non
rigide. Comme le speckle (bruit caractéristique des images
ultrasonores) persiste au cours du temps, c'est un bon amer
géométrique pour le recalage d'images successives dans la
séquence. De plus, les changements globaux d'intensités sont
lents. Nous avons donc choisi de recaler les images
successives de la séquence avec le critère SSD (somme des
différences d'intensité au carré). Pour obtenir la
déformation globale (i.e. de l'image de référence à l'image
actuelle), nous ne pouvons pas composer simplement les
recalages successifs car cela cumulerait les erreurs
d'interpolation et les biais possibles de l'algorithme. On
utilise donc le recalage d'images successives comme une
initialisation pour un nouveau recalage avec l'image de
référence mais, cette fois-ci, si le mouvement doit être très
faible, les intensités peuvent avoir évolué de manière
globale. On utilise donc cette fois ci le critère LCC (somme
des coefficients de corrélation locale calculés sur des
fenêtres gaussiennes [36]) qui s'optimise de la même manière par
descente de gradient.
Des expériences ont été réalisées sur une séquence
d'images ultrasonores d'un fantÔme non-rigide et sur une
séquence d'images d'un cerveau de cochon où un ballon est
dégonflé pour simuler le drainage d'un kyste (voir figure
14). Les
résultats de ces travaux ont donné lieu à des soumissions à
un numéro spécial sur les ultrasons de la revue Pattern
Recognition Letters et la conférence internationale
Information Processing in Medical Imaging
(IPMI'01).
Cette activité de recherche est menée en collaboration
avec les partenaires de l'Action de Recherche Collaborative
ICEMA décrite plus loin (projets Epidaure, Macs, Sinus,
Sosso et industriel Philips).
Participants : Maxime Sermesant,
Hervé Delingette, Nicholas Ayache.
Les pathologies cardio-vasculaires sont la première cause
de mortalité dans les pays industrialisés. Une aide au
diagnostic automatisée est donc très utile aux médecins. Pour
cela, il faut extraire des paramètres quantitatifs à partir
d'images médicales du patient pour mieux comprendre le
mouvement cardiaque, détecter les zones ischémiques ou
infarcies, mesurer la gravité de la pathologie et contrÔler
l'efficacité du traitement. Ces paramètres, qui constituent
la fonction ventriculaire cardiaque, sont en
particulier : la fraction d'éjection du ventricule
gauche, l'épaisseur de la paroi du myocarde et les
déformations et contraintes locales dans le myocarde.
Figure 15: En haut, coupes extraites
de la séquence échographique 4D. En bas à gauche,
maillage du modèle biomécanique du ventricule gauche.
En bas à droite, évolution spatio-temporelle du modèle
biomécanique contraint par les images échographiques et
l'électrocardiogramme du patient (le modèle est
représenté à un instant donné de la séquence).
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Le choix des échographies se justifie par le fait que ce
mode d'imagerie est peu invasif pour le patient, rapide et
peu coûteux. L'extraction de la fonction ventriculaire
cardiaque à partir d'images médicales 4D se fait par la mise
en place d'un modèle biomécanique du coeur couplant les
champs électriques et les déformations puis par la
segmentation des échographies avec ce modèle.
Le modèle physique utilise la méthode des éléments finis
dans le cadre de l'élasticité linéaire anisotrope. Des
éléments héxaèdriques provenant de données issues de
dissections menées à l'Université d'Auckland,
Nouvelle-Zélande, sont utilisés. Différents modèles de
l'activation des fibres musculaires sont testés. Des
équations de réaction-diffusion contrÔlent la vague de
potentiel électrique qui provoque ces contractions. Une
énergie externe de type contour actif ajuste le modèle à la
séquence d'images.
Les premiers résultats ont été présentés lors des secondes
journées de l'Action de Recherche Collaborative ICEMA qui se
sont déroulées à Sophia Antipolis le 15 Novembre 2000.