Participants : Guy Chavent,
FranÇois Clément, Michel Kern, Jean-Marc Cognet, Benoît
Lavaud, Claire Leleu.
Mots clés : sismique, problème
inverse, migration .
- MBTT, Migration-Based TravelTime
- Nom de la méthode d'inversion sismique développée
à l'Inria-Rocquencourt. Après séparation des propriétés
de propagation et de réflexion dans les paramètres
recherchés, la méthode MBTT consiste essentiellement
en l'introduction d'une inconnue de réflectivité en temps
de parcours reliée à la réflectivité en profondeur par
une étape de migration.
- Migration
- Opération consistant à estimer une image de la
réflectivité en profondeur du sous-sol à partir des
données de sismiques-réflexion en réalisant une inversion
linéaire approchée de l'équation des ondes. Elle dépend
d'une hypothèse sur le propagateur dans le
milieu.
- Propagateur
- Inconnue représentant la partie lisse du paramètre
vitesse de propagation des ondes, c'est-à-dire ses
composantes basses fréquences spatiales.
Résumé :
Les recherches du projet ont pour but d'automatiser
autant que possible l'inversion sismique. Elles sont
fondées sur la méthode MBTT associée à différents modèles
de propagation : équation des ondes acoustiques,
approximation paraxiale, méthode de rayons.
L'inversion sismique consiste à construire une image du
sous-sol à partir de la mesure en surface de la réponse de ce
sous-sol à des ébranlements sismiques. Ces réponses
représentent la réflexion des ondes sismiques sur les
interfaces entre les couches géologiques (réflecteurs).
L'état actuel de l'art de l'ingénieur consiste à faire une
inversion « manuelle » des données sismiques, manuelle
signifiant simplement qu'il n'y a pas d'algorithme conduisant
automatiquement à la solution du problème inverse. Par
ailleurs, il est certain que ces méthodes rencontrent de
grandes difficultés quand la géométrie est compliquée ou dans
le cas des fonds marins (problème des réflexions
multiples).
L'inversion de données sismiques est, a priori, un cas
particulier d'estimation de paramètres dans une équation aux
dérivées partielles : il s'agit d'estimer la vitesse du
milieu en chaque point du sous-sol, ce qui donne ainsi
l'image cherchée de ce sous-sol. Mais, à la différence de
nombre de problèmes d'estimation de paramètres, dans la
pratique, l'inversion sismique n'est pas en général un
problème mal posé au sens habituel, car les données sont
extrêmement redondantes. En effet, une fois que l'on a fait
une hypothèse sur la vitesse avec laquelle les ondes
acoustiques se propagent dans le sous-sol, en utilisant un
opérateur de migration, les données enregistrées pour chaque
tir permettent d'obtenir une image stable du sous-sol, mais
limitée à la zone illuminée par le tir considéré. Ces images
ne sont acceptables que si elles se superposent bien d'un tir
à l'autre, ce qui n'a lieu que si l'hypothèse faite au départ
sur la vitesse est correcte. C'est la détermination de cette
« vitesse de migration » qui constitue la difficulté
principale de l'inversion sismique : il s'agit d'arriver
à mettre en cohérence les nombreuses images complexes du
sous-sol obtenues à partir d'une campagne sismique pouvant
comporter plusieurs centaines de tirs.
La formulation standard par moindres carrés est inefficace
pour la détermination d'une vitesse de migration
satisfaisante car de nombreux minima locaux rendent
impossible la détermination du minimum global par des
méthodes d'optimisation locales. Le nombre d'inconnues
déterminant (la partie lisse de) la vitesse (quelques
centaines à quelques milliers) et le coût d'une évaluation du
critère (qui nécessite la résolution d'une équation des ondes
par tir) limitent beaucoup l'intérêt des algorithmes
d'optimisation globale. On est donc conduit à chercher des
reformulations du problème susceptibles d'être résolues par
des méthodes d'optimisation locale.
La reformulation MBTT (Migration-Based TravelTime),
développée précédemment dans le projet Ident, a montré sa
capacité à élargir de façon spectaculaire le domaine
d'attraction du minimum global (travaux de F. Clément,
R.-E. Plessix et B. Lavaud).
Ces travaux étaient soutenus depuis 1995 par l'industrie
pétrolière sous la forme du consortium SIGMA. Malheureusement
les concentrations intervenues dans ce milieu (acquisition
d'Amoco par BP et d'Elf par Total Fina) ont amené à arrêter
ce consortium début 1999.
Les axes de recherche actuels portent sur l'exploitation
des possibilités ouvertes par ces travaux en vue de traiter
des données plus complexes (prise en compte des multiples,
inversion 3-D du fond de l'eau), en collaboration avec
Ifremer (Y.-H. de Roeck). Une action de conseil
s'est développée auprès de l'IFP à propos de la continuation
en profondeur de données sismiques de surface (post-doc de
B. Lavaud).