Sous-sections
Participants : Clarisse Alboin,
Hend Ben Ameur, Guy Chavent, JérÔme Jaffré, Jean
Roberts
, Xueweng Wang.
Mots clés : écoulement en milieu
poreux, hydrogéologie, pollution, environnement, simulation
de réservoir pétrolier, élément fini, volume fini,
décomposition de domaine, problème inverse .
Résumé :
Les problèmes d'hydrogéologie sont des problèmes
d'écoulement en milieu poreux dont la physique peut être
très compliquée. L'objectif du projet est la mise au point
de techniques performantes pour de tels problèmes, en
particulier des méthodes basées sur les éléments finis
mixtes et la décomposition de domaine sans recouvrement.
Les problèmes d'estimation de paramètres sont aussi très
importants car on n'a accès à la connaissance du sous-sol
que très localement.
La création récente du projet Estime correspond à un
redémarrage de la modélisation numérique d'écoulements en
milieu poreux en privilégiant les problèmes d'environnement,
alors que dans le passé, l'accent avait été surtout mis sur
les problèmes de réservoirs pétroliers.
Notre recherche dans ce domaine est orientée
principalement suivant trois directions. Une première
direction concerne la mise au point de techniques numériques
performantes pour traiter des problèmes à la physique de plus
en plus compliquée. Vu le caractère hétérogène du sous-sol,
il s'agit d'associer domaines de calcul et régions homogènes
et de coupler l'ensemble grâce aux méthodes de décomposition
de domaines, avec éventuellement utilisation d'éléments
joints quand les maillages ne se raccordent pas. Une deuxième
direction concerne la modélisation des milieux fracturés. Ces
deux sujets font l'objet d'une collaboration avec
J. Roberts du projet Ondes. Enfin nous mentionnerons
comme troisième direction de recherche le problème de
l'estimation des coefficients apparaissant dans les
modèles : perméabilité absolue, perméabilités relatives,
pression capillaire à partir des mesures disponibles.
Sur la modélisation directe comme sur les problèmes
inverses une collaboration suivie existe avec P. Ackerer
et R. Mosé de l'Institut de Mécanique des Fluides de
l'Université Louis Pasteur à Strasbourg.
Un projet à long
terme consiste à construire un modèle numérique du
déplacement des radionucléides dans le sous-sol autour d'un
site de stockage profond de déchets nucléaires dans le cadre
d'études dirigées par l'Andra (Agence Nationale pour les
Déchets Radioactifs, J. Jaffré fait partie de son
Conseil Scientifique). Le déplacement est de type miscible
(une seule phase) car les radionucléides sont dissous dans
l'eau. Cela conduit à un système couplé de plusieurs
équations de type diffusion-convection, modélisant le
transport de chacun des radionucléides, et d'une équation
elliptique, calculant le champ des vitesses de Darcy.
Évidemment, le milieu considéré n'est pas homogène et est en
fait composé de diverses couches géologiques. De plus, il
faut prendre en compte la présence de fractures qui sont,
dans les cas qui nous intéressent, des milieux poreux
bidimensionnels de grande perméabilité. Si ces fractures ne
sont pas trop nombreuses, on les modélisera individuellement.
Lorsqu'elles sont trop nombreuses on doit avoir recours à des
modèles appropriés (modèles à double porosité par exemple).
Les méthodes de décomposition de domaines sans
recouvrement sont pour nous surtout un moyen de coupler les
modèles différents utilisés dans les différentes parties du
domaine, y compris les fractures les plus grandes. Elles
doivent être associées aux méthodes d'éléments joints pour
permettre d'associer entre eux des sous-domaines dont les
maillages ne se raccordent pas. Enfin, les échelles de temps
pouvant être très différentes suivant les sous-domaines, les
techniques de pas de temps locaux doivent être utilisées.
Rappelons à ce propos que l'ordre de grandeur de la durée
d'une simulation pour le problème considéré est la dizaine de
milliers d'années.
Malgré sa relative simplicité physique,
le modèle des déplacements diphasiques en milieu poreux reste
un problème modèle très intéressant. Dans le cas
incompressible, il se ramène à une équation de
diffusion-convection non-linéaire dont le terme de diffusion
dégénère couplée à une équation elliptique.
On s'intéresse au cas d'un milieu hétérogène où les
hétérogénéités se traduisent par des discontinuités dans les
non-linéarités du système au passage d'un type de roche à
l'autre. Cependant certaines quantités restent continues
(composante normale des vitesses de Darcy et pression de
chacune des phases, pression capillaire) alors que d'autres
sont discontinues (saturation et pression globale). Cela
conduit naturellement à l'utilisation de techniques de
décomposition de domaines sans recouvrement non-linéaires et
avec des conditions aux interfaces non-standards.
Pour la discrétisation, les méthodes de volumes finis
basées sur les éléments finis discontinus et les éléments
finis mixtes-hybrides sont particulièrement appropriées. Dans
ce cadre, on utilisera des méthodes de décomposition de
domaine sans recouvrement. Là encore, on étudiera
l'utilisation de pas de temps locaux appropriés à la physique
des différents domaines. Les techniques étudiées devront être
assez robustes pour permettre le passage au cas limite sans
diffusion capillaire.
Comme il n'est pas
possible d'avoir une connaissance directe des conductivités
hydrauliques dans un milieu saturé en eau, il est nécessaire
de les estimer à partir des mesures piézométriques
disponibles en un certain nombre de puits. Il s'agit en fait
de l'estimation du coefficient de diffusion dans une équation
parabolique. On utilise pour cela une méthode de moindres
carrés.
Cependant, d'une part le nombre de mesures est très
insuffisant pour estimer une valeur de conductivité par
maille, mais d'autre part ce coefficient est en réalité
constant par zone en raison de la géologie, les zones n'étant
pas connues. Pour en tenir compte, différentes approches sont
possibles. Par exemple, on peut régulariser la fonction à
minimiser par la norme L1 du gradient du paramètre à
estimer, comme cela a été proposé par K. Kunisch. Des
techniques semblables sont utilisées en traitement d'images.
Une autre faÇon de procéder consiste à utiliser des
indicateurs de raffinement introduits par G. Chavent et
qui permettent de découper le domaine en un nombre
``minimum'' de zones où les paramètres sont constants. Ces
indicateurs sont calculés à partir du gradient de la fonction
à minimiser, considérée comme dépendant d'un paramètre par
maille de discrétisation ; le gradient étant calculé par
la méthode de l'état adjoint.