Sous-sections
Mots clés : problème inverse,
estimation de paramètre, moindres carrés .
- Problème mal posé
- Problème dont la solution n'existe pas, ou si elle
existe, n'est pas unique ou ne dépend pas de faÇon
continue des données
- Moindres carrés
- On cherche à minimiser l'erreur quadratique entre
les mesures réelles et les quantités correspondantes
calculées par le modèle pour divers jeux de
paramètres
Résumé :
Un problème inverse, ou d'estimation de paramètres,
consiste à rechercher les coefficients d'une équation aux
dérivées partielles, à partir de mesures sur sa solution.
Une formulation aux moindres carrés utilisant les
techniques de contrÔle optimal est une faÇon naturelle de
poser ce problème.
Les problèmes inverses sont typiquement mal posés, ce
qui donne une grande importance à leur formulation.
D'autres difficultés spécifiques sont dues à la grande
taille des problèmes rencontrés, au calcul exact du
gradient de la fonction coût, au choix de la
paramétrisation, ainsi qu'aux questions théoriques liées à
l'identifiabilité.
Considérant une équation aux dérivées
partielles ou un système de telles équations, le problème
direct consiste à calculer la solution, connaissant les
coefficients et les termes sources. Cependant, ces
coefficients et ces termes sources sont souvent mal connus.
Pour terminer la modélisation, il faut donc encore résoudre
le problème inverse : étant données des mesures sur une
observation de la solution, calculer une estimation des
coefficients et/ou des termes sources de l'équation ou du
système d'équations considéré.
La classe de problèmes considérés actuellement porte
essentiellement sur l'estimation de coefficients. Ceux-ci
peuvent dépendre soit de la variable d'espace, soit du temps,
soit être des fonctions de la solution (non-linéarités de
l'équation). Le problème d'estimation de paramètres est
formulé comme un problème de minimisation au sens des
moindres carrés, la variable de minimisation étant le vecteur
des paramètres à estimer, et la fonction à minimiser étant
une évaluation en norme L2 de la différence entre
l'observation calculée par le modèle avec un jeu donné de
paramètres et celle mesurée effectivement. Dans les problèmes
abordés le nombre de paramètres sera grand (d'une vingtaine à
un million), ce qui conduit à l'utilisation pour
l'optimisation de méthodes itératives de type gradient
utilisant l'état adjoint.
Difficultés des problèmes inverses
Les problèmes
inverses, tels qu'ils viennent d'être rapidement décrits,
présentent de nombreuses difficultés liées à leur
non-linéarité, à leur taille, au fait qu'ils sont très
gourmands en temps de calcul et qu'ils sont souvent mal
posés. Ils se formulent comme des problèmes d'optimisation,
souvent de grande taille.
Depuis les travaux de J.-L. Lions et de
G. Chavent au début des années 70 montrant comment
résoudre les problèmes d'estimation de coefficients par les
techniques de contrÔle optimal, le savoir-faire a
considérablement évolué et on peut aujourd'hui identifier les
directions de recherche suivantes comme
essentielles :
- Choix de la formulation : suivant la faÇon dont
est formulé le problème inverse--choix des paramètres à
estimer, choix de la fonctionnelle à minimiser--le problème
de minimisation associé est plus ou moins bien posé. Une
bonne compréhension du problème physique est nécessaire
pour faire les bons choix.
- Choix de la paramétrisation : c'est souvent un
problème non trivial de choisir la représentation discrète
des paramètres à estimer. Ce choix a aussi une influence
sur le conditionnement du problème de minimisation associé
et sur l'unimodalité de la fonction coût, comme l'a montré
le succès des paramétrisations multi-échelles.
- Génération automatique de logiciels : l'écriture
de programmes calculant le gradient par la méthode de
l'état adjoint est toujours longue et laborieuse, alors que
cette procédure pourrait être automatisée. Deux voies,
s'appliquant à des situations différentes sont
possibles : génération automatique simultanée des
programmes de calcul de la fonction à minimiser et de son
gradient--ainsi le programme Gradj écrit en Maple et
développé au sein de Ident et Estime--, ou génération du
seul programme de calcul du gradient à partir d'un
programme déjà existant de calcul de la fonction à
minimiser--voie choisie par exemple par Odyssée développé
au sein du projet Safir. Cette deuxième voie s'impose quand
de gros programmes de calcul existent déjà, alors que la
première est plus adaptée quand le simulateur peut être
réécrit.
- Efficacité dans la résolution du problème direct :
dans les problèmes que nous considérons la résolution du
problème direct est très coûteuse. On doit donc chercher à
améliorer les techniques de résolution de ce
problème--amélioration des méthodes numériques, utilisation
du parallélisme--ou à utiliser des modèles simplifiés. Une
partie de ce travail est fait en dehors du projet (par
exemple dans le projet Ondes pour la sismique, et dans le
projet Aladin pour l'algèbre linéaire).
- Identifiabilité : la question se pose toujours, de
faÇon théorique et pratique, de savoir si les mesures sont
suffisantes pour estimer les paramètres que l'on cherche,
et comment l'incertitude sur les mesures se répercute sur
les paramètres estimés. Les questions de stabilité et
d'identifiabilité sont donc au coeur de l'estimation de
paramètres et sont intimement liées au choix de la
paramétrisation.
- Optimisation : les problèmes inverses se ramenant
à des problèmes d'optimisation, il est nécessaire d'avoir à
sa disposition des méthodes d'optimisation efficaces
adaptées aux difficultés de ses problèmes, en particulier
non-linéarité, grande taille, coût important de la fonction
à minimiser.