Sous-sections
Mots clés : élément fini, volume fini,
calcul parallèle, décomposition de domaine .
- Décomposition de domaine
- Technique de résolution d'un problème qui consiste
à partitionner son domaine de définition en plusieurs
sous-domaines.
- MPI, Message Passing Interface
- Spécification d'une bibliothèque standard
permettant de faire communiquer des processus s'exécutant
sur des processeurs différents d'une machine
parallèle.
Résumé :
Les méthodes de discrétisation appropriées pour les
problèmes en milieu hétérogène sont les volumes finis
centrés sur les mailles et les éléments finis mixtes ou
mixtes-hybrides. Les méthodes de décomposition de domaine
sans recouvrement permettent de décomposer le domaine de
calcul en sous-domaines sur lesquels sont définis des
modèles physiques différents. La mise en oeuvre parallèle
est une nécessité pour les problèmes de grande taille.
Les méthodes de volumes finis centrés sur les
mailles sont particulièrement adaptées aux problèmes où les
coefficients varient beaucoup. C'est le cas, en particulier,
des problèmes concernant les écoulements en milieu poreux.
Ainsi la composante normale vitesse de Darcy,
= -
K
P, reste régulière
même lorsque la perméabilité absolue K varie beaucoup, pour satisfaire les
propriétés de conservation des différents fluides (phases).
Cette situation se retrouve dans d'autres applications comme
la diffusion neutronique ou les semi-conducteurs. En
utilisant les moyennes harmoniques de K, les méthodes de volumes finis centrés
sur les mailles permettent d'obtenir de bonnes approximations
de la vitesse de Darcy, même lorsque K varie beaucoup, tout en respectant les
propriétés de conservation au niveau de la maille de
discrétisation.
Les méthodes d'éléments finis mixtes sont une
généralisation de ces méthodes de volumes finis centrés sur
les mailles qui, s'appuyant sur des formulations
variationnelles, ont permis de traiter le cas des maillages
non-structurés utilisant des mailles triangulaires ou
tétrahèdriques. Les éléments finis mixtes ont permis aussi de
traiter le cas où K
n'est plus ni un coefficient scalaire ni même une matrice
diagonale, mais une matrice pleine en dimension 2
ou 3. Cependant ces méthodes sont plus coûteuses que les
méthodes de volumes finis puisqu'il faut résoudre un système
linéaire pour déduire la vitesse
de la
pression P. De plus,
étant plus abstraites car basées sur la formulation
variationnelle, ces méthodes ont moins d'attrait pour les
physiciens.
Une direction de recherche prometteuse explorée
actuellement consiste à chercher des transformations
algébriques permettant de calculer une approximation mixte en
utilisant seulement des inconnues de type volume fini, ce qui
permet de concilier la souplesse de l'approximation mixte et
l'efficacité numérique des volumes finis.
Les méthodes de décomposition de domaines
peuvent être utilisées en vue d'une implémentation parallèle
efficace, mais elles peuvent être aussi un outil pour
assembler des domaines dans lesquels des modèles physiques
différents doivent être utilisés.
Pour les écoulements finis en milieux poreux, on peut être
ainsi amené à utiliser un modèle monophasique dans une partie
du domaine qui est saturée, un modèle diphasique ou
triphasique dans une région qui est non-saturée, un modèle
double porosité là où le milieu est fracturé, et des failles
peuvent traverser le milieu. Parfois, même si le modèle ne
change pas, une variation brusque du milieu--changement de
type de roche--introduit des conditions de transmission
non-standard sur l'interface.
Pour ce genre de problèmes, les méthodes de décomposition
de domaine sans recouvrement sont appropriées. Elles
permettent de faire coïncider les sous-domaines de calcul
avec les sous-domaines physiques. Évidemment, ces méthodes
doivent pouvoir utiliser des pas de temps locaux car les
échelles de temps associées aux différents sous-domaines
peuvent varier beaucoup.
Comme
cela a été souligné plus haut, aussi bien les problèmes
inverses que la modélisation en milieu poreux sont de gros
consommateurs de calcul. Il est donc naturel de se tourner
vers les techniques utilisant le calcul parallèle, tant pour
réduire le temps de calcul, que pour accéder à une mémoire
plus importante.
Une classe de méthodes générales pour obtenir des
algorithmes parallèles pour la résolution d'équations aux
dérivées partielles sont les méthodes de décomposition de
domaine. Ces méthodes ont été étudiées de faÇon intensive
dans le cas des problèmes elliptiques. Elles constituent
actuellement le moyen le plus général d'obtenir des
applications portables et efficaces sur une large gamme
d'ordinateurs parallèles. Leur mise en oeuvre effective est
facilitée par l'existence de bibliothèques telles que MPI.
Nous étudions des extensions de leur champ d'application dans
différentes directions :
- Pour la simulation d'écoulements en milieu poreux. Il
s'agit d'adapter la méthode à des problèmes avec des
conditions de raccord non-standards sur l'interface, par
exemple conditions de discontinuité, conditions
non-linéaires, conditions non-locales.
- Pour le calcul de criticité dans les réacteurs
nucléaires qui se formule comme un problème aux valeurs
propres non-symétrique. Nous proposons d'étendre à ce
problème la méthode de synthèse modale qui n'a été utilisée
jusqu'ici que dans le cas d'opérateurs symétriques.
- Pour la simulation de la propagation des ondes par des
méthodes d'éléments finis. L'utilisation des éléments
d'ordre élevés développés au sein du projet Ondes conduit à
une méthode explicite pour laquelle la mise en oeuvre est
plus simple que pour les problèmes stationnaires.