Sous-sections
Mots clés : mesure, distribution,
chaîne de Markov, transformée de Laplace, combinatoire,
récurrence, série génératrice, simulation, analyse pire cas,
analyse déterministe, temps de réponse maximum, scénario pire
cas .
Participants : Cédric Adjih,
Philippe Jacquet, Soumaya Kamoun, Anis Laouiti, Pascale
Minet, Paul Mühlethaler, Amir Qayyum, Laurent Viennot.
Résumé :
Il est évident que l'on ne peut pas concevoir de bons
algorithmes sans de bons modèles d'évaluation de ces
algorithmes. L'équipe d'HIPERCOM a historiquement une forte
expérience dans l'évaluation de performances pour les
systèmes à accès multiple. L'évaluation de ces algorithmes
constitue une des branches les plus difficiles de
l'évaluation des performances de systèmes distribués. Cette
évaluation peut être faite par analyse, ou dans les cas
plus complexes, par simulation. L'analyse des performances
relève soit d'une approche déterministe (ex. : évaluation
des temps de réponse pire cas), soit d'une approche
probabiliste (ex. : évaluation des temps de réponse
moyens). Les analyses relevant d'une approche déterministe
reposent généralement sur l'identification des scénarios
pires cas. Le calcul des temps de réponse est alors
effectué sur ces scénarios. Différentes techniques peuvent
être utilisées (calcul des plus longs chemins dans un
graphe, algèbre(max,+), ...). Les analyses relevant d'une
approche probabiliste mettent en jeu des techniques
empruntées à l'étude des systèmes stochastiques (mesures et
distributions, chaînes de Markov, transformées de Laplace)
et aussi des techniques empruntées à l'analyse
d'algorithmes (combinatoire, récurrence, série
génératrice). Lorsque les algorithmes sont difficiles à
analyser, on a recours à la simulation.
Le domaine de
l'évaluation déterministe des pire cas des algorithmes
distribués a acquis une certaine maturité grâce en
particulier à l'usage de l'algèbre (max,+). Maintenant la
recherche se dirige vers la mise en évidence des conditions
de faisabilité et la formalisation des cahiers des charges en
algorithmique temps réel. Dans cette perspective différents
algorithmes ont été ainsi évalués au cours de l'année 2000.
L'objectif étant de décider de la faisabilité du point de vue
temps réel (en particulier le respect des échéances de
livraison/terminaison des messages/tâches) d'un ensemble de
trafics/tâches. Les conditions de faisabilité qui en
résultent peuvent être utilisées a priori (i.e. avant la mise
en fonctionnement du système [45],
[43]) ou en cours de fonctionnement du système
pour réaliser un contrôle d'admission [32],
[34].
Nous nous sommes intéressés à deux domaines particuliers
:
- les systèmes distribués temps réel avec objets
persistants pour lesquels toute exécution de tâches
distribuées doit satisfaire des contraintes temps réel
(échéance de terminaison) et des contraintes de cohérence.
Des conditions de faisabilité, nécessaires et suffisantes
lorsque la complexité le permet, ou seulement suffisantes
dans le cas contraire, ont été établies pour un
ordonnancement FIFO (i.e. selon l'ordre des demandes
d'activation des tâches) [45] et
pour un ordonnancement périodique selon une séquence
prédéfinie [44], [43];
- les systèmes multimédia de vidéo à la demande où le
contrôle d'admission décide si un nouveau trafic peut être
accepté sans remettre en cause les garanties déterministes
accordées aux trafics déjà acceptés [32],
[33], [34].
L'équipe a une très forte expérience dans
le domaine de l'accès multiple et de la résolution de
collisions (deux thèses sur la contribution de
l'algorithmique aux protocoles de communications et sur
l'évaluation des protocoles d'accès aux réseaux hauts débits,
de nombreuses publications internationales). Le domaine est
très actif depuis une quinzaine d'années, autour de
l'avènement des réseaux locaux.
L'analyse combinatoire de certains algorithmes de
résolution de collisions fait intervenir des équations
fonctionnelles proches de celles que l'on rencontre dans
l'analyse de certains algorithmes de compression, ou de
certaines structures de données arborescentes. Ceci permet de
bénéficier des outils et des résultats d'analyses connus
depuis D. Knuth (1973) et abondamment exploités depuis,
notamment dans le projet Algorithmes.
On distingue les protocoles à réservation dans lesquels le
jeton de réservation est soumis pendant une période à des
collisions, et les données qui sont transmises dans des
périodes protégées. Plus les données sont importantes par
rapport au slot de réservation, plus la bande passante est
utilisée efficacement. Les protocoles CSMA-CD ( Carrier
Sense Multiple Access with Collision Detection) sont des
protocoles à réservation particuliers où le début de paquet
joue le rôle de jeton de réservation, le corps du paquet
étant protégé des collisions subséquentes grâce à la présence
de sa porteuse. Certains résultats sont décrits avec détails
dans les thèses d'habilitation de Paul Mühlethaler et
Philippe Jacquet, soutenues en 1998 [14,10].
Le domaine vient de rebondir récemment du fait de
l'émergence de l'accès à Internet par le câble. En effet le
protocole d'accès à la voie montante est à résolution
différée de collisions. La résolution est différée dans la
mesure où le temps de propagation est plus grand que la durée
du slot de réservation. Le comité IEEE 802.14 a adopté
l'algorithme de résolution en arbre ternaire défendu, entre
autres, par l'équipe Algo-Hipercom (vote finalisé en
1998).
Il
n'existe, à notre connaissance, pas encore d'exemple de
modélisation vraiment satisfaisant pour les algorithmes
d'accès sans fil. En général, il s'agit d'une extrapolation
très directe de ce qu'on sait déjà faire sur les réseaux
câblés. Néanmoins il existe des différences fondamentales
avec le câble, notamment les phénomènes de captures, les
noeuds cachés, les niveaux physiques versatiles. Les
évaluations des algorithmes d'accès sans fil doivent tenir
compte de ces points.
Par exemple, la réutilisation spatiale d'une fréquence est
la conséquence de l'atténuation polynomiale des signaux dans
l'espace : deux noeuds éloignés peuvent émettre
simultanément sans gène mutuelle. C'est un phénomène typique
en radio (capture) qui met en jeu la capacité unitaire
d'un réseau sans fil étendu. La capacité unitaire d'un réseau
est le produit de la quantité d'information transmise par
unité de volume et unité de temps et du volume moyen de
réception de l'information. Lorsque le réseau fonctionne sur
fréquence unique, la capacité unitaire ne peut en aucun cas
excéder la bande passante nominale sur la fréquence. En
général la capacité unitaire est une constante, ou tend vers
une constante quand la charge augmente. Cette constante
dépend de la fonction d'atténuation du signal. On donne des
valeurs exactes de la capacité unitaire pour différentes
fonctions d'atténuation. Pour la propagation dans le vide la
capacité unitaire est nulle sauf si on introduit un
horizon pour la propagation [10].
Le domaine est devenu très actif depuis cinq ans environ,
lors de l'avènement de la communication mobile et du GSM.
Certains algorithmes de
télécommunication sont difficiles à évaluer. C'est par
exemple le cas pour les protocoles de routage. En fait ils
opèrent sur des topologies de réseaux non triviales qui
rendent difficile l'application de modèles analytiques. Dans
ce cas on a recours à des simulations par ordinateurs. Le
projet se constitue une bibliothèque de noyaux de simulation.
Il est indispensable de maîtriser un outil de simulation
standard pour pouvoir participer aux comparaisons des
résultats dans les comités de normalisations. Ainsi la
politique de diffusion sans fil par relais multipoints a été
simulée par Anis Laouiti [56]. Ses
résultats ont montré que cette politique pouvait économiser
jusqu'à 80 % du trafic généré par une inondation normale. Les
simulations ont porté sur des réseaux dont l'effectif
atteignait le millier d'unités.
Les qualités de service
s'expriment souvent par des échéances et des priorités qui
peuvent être attribuées dynamiquement et qui ont pour but
d'induire un processus d'ordonnancement des messages. Dans un
réseau, on rencontre deux types d'ordonnancement des
messages : un ordonnancement local à chaque station et
un ordonnancement global entre les stations.
un ordonnancement non-préemptif est utilisé.
Des résultats nouveaux ont été établis concernant la
complexité, les conditions d'optimalité d'EDF, ( Earliest
Deadline First), ainsi qu'une condition nécessaire et
suffisante d'ordonnancement de tâches périodiques.
est moins couvert et n'est vraiment exploré
que depuis les débuts d'ATM et de l'Internet nouvelle
génération. En général, l'ordonnancement global est réalisé
au moyen de réservations et de priorités, donc à partir de
connaissances partielles de l'état instantané du réseau.
Une stratégie avantageuse consiste à utiliser l'échéance
de validité du paquet pour déterminer les priorités de
transmission. Cette politique d'ordonnancement a été
introduite par l'équipe Hipercom-Reflecs pour la gestion des
contraintes temps réel dans la norme HIPERLAN [15]. Cette politique est aussi utilisée pour
la gestion des qualités de service dans le QoS-proxy
construit par le projet CATSERVER. L'échéance du paquet est
aussi un paramètre du standard IPv6 et peut donc
avantageusement être utilisée pour gérer les qualités de
service dans les routeurs. Le projet HIPERCOM participe avec
le LORIA et le LIAFA à l'action incitative COMPAS pour
explorer, entre autres, les relations qui pourraient être
établies entre l'échéance IPv6 et les priorités d'HIPERLAN
(responsable Laurent Viennot).
Lorsqu'on veut une garantie déterministe de l'échéance de
bout-en-bout d'un paquet, il faut pouvoir garantir que le
temps de réponse maximum du paquet ne dépassera jamais cette
échéance. C'est là l'objet du contrôle d'admission [32],
[33], [34]. C'est l'un des axes de recherche
du projet HIPERCOM.
Le problème de l'ordonnancement global se complique dès
lors que l'on doit en plus satisfaire des contraintes de
cohérence [13]. Le respect des échéances de terminaison
de tâches sporadiques ayant une structure en graphe fait
l'objet de travaux [17], [44],
[45], [43].