Sous-sections
Participants : Patrick Rives,
Jean-Jacques Borrelly, Alessandro Corrêa-Victorino,
FranÇois-Xavier Espiau.
Mots clés : perception active,
traitement d'images, télémétrie laser, reconstruction 3D,
cartographie .
Résumé :
La réalisation d'une tâche en robotique nécessite de
savoir acquérir et manipuler des modèles de l'environnement
à partir des informations fournies par des capteurs
extéroceptifs. Parfois, la finalité même de la tâche est la
construction de ces modèles. D'autres fois, ces modèles
serviront d'entrée à un module de planification ou seront
utilisés directement dans des boucles de commande. Dans
tous les cas, la fiabilité des représentations, et donc des
fonctions de perception ayant permis de les construire, est
une condition essentielle à la bonne réalisation de la
tâche. Tout comme les humains, les robots évoluent dans un
monde physique tridimensionnel sur lequel ils exercent des
actions régies par les lois de la physique. Cette
caractéristique se retrouve dans les modèles manipulés qui
seront le plus souvent des représentations
tridimensionnelles surfaciques ou volumiques, décrites dans
un repère de l'espace euclidien et soumises à l'action du
groupe des déplacements SE3. Malheureusement, les capteurs
extéroceptifs utilisés en robotique sont rarement capables
de nous fournir directement des modèles de ce type et une
grande part du travail de modélisation sera de passer de la
mesure brute fournie par les capteurs au modèle nécessaire
à l'exécution de la tâche. L'éventail des problèmes de
perception en robotique est très large, avec deux types de
problèmes que l'on peut qualifier de canoniques :
- la modélisation géométrique : il s'agira,
à partir des mesures fournies par les capteurs de
construire une représentation géométrique de
l'environnement, c'est le problème de l'estimation de la
structure géométrique,
- la reconnaissance de structures connues :
il s'agira de découvrir à partir des mesures capteur, la
présence dans l'environnement de structures particulières
souvent décrites par un modèle caractérisant une classe
générique d'objet.
Historiquement, le problème de la modélisation géométrique
est lié à la manipulation d'objets par des robots industriels
à poste fixe. Il s'agissait alors de reconstruire des objets
géométriques de forme relativement simple, dont on possédait
souvent un modèle et qui se trouvaient dans un volume de
travail limité en dimension. Les approches étaient le plus
souvent pilotées par les modèles de faÇon à exploiter, au
mieux, la connaissance a priori sur l'application. L'essor de
la robotique mobile a fait apparaître de nouvelles
problématiques du fait que :
- l'espace dans lequel évolue le robot est de grande
dimension et la localisation du robot dans cet espace est
le plus souvent incertaine,
- les modèles à reconstruire peuvent provenir d'objets
naturels non structurés dont l'observation complète
nécessite de déplacer le capteur et de fusionner plusieurs
perceptions partielles,
- les déplacements du robot entre les différents points
de vue ne sont pas connus précisément, voire sont soumis à
des termes de dérives.
Dans ces conditions, les approches pilotées par le modèle
se révèlent le plus souvent inefficaces. Il est donc
important de formaliser des méthodes de reconstruction
robustes s'appuyant au maximum sur les données en ne
conservant de l'aspect modèle que des propriétés élémentaires
telles que, par exemple, la contrainte de rigidité globale.
Le succès de ces méthodes dépendra fortement de la qualité
des algorithmes d'extraction des mesures.
Au sein du projet ICARE, nous nous intéressons à deux
modalités sensorielles très répandues en robotique mobile :
la télémétrie et la vision. Les approches que nous
développons sont basées sur la détection robuste de
primitives géométriques locales, stables et caractéristiques
de l'environnement. La cohérence entre ces primitives locales
est assurée par une contrainte globale de rigidité exprimée
sous forme d'un graphe. Le modèle obtenu est mis à jour
durant le déplacement du robot par le biais de techniques de
filtrage robustes.
Reconnaissance de structures connues
La reconnaissance des formes et l'analyse de scène sont
des thèmes de recherches difficiles qui ont suscité des
travaux depuis de nombreuses années dans le domaine de la
perception. Dans le contexte de la robotique mobile
d'intervention, cette fonction de reconnaissance fait partie
des fonctions de bases nécessaires au robot dans l'exécution
de sa tâche. Par exemple, après un accident ou une
catastrophe naturelle, le robot devra être capable
d'identifier des passages (portes, couloirs, escaliers...)
lui permettant de continuer son exploration et de maintenir
une description topologique de son environnement. Il peut
avoir également à retrouver certains objets dans son
environnement (opération de déminage, par exemple). Sur le
plan scientifique, cette thématique est extrêmement riche du
fait qu'elle nécessite de définir des modèles incomplets et
incertains et de gérer la connaissance a priori et acquise au
cours du temps par les capteurs. L'aspect modélisation devra
à la fois prendre en compte la variabilité géométrique des
classes de modèles (portes, couloirs...) et fournir des
représentations invariantes vis à vis de l'observation (prise
en compte des occlusions et des différents ``aspects''
géométriques). Dans ce contexte viendront s'insérer
naturellement les problèmes d'apprentissage des modèles.
L'aspect décision devra manipuler l'incertitude sur les
capteurs et les modèles et s'appuyer sur une stratégie de
reconnaissance.
Dans ce contexte, nous avons développé une approche basée
sur l'utilisation de réseaux bayésiens et d'une stratégie de
perception active [2] afin de rechercher et d'identifier
des structures caractéristiques de l'environnement (portes,
fenêtres) pouvant servir d'amers ou caractériser des points
de passage entre lieux d'un modèle topologique.