Sous-sections
Mots clés : capillarité, commande
optimale, cristallogenèse, électromagnétisme, frontière
libre, fusion nucléaire, optimisation de forme, plasma,
problème inverse .
Résumé :
Les domaines applicatifs sont la physique des plasmas
(pour la fusion nucléaire), la cristallogenèse (procédé
Bridgman de fabrication de cristaux) et la capillarité.
Dans chacun de ces thèmes, une optimisation est faite, que
ce soit pour identifier une quantité physique non connue,
pour minimiser une énergie ou pour optimiser une forme ou
une frontière libre.
Participants : Adnene
Ben Abdallah, Jacques Blum, Isabelle Charpentier, Ioana
Paun.
Ce problème est motivé par
l'interprétation des mesures expérimentales dans le plasma
(gaz ionisé) d'un Tokamak (dispositif expérimental visant à
confiner le plasma dans un champ magnétique).
Il s'agit d'identifier la densité de courant du plasma à
partir d'informations surabondantes comme :
- la mesure expérimentale du flux magnétique poloïdal et
de sa dérivée normale sur le bord du domaine (conditions de
Cauchy),
- la connaissance des intégrales sur un certain nombre de
cordes verticales de la composante verticale du champ
magnétique.
De nombreux problèmes ouverts demeurent, comme le problème
mathématique de l'identifiabilité des sources non-linéaires à
partir des mesures. Nous nous sommes tout d'abord intéressés
au cas cylindrique où l'équation de Grad-Shafranov devient
- 
= f
(
), l'identifiabilité de
f à partir de conditions de
Cauchy est un problème ouvert dans le cas général. Des études
mathématiques et numériques ont été effectuées pour améliorer
la compréhension de ce problème. Le problème est formulé par
la minimisation de l'écart quadratique entre les mesures
expérimentales et les grandeurs calculées. Une régularisation
de Tikhonov est utilisée pour rendre le problème stable. La
source f est identifiée par
décomposition dans une base de B-splines cubiques. Un algorithme de
choix automatique du paramètre de régularisation est
développé, à l'aide des techniques de validation croisée, qui
s'avèrent cependant assez coûteuses dans la pratique. À
l'aide d'un changement de base par rapport à une norme
dérivée de la norme H2, l'identification peut
être réalisée de façon satisfaisante dans une base
d'ondelettes à support compact de I. Daubechies, sans
terme de régularisation dans la fonctionnelle à minimiser
[BB97]. Dans le cadre d'un nouveau contrat avec
le CEA, nous procédons à la mise au point d'une version «
temps-réel » de l'algorithme d'identification [39].
On considère le
problème de modélisation d'un jet de plasma, applicable à la
fois aux objets stellaires et aux objets extra-galactiques.
L'objet d'une partie de la thèse d'I. Paun, co-encadrée
par J. Blum et B. Michaux, est d'étudier la
configuration magnétique, supposée axisymétrique, qui
correspond à l'éjection du plasma à partir d'un disque de
matière.
La modélisation mathématique est dérivée des équations de
la magnétohydrodynamique. Elle correspond au couplage entre
une équation aux dérivées partielles 2D de type
Grad-Shafranov généralisée pour le flux poloïdal, décrivant
la collimation de l'écoulement, et l'équation de Bernoulli
généralisée, décrivant la conservation de l'énergie de
l'écoulement.
La nature mathématique de ce couplage d'équations est
complexe, du fait du changement de type de l'équation de
Grad-Shafranov (elliptique-hyperbolique) et de la
dégénérescence de l'opérateur du second ordre au voisinage de
la surface d'Alfven et des surfaces magnétosoniques rapide et
lente.
Par ailleurs, l'étude des conditions aux limites rendant
le problème bien posé est encore un problème ouvert à l'heure
actuelle.
Le travail est mené en collaboration avec l'équipe de
Guy Pelletier, du laboratoire d'Astrophysique de
l'Observatoire de Grenoble, qui travaille depuis plusieurs
années sur la modélisation physique des jets MHD.
Ioana Paun détermine actuellement les solutions
auto-similaires de ce problème.
Participants : Jérôme Monnier,
Patrick Witomski.
Dans la thématique capillarité et hydrodynamique du
mouillage, J. Monnier et P. Witomski travaillent sur la
modélisation et la simulation numérique du mouillage d'un
solide par un liquide. Cetta année a été essentiellement
consacrée à rechercher et comprendre les modèles physiques
pertinents dans le domaine (vaste) de la dynamique du
mouillage. Notre objectif est à terme de savoir traiter
numériquement l'électro-mouillage avec changement de
topologie. Ce problème a été abordé dans la thèse de S.
Bouchereau 1997 [Bou97]. Une première étude utilisait
des techniques d'optimisation de forme, ce qui a permis de
simuler le comportement d'une goutte liquide posée sur un
support et soumise à un potentiel électrique, jusqu'à un
certain potentiel critique. Expérimentalement et pour des
potentiels supérieurs, la goutte cesse de s'étaler et il
apparait des changements de topologie (éjection de
gouttelettes). Les techniques de simulation employées ne
paraissent alors plus être adéquates et le modèle incomplet.
La difficulté majeure provient du fait que, aussi bien des
phénomènes microscopiques (forces inter-moléculaires) que des
phénomènes macroscopiques (capillarité, gravitation) doivent
être pris en compte. Au travers de cette application nous
regardons les problèmes d'approximation numérique de
problèmes à deux échelles. Un papier sur l'analyse
mathématique et numérique d'un modèle (à partir de [Shi93],
[Shi94] ) prenant en compte les effets
Marangoni dus à la variation de tension de surface, est en
cours de rédaction. Nous avons également organisé des
journées de travail sur ce thème, nous mettant en contact
avec des physiciens numériciens ou pas (Pr G. Labrosse (LIMSI
- Orsay); Pr Th Duffar (ENSIEG - INPG); Pr Eustatopoulos
(ENSEEG - INPG) ; Pr Valade (Specto-physique- UJF)...). Il
est clair que si les applications industrielles sont
nombreuses et variées (des optiques à focale variable à la
soudure en métallurgie), les couplages modèles-méthodes
numériques restent à trouver et à mettre au point.
Participants : Patrick Witomski,
Jérôme Monnier.
Ce thème est en attente d' un thésard pour poursuivre les
travaux de la thèse de S. Despréaux [Des98]. Cette thèse a donné lieu à des
publications sur le plan mathématique [DW99] et P. Witomski termine en ce moment un
article sur l'existence et l'unicité d'une solution pour
l'équation à courbure principale dans des domaines non
convexes. La partie simulation numérique a été publiée dans
Journal of Crystal Growth qui est la référence en la matière
[15]; voir aussi [BDWN99]. Un article sur la partie optimisation
de forme est en cours de rédaction avec J. Monnier.
Ce travail ouvre de nouvelles voies de recherche dont la plus
intéressante est celle qui consiste à considérer des filières
3-D. Ceci pose un problème d'optimisation de forme pour
modéliser les procédés de fabrication de monocristaux par
utilisation de forces capillaires. On réalise un ménisque
liquide qui s'appuie sur une filière (frontière extérieure)
et sur le cristal (frontière intérieure) qui se forme à
partir d'un germe pré-orienté. Le problème que l'on résout
est de déterminer une forme de filière qui assure avec le
cristal un contact liquide-solide dans un plan à hauteur
constante (l'interface de cristallisation liquide-solide que
l'on suppose connue). La thèse de S. Despreaux suppose la
filière plane. L'idée est de calculer des filières en forme
"d'entonnoir" le liquide s'appuyant sur la surface latérale
afin de mieux traiter les formes de cristaux présentant des
coins.