Mots clés : référence, analyseur
local, multimodalité, geste, corpus .
Résumé :
Conséquence directe du point 3.1., notre approche est
une approche centrée langue et référence qui nous conduit
tout à la fois à une vision très locale de l'analyse
syntaxique, très dépendante du dialogue et du contexte
d'application pour la sémantique, très liée à leur contexte
langagier d'utilisation pour les gestes de désignation. Par
ailleurs, afin de coller à un usage véritable de la langue,
l'exploration de corpus s'avère pour nous indispensable à
la fois comme source de réflexion et comme moyen de
validation.
Les points précédents motivent à la fois notre travail
actuel et notre orientation pour l'avenir. Le travail sur
l'évolution de l'application nous a amenés en particulier à
définir un modèle temporel original et la réflexion sur
l'historique a motivé nos propositions sur la référence. L'un
de nos objectifs pour la suite vise à intégrer une partie
même de l'historique du dialogue dans la représentation des
objets. De ce parti pris de nous centrer sur la référence et
(donc) le dialogue découlent :
- une vision de la syntaxe conduisant vers des analyseurs
très locaux... S'il s'agit d'une réponse à une question
portant sur la couleur d'un objet, « Rouge ! » est un
énoncé parfaitement admissible ;
- une vision de la sémantique subordonnée elle aussi au
dialogue. A titre d'exemple, la présence obligatoire d'un
objet direct pour un verbe transitif se pose en des termes
différents selon qu'on considère des phrases dans un texte,
des énoncés isolés ou des séquences d'énoncés dans des
dialogues oraux ;
- une analyse des gestes de désignation (recueillis à la
souris, au gant de désignation ou à l'aide d'un écran
tactile suivant les cas) intrinsèquement liée à leur
utilisation dans des énoncés. Typiquement, dans cette
optique, le même geste se verra attribuer une
interprétation ou même une structure différente selon
l'énoncé langagier par rapport auquel il s'interprète.
En termes d'outils, si l'implémentation d'un système de
dialogue est une source de réflexion pour toute une équipe
(au cours même de l'implémentation, mais surtout après,
lorsqu'on évalue son caractère plus ou moins approprié au
problème de départ), l'exploration de corpus s'avère
également précieuse et surtout plus rapide pour autant qu'on
dispose d'outils associés à la manipulation de ces corpus. En
particulier, les corpus obtenus par la technique du magicien
d'Oz
permettent de se
projeter au-delà des capacités réelles des systèmes de
dialogue existants (le cas le plus évident est celui de la
reconnaissance de parole, mais cela peut également être vrai
de tout autre « module »). Ils sont donc pour nous une source
de réflexion et un moyen de validation et non pas par exemple
un moyen de faire apprendre des modèles statistiques.