Sous-sections
Mots clés : structure, poutre, plaque,
coque, fiabilité numérique, matériau composite .
- Structure :
- Objet tridimensionnel de la mécanique des solides
dont une des dimensions au moins (typiquement
l'épaisseur) est très inférieure à la taille globale.
Cette propriété permet d'utiliser des modèles mécaniques
réduits, c'est à dire formulés sur des variétés de
dimension 1 (ligne, dite ``ligne moyenne'') ou de
dimension 2 (``surface moyenne''), et non dans un domaine
tridimensionnel. Les poutres, plaques et coques
constituent des exemples de structures simples, et une
structure générale est constituée d'un assemblage de tels
composants.
- Poutre :
- Objet dont deux dimensions (en général du même
ordre de grandeur) sont très petites devant la troisième.
Le modèle réduit est alors formulé sur une ligne (droite
ou courbe).
- Coque :
- Objet dont une dimension (l'épaisseur) est très
inférieure aux deux autres. Le modèle de structure est
formulé sur la surface moyenne de l'objet.
- Plaque
- Cas particulier de coque dont la surface moyenne
est plane.
- Verrouillage numérique :
- Le verrouillage numérique est un phénomène qui
fait que, lorsque l'épaisseur (qui apparaît dans la
formulation comme un paramètre) est petite, la méthode
numérique fournit un résultat bien inférieur (parfois de
plusieurs ordres de grandeur) à la solution exacte, c'est
à dire que la structure paraît numériquement beaucoup
trop "raide".
Résumé :
Dans le cadre des méthodes numériques pour le calcul des
structures, trois axes de recherche font l'objet de travaux
:
- i)
- la fiabilité des méthodes de coques,
- ii)
- les éléments finis de coques pour les applications
industrielles,
- iii)
- les modèles numériques de structures
composites.
Les modèles utilisés pour représenter le comportement des
structures, en statique et en dynamique, dans les régimes
linéaire et non-linéaire, sont de plus en plus fins et
requièrent le développement et l'analyse de méthodes
numériques performantes. Dans ce cadre, trois thèmes de
recherches plus spécifiques font l'objet de travaux au sein
de MACS.
Les éléments de coque sont manifestement les éléments
finis les plus utilisés pour le calcul des structures dans
l'industrie, tous secteurs confondus (automobile,
aéronautique, génie civil, etc.). Cependant, tous les
spécialistes s'accordent pour dire que les éléments de coque
aujourd'hui disponibles ne sont pas suffisamment fiables. Une
cause essentielle de ce problème réside dans l'apparition du
phénomène du verrouillage numérique lorsque la structure est
``mince''.
D. Chapelle a contribué, à travers sa thèse de doctorat
[Cha96], à mieux faire comprendre le phénomène
du verrouillage numérique dans le cas de coques. En
particulier, il a mis au point, en collaboration avec R.
Stenberg (Professeur à l'Université de Tampere, Finlande), la
première méthode d'éléments finis de coques dont la
résistance au verrouillage ait pu être démontrée sans
hypothèse simplificatrice [CS98]. En revanche, le traitement spécifique
appliqué à la méthode la rend inapte à représenter
correctement le comportement en membrane des coques dans les
configurations où le verrouillage n'est pas à
redouter !
Ainsi, on ne connaît toujours pas, à l'heure actuelle,
d'élément de coque dont la fiabilité ait été démontrée dans
un cadre général, alors que de nombreuses équipes y
travaillent dans le monde entier. Face à ce problème
difficile, notre stratégie consiste à susciter une synergie
entre la compréhension et l'analyse théorique du phénomène
d'une part, et la mise en oeuvre d'expérimentations
numériques guidées par des critères rigoureux d'autre part.
Une collaboration étroite en ce sens est en cours entre
D. Chapelle et K.J. Bathe (Professeur au MIT, fondateur
et directeur de la société ADINA R&D, Inc.), voir
notamment [CK98,CB98].
L'objectif de cette thématique consiste à rapprocher les
méthodes d'éléments finis de coques analysées dans le cadre
classique de l'analyse numérique de celles, souvent sans lien
apparent, utilisées par les ingénieurs dans la pratique
industrielle. On vise ainsi à faire bénéficier les méthodes
industrielles des améliorations (notamment en terme de
fiabilité) permises par la finesse et la puissance de
l'analyse numérique, en même temps qu'à mieux valoriser les
méthodes que nous mettons au point.
Dans le cadre classique, l'utilisation des éléments finis
de coque requiert la donnée d'une carte
qui associe à tout
point matériel m de la
surface moyenne de référence
(que l'on choisit en général plane) sa position initiale
(m).
Dans les applications industrielles, les géométries des
structures considérées sont en général trop complexes pour
être définies par une carte unique et, de fait, les surfaces
sont habituellement décrites par une liste de points. Des
techniques d'approximation par fonctions ``splines'' ont été
parfois utilisées dans ces situations pour reconstruire une
carte à partir des coordonnées ponctuelles mais, à cause de
son coût, cette approche n'est pas toujours satisfaisante
dans la pratique industrielle. A contrario, les ingénieurs
utilisent couramment des éléments finis de coques à base de
``coques à facettes'' (alors que des analyses théoriques ont
mis en évidence un défaut de consistance dans ces
méthodes[BDT88]), ou encore des méthodes de type
``general shell elements'' [13].
Nous nous sommes intéressés, en particulier, à dégager une
méthodologie efficace et robuste pour construire
automatiquement une carte, au niveau de chaque élément fini,
à partir de données provenant d'un maillage de surface. Des
éléments finis de type DKT non-linéaires[LCM95], capables de représenter des grands
déplacements, ont été mis au point dans cet esprit par
P. Le Tallec et M. Vidrascu. Ces éléments,
développés dans le cadre d'un contrat avec PSA, ont déjà été
intégrés dans un code industriel du constructeur
automobile.
Ce travail concerne l'étude de l'endommagement et de la
tenue aux chocs de structures stratifiées composites à
matrice organique. Sous chargement transverse de type impact,
certaines zones du stratifié peuvent être suffisamment
sollicitées pour que des micro-fissurations se développent
dans la matrice, suivies par des décohésions fibre-matrice.
Ces endommagements au niveau de la micro-structure (matrice
et fibre) se traduisent par des dégradations des propriétés
mécaniques dans la zone de la couche (mésoscopique) composite
et affecte le comportement global (macroscopique) de la
structure.
L'approche locale (microscopique) consiste à modéliser
finement les phénomènes de dégradation en chaque point de la
structure et à utiliser des méthodes d'homogénéisation pour
caractériser l'influence de ces phénomènes sur le
comportement du matériau. Une telle approche, mise en oeuvre
à l'échelle des phénomènes physiques que l'on cherche à
modéliser, se heurte cependant à trois grandes difficultés au
niveau :
- des données du modèle qui sont très difficile à recaler
expérimentalement;
- des résultats numériques car les dégradations du
matériau ont tendance à se concentrer dans des zones très
étroites (bandes de localisation) entraînant des résultats
numériques erronés;
- du temps calcul qui devient très vite prohibitif.
L'approche globale s'appuie sur des modèles
phénoménologiques macroscopiques au niveau du stratifié
complet. Ces modèles utilisés depuis longtemps dans les codes
de calcul des structures donnent des résultats satisfaisants
compte tenu de leur relative simplicité. Mais cette approche
donne une représentation globale donc très approximative des
mécanismes à l'échelle microscopique.
Notre approche localement couplée combine les performances
du calcul de structures macroscopique avec un calcul
d'évolution de l'endommagement à chaque pas de temps. Nous
avons pris en compte trois échelles pour représenter le
stratifié, et les informations d'une simulation à une échelle
donnée sont utilisées à l'échelle supérieure :
- à l'échelle microscopique la méthode d'homogénéisation
[BLP78], [Duv76], fournit la loi de comportement de la
couche non-endommagée,
- à l'échelle de l'élément fini de la couche
homogénéisée dans la zone endommagée, une loi
d'endommagement non-linéaire est utilisée pour décrire
l'évolution du matériau. L'écriture de cette loi est basée
sur les concepts classiques de la mécanique de
l'endomma-gement, avec des variables moyennant les
phénomènes complexes (micro-fissuration de la matrice et la
décohésion fibre-matrice). L'identification des
coefficients de la loi d'évolution de l'endommagement est
réalisée à partir d'expériences simples et
reproductibles.
- à l'échelle macroscopique, des simulations numériques
tridimensionnelles sont effectuées avec le modèle
d'endommagement à l'échelle des plis [HV98]. Le calcul numérique fournit les
valeurs des paramètres d'endommagement à chaque instant et
permet de mettre en évidence le début de micro-fissuration
dans les différentes couches.