Mots clés : système industriel,
système à événements discrets, modélisation en entreprise,
modélisation comportementale, synthèse de commande, réseau de
Petri .
Participants : Gülgün
Alpan-Gaujal, Giuseppe Berio, Nidhal Rezg, FranÇois Vernadat,
Xiaolan Xie.
La modélisation est indispensable pour la compréhension et
l'analyse des phénomènes mis en jeu dans les systèmes
industriels. La conduite de tels systèmes repose également
sur l'utilisation de modèles. Ces modèles doivent rendre
compte de la structure et du comportement du système et
permettre l'analyse de ses propriétés qualitatives et
quantitatives. Nous considérons deux types de modélisation :
la modélisation en entreprise, qui est relative à
l'expression des besoins, et la modélisation comportementale,
qui est relative à la spécification des propriétés du
système.
Les techniques de modélisation en entreprise [Be96,Pet93,Ver96]sont
relativement récentes et les premiers outils informatisés
font leur apparition sur le marché (ARIS ToolSet, FirstSTEP,
IBM FlowMark, PrimeObject...). Il s'agit de méthodes
descriptives visant à fournir une aide à la conception,
l'analyse et la réorganisation d'environnements industriels.
A l'instar de l'approche CIMOSA[AMI93],
acceptée par les comités de normalisation tant européen (CEN)
qu'international (ISO), toutes ces méthodes placent la notion
de processus opérationnel (ou business process) au
coeur de leur démarche, les outils étant pour la plupart
bâtis autour d'un système de workflow (ou flux de
contrôle) et d'un moteur de simulation. A ces aspects de
modélisation fonctionnelle s'ajoutent des aspects de
modélisation des systèmes d'information, des ressources
(techniques ou humaines) et de l'organisation du système
industriel. Le but est de modéliser, dans le langage de
l'utilisateur, d'une part l'architecture du système physique
(partie opérative) et d'autre part l'architecture du système
de commande et d'information (partie commande) du système
industriel tout en prenant en compte le rÔle des hommes et de
leurs interactions[Wil92,Sch96].
L'inconvénient majeur des méthodes et outils actuels est que
ceux-ci reposent sur une vision trop algorithmique et
déterministe des processus d'entreprise. Dans MACSI, nous
cherchons à étendre ces approches pour prendre en compte plus
d'indéterminisme et des mécanismes de gestion d'exception
pour une modélisation plus fidèle et plus réactive du
comportement des systèmes réels.
La modélisation comportementale consiste à modéliser un
système de production en représentant le processus de
fabrication de chaque produit, le comportement dynamique de
chaque ressource et les différentes contraintes techniques à
un niveau analytique [BS92a]. Une caractéristique importante
des systèmes de production est l'omniprésence des aléas tels
que les pannes, les retards de livraison des matières
commandées, les demandes exceptionnelles, l'absentéisme du
personnel, etc. Pour cela, on considére un système de
production comme un système dynamique à événements
discrets[Ho92]. Les formalismes les plus connus de
représentation des systèmes à événements discrets sont les
automates, les réseaux de Petri[DA92,DHP+93], les state-charts[Har87],
les processus communicants de type CSP[Mil80,Hoa85,IV88a] ou
utilisant les logiques temporelles [OW90a,MP92].
Dans MACSI, nous avons opté pour les réseaux de Petri à
cause de leur simplicité d'utilisation, leur puissance de
modélisation et les nombreux outils existant pour la
vérification de leurs propriétés[Mur89].
Dans des travaux antérieurs, il a été montré que les systèmes
de production répétitifs peuvent être représentés aisément à
l'aide des graphes d'événements, une classe élémentaire de
réseaux de Petri[PX94]. La vérification des propriétés
est aisée grâce à de nombreuses propriétés des graphes
d'événements. Il a également été proposé de nouveaux réseaux
de Petri, appelés les réseaux de Petri à sorties
contrÔlables, qui possèdent toutes les propriétés souhaitées
du point de vue des systèmes de production et qui peuvent
être utilisés comme briques de construction pour bâtir des
modèles de taille importante de faÇon incrémentale[WX96]. En
effet, l'expérience montre qu'il est difficile, voire
impossible, de construire le modèle complet d'un système puis
d'analyser ses propriétés à cause de la taille prohibitive du
modèle final. Il faut alors avoir recours à des approches
modulaires. Une approche modulaire consiste à identifier les
modules de base ou les composants d'un système complexe, à
représenter chaque module à l'aide des réseaux de Petri, et à
intégrer les modèles des modules pour obtenir le modèle
final. A ce titre, des expériences sont menées pour
développer une approche qui représente le comportement
dynamique de chaque ressource à l'aide d'une machine à états,
puis construit le modèle complet du système en fusionnant les
transitions et les places communes des différentes machines à
états[JX97].