Sous-sections
Mots clés : télécommunications,
dimensionnement et planification de réseaux, ATM, WDM, SDH
.
WDM
Nous étudions les réseaux WDM (Wavelength
Division Multiplexing), où le spectre optique est découpé en
plusieurs longueurs d'onde. Des communications différentes
peuvent partager un lien (fibre optique) si elles utilisent
des longueurs d'onde différentes. Si le signal peut changer
de longueur d'onde lors de la traversée d'un commutateur, le
modèle est analogue à celui de la commutation de circuits et
on peut réutiliser les résultats déjà obtenus pour des
modèles de machines parallèles (voir section 3.2.4).
En revanche, si on ne peut changer de longueur d'onde, de
nouveaux problèmes se posent qui se ramènent souvent à des
problèmes de coloration de graphes. Le problème général est
alors le suivant : on doit satisfaire une famille
donnée I de requêtes de
communication dans un réseau G en utilisant un
nombre w de longueurs
d'onde ; ceci revient à déterminer, pour chaque couple de
noeuds intervenant dans les requêtes, un chemin et une
longueur d'onde de telle sorte que deux chemins associés à la
même longueur d'onde soient arc-disjoints. On cherche alors
en général à déterminer le nombre minimum de longueurs d'onde
w(G, I)
nécessaires afin de réaliser la famille I de requêtes dans le
réseau G.
Ceci n'est qu'un cas particulier du problème plus complexe
où l'on souhaite optimiser le coût du réseau, le coût
(complexité) des équipements devenant alors plus important
que le coût de transmission. Les commutateurs optiques
actuellement commercialisés sont capables de diriger une
fibre optique en entrée sur n'importe quelle fibre en sortie
(répartiteur F-OXC pour Fiber Optical Cross
Connect). Certains plus sophistiqués (multiplexeur à
insertion/extraction (MIE ou
OADM pour Add and Drop Multiplexer) peuvent
extraire d'une fibre certaines longueurs d'onde et en
réinjecter. Les commutateurs à venir devraient permettre de
réaliser optiquement (ils le font électroniquement pour
l'instant) l'envoi d'un signal sur n'importe quelle fibre en
sortie sans modifier la longueur d'onde (brasseurs
WR-OXC), voire en changeant la longueur d'onde
(brasseur WT-OXC). Enfin, les derniers modèles
de brasseurs étudiés incluent ces deux types de commutateurs
plus un niveau intermédiaire traitant des bandes (groupes de
longueurs d'onde). L'ouverture d'une fibre (ou bande) et
l'utilisation de commutateurs pouvant séparer les bandes (ou
longueurs d'onde) induisent des coûts élevés. On est donc
amené à regrouper au maximum les requêtes partageant des
chemins physiques communs pour utiliser les commutateurs de
plus faible coût (dans l'ordre : fibre, bande, longueur
d'onde). Enfin, il faut assurer la protection (sécurisation)
du réseau ; celui-ci doit pouvoir continuer à
fonctionner en cas de panne d'un lien ou d'un commutateur.
Divers types de protection sont étudiées ; par exemple on
cherche pour chaque demande deux chemins disjoints capables
de l'acheminer tout en minimisant le coût du
réseau.
L'offre
SDH (Synchronous Digital Hierarchy) est basée
sur une topologie en boucle, chaque site client, noeud du
réseau, est équipé d'un multiplexeur à insertion/extraction
(MIE ou ADM). Ces éléments
permettent l'émission ou la réception, via des portes, de
conteneurs virtuels circulant sur la boucle. Lorsqu'un client
demande l'acquisition de certaines connexions, l'objectif est
de réaliser celles-ci à un moindre coût. Pratiquement cela
revient à minimiser le nombre de portes à ouvrir ainsi que la
bande passante (quantité de modules de ligne
SDH) qui seront affectés à la gestion de ce
trafic.
On s'intéresse aussi à répartir le trafic sur des boucles.
Il se pose alors le problème de partitionner le réseau en
boucles satisfaisant divers critères (localité, taille,
etc...) et en optimisant une fonction complexe de
tarification.
Réseaux de type ATM
Dans les réseaux ATM, les demandes sont
réalisées sur un réseau virtuel (appelé aussi réseau logique)
constitué de chemins virtuels VP (pour Virtual
Paths) le long desquels la demande est acheminée sans être
retardée aux noeuds intermédiaires. Ce graphe virtuel est lui
plongé dans le réseau physique sous-jacent (ce qui revient à
associer à chaque VP un chemin dans le réseau
physique). France Télécom R&D nous a soumis le problème
dit du «virtual path layout» (VPL) ainsi
modélisé, qui fait intervenir les deux paramètres importants
suivants : la charge d'un arc du réseau physique (nombre
de chemins virtuels empruntant cet arc) et le nombre maximum
d'arcs des chemins virtuels utilisés (nombre de «sauts») pour
réaliser une famille de communications données (dans le cas
où toutes les communications peuvent avoir lieu, ceci
correspond au diamètre du graphe virtuel). Le premier
paramètre correspond à une contrainte de débit et le deuxième
à une contrainte de qualité de service (en cherchant à
minimiser le temps de transmission). On cherche à construire
un réseau virtuel ayant une charge et un nombre maximum de
sauts donné. Il faut donc minimiser ces deux paramètres, ce
qui est antinomique. De fait, soit on fixe la contrainte que
la charge d'un arc du réseau physique ne doit pas dépasser la
capacité de l'arc (qui est une donnée du problème) et dans ce
cas on cherche à minimiser le nombre de sauts ou diamètre du
graphe virtuel ; soit on fixe ce nombre de sauts et on
cherche à minimiser la charge maximum du réseau.