Participants : Francis Collino,
Thierry Fouquet, Patrick Joly.
Mots clés : raffinement de maillage,
FDTD, stabilité, précision .
Résumé :
Étude théorique et numérique du raffinement de maillage
en différences finies pour la résolution de l'équation des
ondes et des équations de Maxwell.
Rappelons que ce thème a été développé dans le cadre d'un
contrat avec le Centre d'Etudes de Gramat, contrat qui s'est
achevé en cours d'année. Il constituait également le sujet de
thèse de Thierry Fouquet qui a soutenu en Juin 2000. Le
résultat majeur de cette thèse est la conception d'une
méthode de raffinement de maillage espace-temps avec pour
originalité majeure l'utilisation d'un pas de temps local
permettant d'assurer un CFL quasi-constant dans toute la
grille de calcul. A notre connaissance, il s'agit de la
première méthode de ce genre dont la stabilité est prouvée et
garantie sous la condition CFL usuelle. Cette méthode peut
être formulée dans un cadre variationnel abstrait ce qui la
rend utilisable tant en maillage structuré (incluant ainsi le
schéma de Yee - objectif du contrat avec Gramat) qu'en
maillage non structuré (modulo l'utilisation d'éléments finis
mixtes). Elle se rapproche en cela de la méthode dite des
éléments joints et s'en distingue essentiellement au niveau
de la discrétisation en temps : le point clé de notre
approche consiste à gérer des pas de temps locaux via des
conditions de transmission discrètes entres grilles qui
assurent une conservation d'énergie discrète et par suite la
stabilité de la méthode.
Le code de calcul ayant été validé l'an dernier, nous
avons porté nos efforts sur une étude théorique fine des
propriétés de la méthode dans le cas monodimensionnel:

-
Analyse d'instabilités pour des schémas de raccord par
interpolation temporelle.
Nous avions mis en évidence certains phénomènes
d'instabilité avec ce type de schéma lorsque l'on ne
raffinait qu'une bande du domaine de calcul et si on ne
choisissait pas un CFL suffisamment petit. Nous avons
affiné cette analyse en montrant que:
- L'instabilité ne peut se produire que si le CFL est
compris entre
/2 et 1 dans le cas d'un
raffinement 1-2, et entre
sin(
/2n) et 1 dans le cas d'un
raffinement 1-n.
- Lorsque le CFL est trop grand (
sin(
/2n) < CFL < 1),
on observe un phénomène d'explosion exponentielle en
temps. Toutefois, il convient de distinguer 2 cas. Si
la bande raffinée contient un nombre fixe de mailles
(indépendant de h), le
taux d'explosion tend vers l'infini lorsque
h tend vers 0 : nous
dirons qu'il y a instabilité forte. Lorsque la
bande a une taille physique fixée, le taux d'explosion
reste borné : on a un phénomène d' instabilité
faible.

-
Analyse fine des phénomènes numériques à l'interface
grille fine - grille grossière pour la méthode stable. On
s'intéresse typiquement à ce qui arrive à une onde
incidente se propageant dans la grille grossière au
moment où elle rencontre l'interface grille fine-grille
grossière. Dans le cas d'un raffinement 1-2, on montre
qu'une onde de fréquence
et d'amplitude 1 donne
naissance à divers phénomènes parasites: une onde
réfléchie de même fréquence d'amplitude R, une onde transmise d'amplitude
T mais aussi, à cause du
phénomène d'aliasing, une deuxième onde transmise de
fréquence
+
/
t,
t
désignant le pas de temps dans la grille fine, et
d'amplitude T'.
R, T et T' sont des fonctions de

t (l'inverse du nombre de
points par période) et du CFL
=
c
t/h.
- On montre que R,
T approchent
respectivement 0 et 1 à l'ordre 2 en

t alors que T' ne tend vers 0 que
linéairement. Néanmoins, le schéma est globalement
d'ordre 2 au moins tant que
reste strictement inférieur à sa valeur maximale, 1 en
l'occurence ! Ceci est dû à l'observation que l'onde
transmise de fréquence
+
/
t devient évanescente dès
que la fréquence de l'onde incidente est (modulo
/
t) inférieure à
C(
)/
t où C(
) est une constante positive. De
plus la profondeur de pénétration de cette onde dans la
grille grossière est en O(h). Il en ressort que
l'erreur due à cette onde est exponentiellement petite
dès qu'on est pas pile sur l'interface...
- Lorsque
se rapproche de 1, l'onde
transmise parasite de fréquence
+
/
t devient gênante, d'une
part parce que T'
augmente mais surtout parce que le domaine des
fréquences qui donnent des ondes transmises
évanescentes diminue: il est même vide lorsque
= 1. Nous illustrons ce phénomène sur la figure
4.
Heureusement, dès qu'on diminue un tant soit peu
, ce domaine augmente rapidement,
et l'influence de l'onde parasite haute fréquence
devient alors négligeable (figure 5).
Figure 4: Apparition de l'onde
parasite pour
= 1
![\includegraphics [width=.32\linewidth]{u000.eps}](img26.png) |
![\includegraphics [width=.32\linewidth]{u020.eps}](img27.png) |
![\includegraphics [width=.32\linewidth]{u040.eps}](img28.png) |
| t =
0s |
t =
20s |
t =
40s |
![\includegraphics [width=.32\linewidth]{u060.eps}](img29.png) |
![\includegraphics [width=.32\linewidth]{u080.eps}](img30.png) |
![\includegraphics [width=.32\linewidth]{u100.eps}](img31.png) |
| t =
60s |
t =
80s |
t =
100s |
|
Figure 5: Effet de la diminution de
(à t =
40s)
|
|
Il reste sur ce problème des questions théoriques ouvertes
intéressantes que nous aborderons l'an prochain. En
particulier, la question de la convergence de la méthode en
dimension 3, intimement liée au choix de l'espace
d'approximation pour le multiplicateur de Lagrange introduit
sur l'interface grille fine-grille grossière (où plus
exactement la compatibilité de ce choix avec celui effectué
pour le champ électromagnétique), reste en suspens.