Sous-sections
Mots clés : géométrie algorithmique,
triangulation de Delaunay, diagramme de Voronoï .
Compression de structures géométriques
Participants : Olivier Devillers,
Pierre-Marie Gandoin.
Une partie de ce travail est effectuée en collaboration
avec Regina Estowski (U. New York, Stony Brook), Ferran
Hurtado, Vera Sacristan (UPC, Barcelone) et Pedro Ramos (U.
de Alcala, Madrid).
La compression de structures géométriques est un domaine
de recherche en plein essor, situé entre la géométrie
algorithmique et la compression de données standard. Le
développement rapide des applications de la synthèse d'image
rend nécessaires la manipulation et l'échange de données
géométriques de manière rapide et économique. En particulier,
les nombreuses possibilités offertes par le World Wide Web en
matière de réalité virtuelle sont conditionnées par un accès
rapide aux données. Cela implique -- principalement lorsque
la bande passante est faible -- d'organiser et de compresser
les données géométriques de manière optimale. Le point de vue
que nous avons choisi d'adopter dans ce travail est
diamétralement opposé à la tendance générale qui semble
s'être imposée depuis 1995 dans le domaine, au fil des
nombreux articles abordant le problème du codage efficace de
maillages (scènes géométriques en 2 ou 3 dimensions composées
de polygones). Dans nos travaux, nous partons du principe que
la topologie d'un objet géométrique (c'est-à-dire les arêtes
des polygones qui le composent) peut être très souvent
déduite de sa géométrie (c'est-à-dire des positions de ses
sommets). Contrairement aux autres méthodes, la priorité est
donc donnée à la compression de la partie géométrique de
l'objet. Cette opération est réalisée de manière progressive
et fournit des taux de compression compétitifs par rapport
aux méthodes existantes [28]. Nous avons également développé un codeur
de connectivité permettant de coder efficacement
l'intégralité de l'information topologique d'un modèle, ou
d'en coder un sous-ensemble uniquement en vue d'améliorer les
performances d'un éventuel algorithme de reconstruction. Ce
codeur topologique repose sur le même principe que le codeur
de géométrie et peut donc être appliqué simultanément, et
toujours de manière progressive et interactive. La figure
7 montre
à gauche un modèle géométrique sur lequel la compression sans
perte nous permet de réduire la taille du fichier à 40% du
modèle original, une compression avec perte occupant
seulement 3% de la taille du modèle initiale est affichée à
droite. En outre, une étude théorique a été menée dans le
cadre de notre collaboration avec l'UPC à Barcelone, pour
déterminer, dans le cas particulier d'une reconstruction
topologique par triangulation de Delaunay contrainte,
l'ensemble minimal d'arêtes à coder pour garantir une
reconstruction sans perte de l'objet original.
Figure 7: Modèle compressé sans perte
à 40% et avec perte à 3%.
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Participants : Jean-Daniel
Boissonnat, Frédéric Cazals.
Les coordonnées naturelles ont été introduites par Sibson
pour interpoler des fonctions de plusieurs variables à partir
de données non structurées. On considère dans ce travail le
cas où les points de données appartiennent à une surface
,
c'est-à-dire une variété de dimension d - 1 de
IRd, lisse
et sans bord. On montre que lorsque la densité de
l'échantillonnage augmente, les coordonnées naturelles d'un
point de la surface tendent à se comporter comme un système
de coordonnées locales sur la surface. Ce résultat ne suppose
aucune connaissance sur l'ordre ou la connectivité des
points, ni d'information sur la topologie de la surface. Il
est basé sur le fait qu'un sous-ensemble des sommets du
diagramme de Voronoï des points de données tend vers le
squelette de
lorsque la densité d'échantillonnage augmente.
Randomisation
Participants : Olivier Devillers,
Philippe Guigue, Monique Teillaud.
Une part de ce travail est effectuée en collaboration avec
Ferran Hurtado, Mercé Mora et Vera Sacristan (UPC,
Barcelone).
Nous continuons à nous intéresser à la randomisation (voir
3.1.2) avec
deux résultats cette année.
Tout d'abord un algorithme randomisé incrémental nécessite
en général d'insérer les données dans un ordre aléatoire. Si
les données ne sont pas connues à l'avance, on doit choisir
entre attendre d'avoir toutes les données pour pouvoir les
mélanger et espérer que les données arrivent dans un ordre
suffisamment aléatoire. Nous proposons et étudions
l'alternative du tampon mélangeur, qui permet de mélanger
localement les données et de démarrer l'algorithme
sans avoir toutes les données. On montre typiquement que si
la taille du tampon est k et
le nombre de données n, un
problème qui a une complexité randomisée de
O(nlog n) et
une complexité dans le cas le pire de O(n2) sera traité en
O(
) [29].
Calculer la triangulation de Delaunay de n points nécessite en général un temps
(nlog
n), mais, sous certaines hypothèses, par
exemple si les points sont les sommets d'un polygone convexe,
ce temps peut être ramené à O(n). Nous avons démontré que
dans le cas où les points forment un sous-ensemble d'un
ensemble de points dont on connait la triangulation de
Delaunay, on pouvait trianguler le sous ensemble en temps
O(n).
Triangulations bicolores
Participant : Olivier
Devillers.
Travail effectué en collaboration avec Ferran Hurtado et
Carlos Seara (UPC, Barcelone).
Étant donné un ensemble de points du plan,
chaque point étant colorié soit en rouge soit en bleu, on
s'intéresse aux triangulations des points ayant beaucoup
d'arêtes ou de triangles reliant des points de la même
couleur. Un tel problème à des applications par exemple en
segmentation d'images ou en clustering.
Nous avons démontré que si on a n points rouges dont nCH sur l'enveloppe convexe
et k points bleus dont
kCH sur
l'enveloppe convexe, toute triangulation a au moins
n + nCH
arêtes rouges et k - 1
arêtes bleues et ces bornes sont atteintes dans certains
exemples.