Sous-sections
Résumé :
L'étude des signaux physiologiques fait appel aux
méthodes générales de traitement du signal. L'étude des
régulations biologiques, de leurs dysfonctionnements et de
leurs traitements peut tirer profit des méthodes de
l'automatique : modélisation, identification,
commande. L'utilisation conjointe de techniques de
traitement du signal et d'automatique permet d'étudier le
système cardio-respiratoire et sa régulation par le système
nerveux autonome. Ces études conduisent à des outils pour
les applications à la clinique.
Analyse et modélisation du système cardio-respiratoire et de
ses mécanismes de régulation
Participants : Julie Bestel,
Claire Médigue, Alessandro Monti, Michel Sorine.
Mots clés : santé, systèmes
physiologiques, diagnostic, système cardio-respiratoire,
système nerveux autonome, mécanique cardiaque, analyse de
signaux .
Le SCV, coeur et
vaisseaux, et le SR ont pour mission
d'alimenter les tissus en oxygène et de les débarrasser du
gaz carbonique. Pour le SCV, débit cardiaque
et volume sanguin systémique sont les grandeurs régulées, ils
dépendent de la pression artérielle. Dans la boucle de
régulation à court terme de la pression artérielle ou arc
baroréflexe, le système nerveux autonome (SNA)
est le contrôleur, le barorécepteur artériel le capteur
principal, et le coeur, l'actionneur principal. Le
SNA permet l'adaptation du SCV
aux variations rapides de la pression artérielle (exercice
physique, passage à l'orthostatisme, mouvements
respiratoires) et du volume sanguin systémique.
Les messages nerveux codés en fréquence en provenance des
barorécepteurs sont transmis aux centres nerveux autonomes,
d'où partent en retour vers le SCV les voies
parasympathique, cardiomodératrice, (à destination du
pacemaker naturel du noeud sinoatrial) et sympathique,
cardioaccélératrice (à destination du noeud sinoatrial, du
ventricule, et des résistances vasculaires systémiques). Leur
effet à court terme est une variation de la pression
artérielle, par modification des cibles suivantes :
- la fréquence cardiaque, fréquence du pacemaker (effets
chronotropes positif du sympathique et négatif du
parasympathique) ;
- la contractilité, vitesse maximale de raccourcissement
des fibres myocardiques (effet inotrope positif
sympathique) ;
- les résistances systémiques à l'écoulement du sang dans
les artères, les veines, et les capillaires artérioveineux
systémiques, résistances dépendant directement du calibre de
ces vaisseaux (vasoconstriction sympathique).
Pour le SR, les flux d'oxygène et de gaz
carbonique sont les grandeurs réglées du système, ils
dépendent de la fréquence et du volume respiratoires. Dans la
boucle de régulation de la pression partielle d'oxygène, le
SNA est le contrôleur, les chémorécepteurs les capteurs
principaux et les muscles respiratoires les actionneurs. Les
centres respiratoires bulbaires modulent la profondeur et le
point de rupture de la fin de l'inspiration, générant ainsi
l'activité rythmique respiratoire, en fonction des
informations transmises par les chémorécepteurs.
La respiration module le rythme cardiaque et la pression
artérielle par action mécanique (pompage diaphragmatique à
l'inspiration augmentant le débit veineux instantané vers le
coeur droit) et par interaction directe entre les centres
nerveux respiratoire et cardiovasculaire. La figure 4.3.1 représente
la vision système des SCV et SR sous le contrôle du SNA.
Figure 4: Modèle du système
cardio-respiratoire.
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Une première
approche, descriptive, du SCV et de son
contrôle par le SNA est fournie par l'analyse
du rythme cardiaque, de la pression artérielle, de la
respiration, et de leur adaptation à des conditions
physiologiques (motilité, sommeil, orthostatisme ...) ou
pathologiques (insuffisance cardiaque, syncopes ...) ou
encore pharmacologiques (bloquant ou activateur d'une des
branches du SNA). Le rythme cardiaque et la
pression artérielle sont des fenêtres d'accès au contrôle par
le SNA: leurs variabilités à court et moyen
terme expriment l'influence de la respiration et l'activité
des baroréflexes, contrôlés par le SNA. Ces
variables observables, indicateurs de bon fonctionnement du
système, sont accessibles par des méthodes de traitement du
signal. Des méthodes de détection permettent d'extraire les
évènements d'intérêt sur les signaux bruts: battements
cardiaques à partir de l'ECG, pour construire le rythme
cardiaque; maxima et minima de la pression artérielle pour
construire les rythmes systoliques et
diastoliques ...Des méthodes d'analyse, en temps, en
fréquence et en temps-fréquence, comme la transformation de
pseudo Wigner-Ville lissée, de la démodulation complexe
modifiée, sont ensuite appliquées à ces rythmes résultants
pour étudier leurs variabilités. Les relations entre les
rythmes sont évalués en amplitude, fréquence et phase; des
gains sont calculés pour chaque zone fréquentielle d'intérêt,
comme la sensibilité du baroréflexe (cf. 6.3.3). Ces méthodes sont
implémentées dans LARY_CR (cf. 5.1) .
La fonction de reproduction vue sous l'angle de la
commande
Participants : Frédérique
Clément, Daniel Claude.
Mots clés : santé, systèmes
physiologiques, fonction de reproduction, commande
pharmacologique .
Le niveau d'approche de la modélisation de la fonction
ovarienne, celui des cellules de la granulosa folliculaire,
est en phase avec les études effectuées par l'équipe
«Régulation de la folliculogenèse», au sein de l'unité de
recherche de Physiologie de la Reproduction et des
Comportements de l'INRA Tours, ainsi que par les services
d'Endocrinologie de la Reproduction de l'Hôpital Necker
(Paris) et du St Mary's Hospital (Londres).
Nous disposons d'un modèle mathématique rendant compte des
processus cellulaires de prolifération, différenciation et
apoptose (mort cellulaire) [CGM+97]. Les variables en jeu sont, d'une
part, les effectifs des différentes catégories de cellules
(variables d'état), et, d'autre part, les taux de transition
entre les différents états cellulaires (taux de sortie du
cycle cellulaire et taux d'entrée en apoptose). Ces taux sont
des variables de contrôle qui traduisent la réponse des
cellules folliculaires aux signaux qu'elles reçoivent de leur
environnement hormonal, et en particulier de FSH et LH.
L'élaboration et les résultats de ce modèle ont fait émerger
une notion nouvelle, celle de capital prolifératif
folliculaire. Cette notion permet d'envisager une gestion
optimisée de ce capital, à l'aide de thérapeutiques
adéquates, à des fins zootechniques (superovulation) ou
cliniques (traitement de l'infertilité anovulatoire). Elle
permet aussi de proposer une hypothèse explicative pour les
différences observées dans l'espèce ovine entre races mono-
et poly-ovulantes quant à l'effectif cellulaire atteint au
moment de l'ovulation. L'effectif plus faible en cas de
poly-ovulation serait dû à un arrêt plus précoce de la
prolifération cellulaire, lié à une sortie plus rapide du
cycle cellulaire.
Cette hypothèse a motivé la mise en place d'une expérience de
mesure comparative de la fraction de croissance (proportion
de cellules proliférantes parmi l'ensemble des cellules
folliculaires) à différents stades du développement
folliculaire chez deux races de brebis [36]. Cette expérience a confirmé la cinétique
différentielle de sortie du cycle en fonction du taux
d'ovulation. L'importance de ce résultat doit être considéré
sous l'angle de la physiopathologie comparée si l'on sait que
dans le syndrome des ovaires poly-kystiques, cause majeure
d'anovulation chez la femme, on constate un blocage des
follicules à un stade intermédiaire, qui pourrait lui aussi
résulter de perturbations de la prolifération
folliculaire.
La réflexion engagée se poursuit et concerne actuellement la
compréhension du mécanisme d'action des gonadotropines sur
les cellules folliculaires. En particulier, le contrôle de la
production d'une molécule clé pour la transduction du signal
hypophysaire, l'AMPc, fait l'objet des études en cours, tant
sur le plan expérimental que sur celui de la modélisation
(cf. 6.3.6 et
[30]).
Participants : Jean Clairambault,
Daniel Claude.
Mots clés : santé, systèmes
physiologiques, commande pharmacologique .
Nous étudions dans les domaines de la bactériologie
clinique et de la cancérologie, en liaison avec des
cliniciens, des méthodes thérapeutiques relevant de la
chronobiologie, visant à traiter différemment deux types de
cellules, saines d'une part, cibles (bactéries pathogènes ou
cellules cancéreuses) de l'autre, en modélisant l'action des
drogues utilisées sur ces deux types de populations
cellulaires, et en définissant des schémas d'administration à
même d'améliorer leur efficacité thérapeutique. Cette action
est menée en collaboration avec le service pharmaceutique de
l'Hôpital Antoine-Charial (Hospices Civils de Lyon) et avec
le Laboratoire «Rythmes biologiques et Chronothérapeutique»
de l'Institut du Cancer et d'Immunogénétique (Hôpital
Paul-Brousse, Villejuif).