Sous-sections
Participants : Pierre-Alexandre
Bliman, Michel Sorine.
Mots clés : hystérésis, cycle
d'hystérésis, solution périodique, systèmes à retards,
saturations, stabilité, santé, ingéniérie, environnement
.
Résumé :
On étudie des problèmes de comportement qualitatif de
systèmes qui sont non lináires, du fait d'hystérésis ou de
saturations et présentent des retards. On examine en
particulier des problèmes de stabilité et d'oscillations.
Des exemples d'applications, traitées dans le projet, sont
présentés.
Les systèmes non-linéaires sont connus pour exhiber une
gamme très riche de comportements qualitatifs :
équilibres multiples, cycles-limites forcés ou autonomes,
bifurcations, chaos. En plus des problèmes plus classiques de
stabilité de l'équilibre, l'étude des oscillations s'est peu
à peu constituée comme un domaine à part entière au sein de
l'Automatique («Contrôle des oscillations et du chaos», voir
par exemple les «Proceedings 1st Conf. on control of
oscillations and chaos, St-Petersburg, Sept. 1997»). Les
modèles que nous utilisons comportant des éléments connus
pour provoquer des oscillations en boucle fermée, tels
qu'hystérésis ou retards, nous nous sommes naturellement
tournés vers ce domaine.
- Pour le frottement, les régimes périodiques
interviennent par exemple lors de l'utilisation de «dither»,
vibration rapide que l'on impose au système pour réduire le
frottement. Ces régimes peuvent également être gênants,
provoquant des blocages intermittents du mouvement
(«stick-slip») ; on cherche alors à les éviter[BS95].
- Pour le pot catalytique, la richesse des gaz à l'entrée
est oscillante, du fait de l'utilisation d'un capteur
tout-ou-rien (sonde lambda) dans la boucle de régulation de
richesse : on parle de battements de sonde. Dans ce cas,
les oscillations, dues à un retard dans la boucle (imputable
physiquement aux différents temps du moteur et au transport
des gaz jusqu'à la sonde), sont inévitables. On cherchera par
exemple à en contrôler la période et l'amplitude[ABS97].
Cet aspect d'identification et de réglage du système à partir
des propriétés des oscillations est présent dans la fameuse
méthode de Ziegler et Nichols[JN42].
- Pour le muscle cardiaque, les battements du coeur
agissent comme une excitation périodique sur le système
circulatoire, le SNA contrôlant les
caractéristiques de cette entrée, voir la section 4.3.1.
Ces diverses situations dans lesquelles il s'agit
d'analyser, de contrôler ou d'identifier des systèmes du type
de celui représenté sur la figure 1, conduisent à
considérer pour ces systèmes une classe de problèmes :
oscillations forcées[BAS95], stabilité des cycles, résonance
paramétrique[BASA96], observabilité...
Figure 1: Système semi-linéaire
![\begin{figure} \begin{center} \footnotesize \setlength {\unitlength}{.0075\text... ...66,32){\makebox(0,0)[b]{$y$}} \end{picture} \normalsize \end{center}\end{figure}](img39.png) |
H est un opérateur
linéaire, comportant éventuellement des retards,
une non-linéarité
éventuellement partiellement hystérétique, u représente les entrées commandées,
mais aussi les bruits. Par exemple, le modèle (6) du pot
catalytique est de ce type :

= -

(

-
in) +
K(

(

) -

(0)).
L'étude de ces problèmes fait appel à un large spectre
de méthodes de l'analyse fonctionnelle.
Participants : Catherine Bonnet,
Jonathan Partington, Michel Sorine.
Mots clés : systèmes à retards,
commande robuste, saturations, marge optimale de robustesse,
stabilisation, distance à l'instabilité, santé, ingéniérie,
environnement stabilité .
Résumé :
Les techniques de commande robuste sont très utiles en
présence d'erreurs de modélisation structurelles du système
à commander. Les idées de base de ces techniques ne sont
pas limitées au cas linéaire de dimension finie, comme on
le montre ici à propos de systèmes à retard éventuellement
non linéaires rencontrés dans nos applications. L'idée de
marge optimale de robustesse pour un contrôleur stabilisant
s'étend aussi : des résultats de paramétrisation de
l'ensemble des contrôleurs stabilisants permettent
l'optimisation sur cet ensemble d'une distance à
l'instabilité du système bouclé.
Notre intérêt pour les systèmes à retards vient en
particulier de problèmes rencontrés lors de la dépollution de
moteurs thermiques comme la régulation de la richesse. Il
s'agit de régler la durée d'injection d'essence, en fonction
de la masse d'air admise, pour réguler la richesse des gaz
d'échappement du moteur qui peut être mesurée par une sonde
proportionnelle (elle fournit la valeur de la richesse) ou
une sonde lambda (sonde tout-ou-rien indiquant la position
par rapport à la stoechiométrie : le gaz est riche ou
pauvre). En pratique, il est suffisant de représenter la
relation durée d'injection / richesse par un système
différentiel linéaire du premier ordre, à retard, stable. La
masse d'air admise est vue comme une entrée de perturbation.
La fonction de sortie est non linéaire (fonction signe) dans
le cas de la sonde lambda. La simplicité de cette
modélisation doit être compensée par la robustesse de la
commande de durée d'injection.
Les problèmes d'automatique posés dans cette application
ont été formalisés par la classe suivante de problèmes
génériques : régulation (optimale) et stabilisation
robuste (optimale) de systèmes à retards équipés de capteurs
linéaires ou non linéaires dans un cadre entrée-sortie
L
(Bounded Input
Bounded Output).
L'approche suivie pour étudier ces problèmes utilise des
opérateurs entrée / sortie temporels ou fréquentiels. Elle
est adaptée à l'étude de la robustesse : l'utilisation
de distances entre graphes d'opérateurs («Gap metric») permet
la prise en compte de larges classes de perturbations du
système à contrôler[Vid85,TM90,TM95], incluant des perturbations sur
le retard. Dans ce qui suit l'espace des opérateurs est muni
de la topologie associée. Cette approche a également
l'avantage d'unifier l'étude des cas linéaires et de cas non
linéaires (on utilise alors les opérateurs temporels). La
stabilité est définie, dans ce contexte entrée / sortie, à
partir des propriétés de bornitude de l'opérateur. Dans le
cas linéaire, elle est définie de façon équivalente à partir
de la norme du transfert dans
(0), algèbre des transformées
de Laplace des noyaux de convolution du type «fonction
L1 + somme
absolument convergente de Dirac retardés» (voir le livre de
Curtain et Zwart[RH95] pour une introduction à ces
notions).
Les problèmes de contrôle que nous considérons sont illustrés
par la figure 2 dans
laquelle
Figure 2: Implémentation idéalisée
d'un contrôleur à deux degrés de liberté C1, C2.
![\begin{figure} \centering \footnotesize \setlength {\unitlength}{.0075\textwidt... ...){14}} \put(55,17){\makebox(0,0)[b]{$y$}} \end{picture} \normalsize \end{figure}](img47.png) |
r est le signal de
référence auquel doit «ressembler» la sortie y pour une entrée u bien choisie, et ce malgré les entrées
de perturbation comme d ou
les perturbations structurelles comme
.
Il est apparu qu'un schéma de commande intéressant pour notre
problème est celui du contrôleur à deux degrés de liberté,
ici C1 et
C2 puisqu'il
permet de traiter les problèmes de stabilisation et de
régulation de manière indépendante.
Le cas linéaire. Nous avons étudié les systèmes à
retards du type :
P(s) =
où
h1(s) =
pi(s)e-
s,
h2(s)
=
qi(s)e-
s
avec
0 =
<
... <
,
0
<
... <
,
les pi sont des
polynômes de degré
et
<
pour
i
0 et les qi sont des polynômes de
degré
di <
pour tout i. En particulier
(1 + s)-
h1(s)
et
(1 + s)-
h2(s)
sont des éléments de
(0) dont le rapport est aussi
P(s).
Les systèmes de ce type appartiennent à la classe de
Callier-Desoer
(0) et admettent une
factorisation coprime (N,
D) sur
(0) :
P =
ND-1
avec -
NX +
DY =
1 et
N,
D,
X,
Y

(0)
Nous avons déterminé [6] une
expression explicite des facteurs de Bézout (X, Y). Cela permet de calculer
tous les contrôleurs C, à un
ou deux degrés de liberté, stabilisant P. Ces contrôleurs sont de la forme
C1 = I et
C2 = (Y +
NQ)-1(X + DQ), avec
Q
(0)
(contrôleur à un degré de liberté, Q) et
C1 = (Y +
NQ)-1U,
C2 = (Y +
NQ)-1(X + DQ), avec
U, Q
(0) (contrôleur à deux degrés
de liberté, Q et
U).
Le problème de régulation optimale. Il s'agit de
trouver Uopt tel
que le gain entre la référence r et l'erreur de régulation
y - r = - (I -
NU)r + (Y + QN)Dd,
soit minimal :
| W(I
- NUopt)| (0) =
| W(I - NU)| (0), |
(7) |
où W est un filtre
choisi pour améliorer la qualité de la poursuite dans une
certaine bande de fréquence.
L'implémentation correcte de ce contrôleur est représentée
figure 3
Figure 3: Implémentation réaliste d'un
contrôleur à deux degrés de liberté U, Q.
 |
dans le cas de deux degrés de liberté. Le feedforward
est ici U (qui est stable)
au lieu de C1
(qui peut être instable), ce qui est nécessaire pour la
stabilité interne. Nous avons obtenu une solution de ce
problème d'optimisation, entre autres, dans le cas où
N(s) =
,
> 0 (cas du
moteur).
Le problème de stabilisation robuste optimale est le
suivant : un contrôleur stabilisant en présence de la
perturbation
doit maintenant être déterminé à
partir du modèle (N,
D) qui n'est qu'approché. La démarche
pour déterminer un contrôleur satisfaisant est la
suivante : nous savons[Vid85]
que pour chaque contrôleur
C = (Y +
NQ)-1(X + DQ), il
existe un voisinage de P,

(
N,
D,
a) = {
P +

=

tel
que |(

,

)| <
a}
tel que C stabilise
non seulement P mais
également tous les systèmes dans
.
La marge de robustesse (distance à l'instabilité)
bC de
C représente la taille de ce
voisinage : si
|(
,
)| < bC,
C stabilise
et il existe
un couple
(
,
) de norme bC tel que C ne stabilise pas
.
On cherche alors le contrôleur Copt qui possède la plus
grande marge de robustesse
bCopt =
bC.
Cela revient à trouver Qopt tel que
problème d'optimisation H
qui se posait déjà
dans le cadre L2
(contrôleur H
-optimal déterminé par
Georgiou et Smith [DTM95]) et pour lequel on ne connaît
pas d'expression explicite de la solution lorsque
N, D, X,
Y ne sont pas rationnels.
Une méthode d'approximation est donc utilisée.
Le cadre L
se revèle avantageux
ici par rapport au cadre L2 puisqu'il est possible
(dans le cas où la plus grande valeur singulière de
D*X +
N*Y est de multiplicité égale
à un) de construire un approximant de Qopt dans
(0) à partir d'approximants
des facteurs coprimes de P.
On obtient ainsi dans ce cas la convergence du contrôleur
optimal du système de dimension finie vers celui du système
initial ainsi que la convergence de leurs marges de
robustesse.
Le cas non linéaire. Dans le cas de capteurs ou
actionneurs non linéaires, nous avons restreint l'étude aux
systèmes à retards du type
P(s) =
e-sTR(s) où
R est :
- rationnel dans le cas d'un actionneur non linéaire,
- rationnel stable dans le cas d'un capteur non linéaire de
type tout-ou-rien ou saturation.
Dans le premier cas on s'appuie sur un résultat de
Verma[Ver88] décrivant l'ensemble des contrôleurs
non linéaires stabilisant un système linéaire. La
stabilisation d'un système à retard (non nécessairement
stable) est étudiée suivant cette approche dans [25].
Dans le deuxième cas nous avons repris un schéma de
contrôleur à deux degrés de liberté [4,25]. Il s'est avéré que le problème de
poursuite se pose, dans ce cas, dans les mêmes termes que
dans le cas linéaire, ce qui permet l'utilisation des
résultats d'optimisation dans
(0) obtenus précédemment. La
stabilité de la boucle fermée est analysée pour trois types
d'opérateurs : bornés (encore dits «gf-stable» car on
peut leur associer une «gain-function» qui associe au rayon
d'une boule la borne de l'ensemble image), uniformément
bornés (ou «norme-stable») ou uniformément Lipschitz
(«incrementally stable»)[TM97].
Nous avons proposé une famille de contrôleurs non linéaires
qui stabilisent de façon incrémentale la boucle fermée en
présence de l'opérateur de saturation ou de l'opérateur
signe. Dans le cas du signe, la robustesse ne peut être
analysée que suivant la gf-stabilité ; cependant, dans
le cas où la poursuite est réalisée, nous obtenons des
conditions garantissant la norme-stabilité de la boucle
fermée (les contrôleurs sont donc localement
norme-stabilisant). Dans le cas d'une saturation, la
robustesse est analysée suivant la norme-stabilité. Pour une
sous-classe de contrôleurs, nous obtenons des marges de
robustesse relativement à la stabilité incrémentale.