Sous-sections
Participants : Julie Bestel, Jean
Clairambault, Daniel Claude, Mayer Landau, Laurence Mangin,
Claire Médigue, Alessandro Monti, Michel Sorine.
Mots clés : santé, systèmes
physiologiques, diagnostic, pacemaker, Van-Capelle et Dürrer,
onde de Mayer, système cardio-respiratoire, système nerveux
autonome, SNA, mécanique du myocarde, rythme cardiaque,
inhibition du SNA, stimulation du SNA, fonction de
reproduction, commande pharmacologique, analyse de signaux
.
Résumé :
L'étude des comportements globaux des systèmes
cardio-vasculaire (SCV) et respiraoire (SR) sous le
contrôle du SNA conduit à des études plus localisées de
comportements particuliers. Les résultats, cette année, ont
ainsi concerné les thèmes suivants :
- La modélisation en électrophysiologie cardiaque, au
niveau cellulaire, avec l'étude du couplage cellule
pacemaker-cellule non-pacemaker.
- L'étude de modélisation mécanique du myocarde : elle
a pour principal objectif de mieux comprendre la nature du
contrôle (en contraction ou relaxation) afin par exemple de
mieux interpréter les mesures de pression artérielle et
d'ECG, ou le rôle du SNA. Elle a conduit à
un nouveau modèle de contraction musculaire et à ses
premières utilisations.
- L'analyse descriptive du SCV et de son
contrôle par le SNA. Cela donne lieu à
plusieurs études cliniques : applications à la
physiologie du sommeil, à l'insuffisance cardiaque, à la
pharmacologie.
- Modélisation du centre de commande respiratoire.
Des méthodes d'automatique analogues sont appliquées dans
un autre domaine : la modélisation et la commande de
la fonction ovarienne.
Ce travail de M. Landau a porté sur l'étude des divers
comportements d'un système constitué d'une cellule
ventriculaire normale, couplée à une cellule pathologique
rendue ischémique par l'injection d'un courant constant I. Ce
courant correspond à un courant de fuite venant de cellules
«blessées» voisines («injury current»). Nous avons cherché à
montrer comment dans ce cadre peuvent apparaître à la fois
deux des principales pathologies électriques
cardiaques :
- L'apparition d'un foyer ectopique (FE) - un groupe de
cellules non-autorythmiques le devient, en générant un
rythme qui rentre en concurrence avec le pacemaker
physiologique du coeur.
- Le bloc unidirectionnel (BU) pour des raisons très mal
comprises, l'onde d'activation se propage à travers un
groupe de cellules dans un sens et non dans l'autre.
Aucune théorie ne rendait compte de ces deux pathologies
dans le même cadre, alors qu'elles apparaissent, en fait,
souvent toutes deux, en conséquence d'une ischémie
cardiaque.
On utilise pour modéliser le potentiel d'action cardiaque
de chaque cellule, le modèle mathématique de Van Capelle et
Durrer. Les divers comportements du système sont étudiés en
fonction de la résistance électrique de couplage R et de
courant I. Pour ce faire, on utilise les méthodes de
continuation-bifurcation associées à la simulation numérique
directe du système dans les zones de comportements
intéressants.
Quand on fait varier I, on met en évidence trois niveaux
de solutions stationnaires, correspondant à des valeurs
basses (B), moyennes (M) et hautes (H) du potentiel de repos
du système. Quatre points de retournement et deux points de
bifurcation de Hopf correspondent à des valeurs critiques de
I, délimitant différentes zones de comportement. Ainsi en
faisant croître la valeur de I, on détermine successivement
des solutions du type : B, BA, B.M.H, M.H, H correspondant à
l'existence d'une seule ou à la coexistence de deux ou trois
solutions stationnaires pour le système.
Dans la zone correspondant à des solutions de type B, pour
R petit on met en évidence deux seuils de dépolarisation bas
et haut. Ainsi une dépolarisation entre ces deux seuils de la
cellule normale conduit à un bloc de conduction, alors que la
même dépolarisation appliquée à la cellule ischémique
engendre un potentiel d'action propagée. Pour R
convenablement grand, on obtient au contraire un seuil
unique. Une dépolarisation au-dessus de ce seuil conduit à un
bloc unidirectionnel quand elle est appliquée à la cellule
ischémique et à un potentiel propagé quand elle est appliquée
à la cellule normale.
Dans les zones de coexistence de solutions stationnaires
multiples, on met en évidence des phénomènes d'hystérésis
ainsi que des phénomènes de bloc et de conduction complexes.
Avec existence de seuil unique ou multiple, suivant la valeur
de R, et inversion du sens du bloc suivant que le système se
trouve sur un niveau B, M ou H.
Des deux points de bifurcation de Hopf émergent des
branches de solutions périodiques correspondant à des foyers
ectopiques coexistant avec des solutions de type B ou M. Dans
ces zones, on trouve de nouveau, quand on dépolarise le
système à partir de la solution stationnaire, des phénomènes
de BU, avec le même type de seuil, que dans la zone B.
Toutefois la propagation correspond dans ce cas à la
convergence vers une solution périodique (FE). Dans la zone
H, les cellules sont très dépolarisées et incapables de
générer une réponse efficace.
Cette étude théorique représente une approche unifiée de
certains types de (BU) et de (FE) liés à l'ischémie
cardiaque. Une confirmation expérimentale autour de A. Bardou
de l'INSERM est à l'étude.
Modélisation mécanique du myocarde.
Participants : Julie Bestel,
Michel Sorine.
Nous avons poursuivi le travail de modélisation du
myocarde (voir la section 3.3). Le modèle de
Mirsky et Parmley (équation (9)) était apparu
inutilisable pour représenter l'élément contractile :
partant du repos,
= 0, il est
impossible en agissant seulement sur k1x et k2x de changer l'équilibre
des forces et donc de déclencher le mouvement, car
reste constant. Ce modèle n'est donc utilisable que pour les
éléments passifs parallèle et série. Pour pallier cet
inconvénient nous avions proposé l'an dernier un modèle
décrivant l'évolution de la force et de l'élasticité du
muscle en adaptant une approche proposée par Zahalak[Zah86]. L'adaptation consiste à faire
apparaître la commande dans ce modèle, c'est-à-dire le rôle
du Calcium. Cela remet en question le choix a priori
d'une loi décrivant la distribution des ponts d'union fait
par Zahalak.
Le modèle obtenu rendait bien compte du comportement
qualitatif lors de la contraction. Utilisé dans un simulateur
global du SCV, il est apparu qu'il ne rendait pas bien compte
des diverses vitesses de relaxation observables à travers des
mesures de pression endocavitaires. Nous avons résolu ce
problème en modifiant l'action de la commande sur le modèle
de muscle. Le modèle actuel d'élément contractile est
maintenant compatible avec : le modèle, au niveau
microscopique, dit du «filament glissant de Huxley» ; au
niveau macroscopique, avec les observations à l'origine du
modèle de Mirsky et Parmley ; toujours à ce niveau avec
les vitesses de contraction et de relaxation. Il s'écrit
ainsi (||+ désigne la
partie positive) [42] :
  |
(11) |
Ce système de deux équations différentielles du premier
ordre couplées décrit l'évolution de la raideur kc et de la contrainte
,
connaissant la vitesse de déformation
et une commande
u traduisant l'influence du
SNA : u >
0 provoque la contraction en augmentant la fréquence
d'attachement des ponts actine-myosine, u < 0 permet d'accélerer la
relaxation en jouant sur la fréquence de détachement des
mêmes ponts.
Ce modèle rend compte de phénomènes qualitatifs clefs : à
partir du repos (
nulle) l'activité
peut démarrer en agissant sur u (passage de 0 à une valeur strictement
positive) ; d'autre part, l'expression de la vitesse de
déformation obtenue en contraction isotonique (
=
0) est comparable aux observations expérimentales de
Hill.
Ce modèle a été incorporé dans un simulateur de circulation
sanguine en circuit fermé (circuit représenté figure 4.3.1 et constitué
de deux ventricules, quatre compartiments sanguins et des
vaisseaux) et programmé dans SCICOS. L'analyse
de son comportement est assez complexe. On la décompose en
plusieurs études :
- Étude de divers indices représentant le comportement du
coeur : indices de contractilité et de relaxation du
myocarde ; compliance équivalente lors du
remplissage ...
- Modélisation d'une pathologie : la syncope
vaso-vagale. Un patient atteint de cette maladie a un coeur
sain et une anomalie du contrôle par le
SNA ; il est sujet à des pertes de
connaissance, par exemple lors du passage de la position
couchée à la position debout. L'explication la plus largement
acceptée est la suivante : en général, le passage à
l'orthostatisme provoque la séquestration d'un volume de sang
tel que le remplissage du ventricule droit est diminué ;
en réponse à la diminution de débit qui s'ensuit il y a
réaction réflexe du système sympathique : augmentation de la
force d'éjection et de la fréquence cardiaque. Les patients
dits vagaux (présentant le syndrome de la syncope
vaso-vagale) avaient une réponse anormale des
mécano-récepteurs qui réagissent en envoyant aux centres un
ordre de levée brutale du sympathique et une stimulation du
parasympathique (vasodilatation très importante et
bradycardie), qui conduit à l'évanouissement (conséquence de
la chute de débit sanguin dans le cerveau).
L'épreuve du tilt-test est censée reproduire les conditions
de déclenchement de la syncope chez les sujets
positifs. L'implantation d'un stimulateur chez ces
patients permet, en se substituant au contrôleur naturel, de
commander le pompage à une fréquence suffisante pour assurer
un débit sanguin correct.
Notre modèle devrait servir à tester cette hypothèse ;
il faut pour cela formuler la loi de commande en boucle
fermée : caractéristiques de u(t) (amplitude, rapport cyclique
et fréquence) fonctions du volume du coeur et de la pression
dans l'aorte. Ensuite nous pourrons simuler l'évolution du
système en réponse à un changement de répartition des volumes
sanguins entre les différents compartiments.
Collaboration avec le Dr. J.C. Deharo, service de cardiologie
de l'Hôpital Sainte-Marguerite, Marseille.
Participants : Claire Médigue,
Alessandro Monti, Michel Sorine.
Sensibilité du baroréflexe :
Dans un modèle très
simple, la fréquence instantanée
(ou
plus précisément l'inverse du signal RR) est
l'entrée du SCV et la pression artérielle
Pa sa sortie. De
façon symétrique, pour le SNA, Pa est l'entrée et
la
sortie. La relation
Pa
constitue un modèle de l'«arc
baroréflexe». L'analyse d'un modèle très simple de la boucle
Pa
avait montré [Ver96] qu'elle est le siège d'un cycle limite
de basse fréquence (environ 0.1Hz pour une fréquence cardiaque de
1Hz), connu, sans que son
origine soit comprise, sous le nom d'«ondes de Mayer» ou
basse fréquence (BF). Un calcul plus précis,
utilisant une technique d'approximation d'oscillations non
linéaires avait permis de calculer la fréquence de ce cycle
et son amplitude dans
aussi bien que dans Pa. Cela avait permis de
proposer une méthode d'identification de la «sensibilité» de
l'arc baroréflexe, c'est-à-dire du gain complexe de
Pa
à la fréquence de Mayer, à partir
de mesures de l'ECG et de la pression
artérielle. Le gain dans la zone d'énergie de haute fréquence
(HF) liée à la respiration, est étudié
également depuis cette année. Ces gains constituent des
indicateurs possibles de l'état du SNA.
Le système cardio-respiratoire
peut être considéré comme un couplage, au niveau mécanique et
nerveux, de deux oscillateurs physiologiques : le
système cardiovasculaire et le système respiratoire. En
condition physiologique, les deux systèmes se coordonnent
vraisemblablement pour assurer une meilleure efficacité à
chacun d'entre eux. L'utilisation d'une technique d'analyse
harmonique, telle que la démodulation complexe, permet de
suivre l'évolution temporelle du déphasage entre l'activité
respiratoire et l'activité cardiovasculaire. En donnant des
informations sur la synchronisation entre les différents
systèmes physiologiques, les déphasages cardio-respiratoire
et vasculo-respiratoire constituent des indicateurs de l'état
du SNA.
Grâce à la possibilité du contrôle
volontaire de la respiration, en fréquence et en volume,
celle-ci est utilisée comme une sonde pour tester
l'efficacité du contrôle du système cardiovasculaire par le
système nerveux autonome. L'application des méthodes
d'analyse des signaux en fréquence et temps-fréquence permet
d'estimer les amplitudes et phases des oscillations
cardiovasculaires et la sensibilité du baroréflexe à
plusieurs fréquences respiratoires. Les changements de la
variabilité des signaux cardiovasculaires induits par les
variations de fréquence respiratoire constituent des
indicateurs supplémentaires de l'état du SNA.
- Application à la physiologie du sommeil :
Le sommeil est organisé en cycles successifs au cours de la
nuit, chaque cycle est organisé en stades, aux
caractéristiques électrophysiologiques et aux mécanismes
régulateurs différents (sommeil lent, pratiquement
déconnecté des afférences centrales, sommeil paradoxal,
siège de nombreux stimuli). On a étudié la sensibilité à
court et à long terme de l'arc baroréflexe sous un régime
respiratoire stable, en fonction des stades et des cycles.
L'organisation en stades influe de manière dissociée sur
les deux types de régulation sauf en sommeil paradoxal, où
la sensibilité globale est la plus élevée; l'organisation
en cycles n'a pas d'influence sur la sensibilité
baroréflexe alors qu'elle est très importante sur les
composants spectraux suggérant d'autres mécanismes de
contrôle du SCV sur l'ensemble de la nuit
[32]. Collaboration avec le Service des
Explorations Fonctionnelles du Pr Escourrou, Hôpital
Antoine Béclère, Clamart.
- Application à l'insuffisance cardiaque :
L'insuffisance cardiaque présente à la fois des anomalies
de l'arc baroréflexe, dont les récepteurs sont saturés par
les catécholamines et des schémas respiratoires anormaux.
On a donc étudié l'influence de la respiration volontaire
sur la sensibilité baroréflexe, en la faisant varier de
0.25 Hz à 0.15Hz; elle diminue chez les insuffisants
cardiaques (IC) alors qu'elle augmente chez les sujets
contrôles. On a également étudié l'évolution instantanée
des amplitudes et phases entre signaux cardio-vasculaires
et respiratoires; de grandes variations de phase et de
soudaines chutes d'amplitude existent chez les IC à 0.15Hz.
Ces deux analyses montrent que la respiration volontaire,
en impliquant les structures corticales, révèle une
anomalie centrale et fréquence respiratoire-dépendante de
la régulation de l'arc baroréflexe [33,34]. Collaboration avec le Dr.
Laurence Mangin, Unité INSERM 127 et service de
pharmacologie clinique, Hôpital Henri Mondor.
- Application à la pharmacologie : Le
comportement du SNA sous influence de
drogues inhibitrices a été étudié chez 14 jeunes adultes
sains. l'objectif est l'analyse de la composante
parasympathique du SNA, à travers les
relations entre le tonus vagal, reflété par le rythme
cardiaque moyen et les variations haute fréquence de ce
rythme, liées à la respiration et appelées Arythmie
Sinusale Respiratoire (ASR). On a «déconnecté»
pharmacologiquement la branche sympathique du
SNA puis injecté à doses progressives un
inhibiteur du système parasympathique. Une analyse
instantanée temps-fréquence, utilisant la transformation de
pseudo Wigner-Ville lissée a permis de suivre ces
modifications[35]. Collaboration avec le Pr. JL.
Elghozi, laboratoire de Pharmacologie, Hôpital Necker.
Participants : Daniel Claude,
Alessandro Monti.
Les approches de modélisation et de simulation ont permis
de valider des hypothèses biologiques et de proposer des
réponses à des questions auxquelles aucune expérience
électrophysiologique ni pharmacologique n'avait jusqu'alors
su répondre.
- Les mécanismes présidant à la genèse des rythmes sont
encore mal connus, et en particulier il n'est pas encore
établi si ces rythmicités résultent des propriétés
intrinsèques de certains neurones (activité
pacemaker[JHK+91]), ou si elles constituent une
propriété du réseau du tronc cérébral (activité de
réseau[UKJB94]). Le modèle suppose que l'activité
périodique neuronale ne puisse pas émerger de l'activité du
réseau et qu'il est donc nécessaire d'inclure des neurones
pacemakers à l'intérieur du rhombomère pour créer une
activité périodique conforme aux caractéristiques observées
expérimentalement.
- Le rôle coordonnateur à long terme de l'action
neuromodulatrice à l'intérieur du rhombomère a été suggéré,
mais aucune expérience physiologique n'a pu encore le
mettre en évidence. Le modèle propose l'existence d'une
action de coordination à long terme (action
neuromodulatrice ) et à court terme (action Glu-ergique
excitatrice) étendue à tous les neurones qui constituent le
rhombomère et ainsi qu'entre les différents
rhombomères.
- Associées à deux modes de décharges distincts,
plusieurs observations électrophysiologiques ont permis de
distinguer deux sous-populations neuronales au sein du
réseau. Les neurones dits de type I et II ont les mêmes
propriétés électrophysiologiques et se déchargent en phase
avec les nerfs moteurs.
Les neurones dits de type III se déchargent en
opposition de phase avec les nerfs moteurs. Le modèle
propose que la différenciation entre neurones de type I
et II, et neurones de type III, ainsi que la similarité
entre neurones de type I et neurones de type II sont deux
aspects indispensables au fonctionnement physiologique du
réseau embryonnaire.
- A la suite de différentes expériences en laboratoire,
l'hypothèse de l'existence concomittante d'unités
«co-activatrices» et d'unités «génératrices» à l'intérieur
du simple rhombomère avait été avancée[CF97]. Le modèle reprend cette structure
dans laquelle les neurones de type I et II sont les unités
«co-activatrices» responsables de l'activité coordonnée
entre les différents rhombomères. Les neurones de type III
correspondent aux unités «génératrices» qui diffèrent entre
rhombomères par le nombre de leurs récepteurs
Gaba-ergiques, ce qui conduit à une activité intrinsèque
différente pour chaque segment du réseau
rhombomérique.
Ce thème de recherche a abouti au développement d'un
modèle de rhombomère à même de reproduire les principales
caractéristiques physiologiques établies à la suite de
plusieurs expériences électrophysiologiques et
pharmacologiques. L'approche de modélisation et de simulation
a permis de proposer des modes de connexions entre les
différents rhombomères et représent un modèle possible du
fonctionnement de la commande nerveuse de la respiration
automatique adulte.
Participants : Catherine Bonnet,
Jonathan Partington, Michel Sorine.
L'algorithme de «Matching Pursuit» introduit dans
[SZ93] permet la reconstruction d'un élément
f d'un espace de Hilbert
H à partir d'un ensemble
fixé de vecteurs (un dictionnaire de vecteurs normalisés
{g
,
A} où A est en général fini mais ce n'est pas
nécessaire). Cet algorithme a la propriété de pouvoir
fonctionner avec un petit nombre de données; il a été utilisé
avec succès dans des problèmes de traitement de signal ou
d'images pour lesquels il s'agit d'extraire l'information
significative d'un grand nombre de données.
Nous avons proposé une version relaxée de cet algorithme
(qui conduit à une convergence plus rapide dans certains cas)
ainsi qu'une version vectorielle et l'avons appliquée à la
reconstruction de signaux Vecto-cardiographiques à partir de
fichiers de données fournis par L. Mangin (3 vecteurs de
R3 obtenus en
plaçant trois dérivations sur le patient).
Modélisation et commande de la fonction ovarienne
Participants : Daniel Claude,
Frédérique Clément.
Un modèle mathématique du contrôle de la dynamique de
production d'AMPc par les cellules de granulosa, en réponse à
FSH, a été développé [77]. C'est une étape dans la
compréhension du mécanisme d'action de cette hormone majeure
de régulation de la fonction ovarienne. La capacité des
cellules de la granulosa à produire de l'AMP cyclique (AMPc)
en réponse à FSH augmente progressivement au cours du
développement folliculaire terminal. Le contrôle de la
concentration intracellulaire en AMPc implique à la fois des
processus biochimiques survenant à une échelle de temps de la
seconde ou de la minute (liaison ligand/récepteur,
désensibilisation, internalisation), et des processus
physiologiques plus lents (s'étalant sur un à plusieurs
jours), qui se ramènent principalement à une modification de
l'efficacité de couplage entre la stimulation des récepteurs
par FSH et l'activation de l'enzyme adenylate cyclase
synthétisant l'AMPc. Tout en décrivant l'évolution temporelle
des concentrations moyennes en espèces membranaires
(récepteurs libres, liés à FSH sous forme active ou
phosphorylée, adenylate cyclase), le modèle est centré sur
l'étude de la teneur intracellulaire en AMPc qui résulte des
interactions entre les dynamiques lentes et rapides.
l'exposition à un stimulus constant en FSH conduit la
concentration en AMPc à une valeur d'équilibre stable. Le
comportement transitoire de la teneur en AMPc, ainsi que le
délai nécessaire pour se rapprocher de l'équilibre, varient
en fonction des valeurs affectées aux paramètres du modèle,
qui ont une signification biologique directe. Une réponse
inadaptée des cellules de la granulosa vis-à-vis de FSH
pouvant avoir des répercussions dramatiques sur le
développement folliculaire, un modèle réaliste caractérisant
à la fois la transduction physiologique et pathologique du
signal FSH devrait se révéler très utile pour simuler de
nouvelles approches thérapeutiques.
Ce travail est mené dans le cadre du programme de recherche
«Automatique, Biologie et Santé, Modélisation et commande des
régulations biologiques».