Sous-sections
Participants : Fabien Campillo,
Lorie Dudoignon.
Mots clés : processus de Markov,
modèle de Markov caché, protéine, structure secondaire des
protéines .
En phylogénie, il s'agit d'étudier comment le vivant a
évolué pour aboutir aux espèces que nous connaissons
aujourd'hui. Sous l'hypothèse d'évolution divergente à partir
d'un ancêtre commun, on peut représenter l'histoire évolutive
sous forme d'arbre phylogénétique. Le problème que nous nous
posons est comment reconstruire cet arbre, en utilisant comme
information ce que nous connaissons du monde vivant actuel.
Pour cela, il existe plusieurs méthodes. Celle qui a retenu
notre attention est la méthode du maximum de
vraisemblance[Fel81]. On distingue en phylogénie deux sortes
d'approches. La première, dite classique, utilise comme
données des caractéristiques morphologiques, physiologiques,
comportementales... La seconde, dite moléculaire, utilise des
séquences de gènes (ADN ou protéines).
Nous nous plaÇons dans la seconde approche. Les données
que nous utilisons sont des séquences de protéines.
Nous nous intéressons donc, à la modélisation du processus
d'évolution des séquences protéiques. Cette modélisation peut
être séparée en deux parties. La première consiste à décrire
l'évolution au niveau d'un site, i.e d'une position, dans la
séquence. Pour cela, on utilise des processus de Markov. La
deuxième consiste à représenter l'évolution sur l'ensemble de
la séquence. Cet aspect est souvent occulté, en considérant,
que tous les sites d'une même séquence suivent le même
processus d'évolution et ce, de manière indépendante.
Les modèles que nous avons étudiés considèrent que tous
les sites d'une même séquence ne suivent pas le même
processus d'évolution, et que des sites voisins dans la
séquence n'évoluent pas de manière indépendante et ce, via
des modèles de Markov cachés.
Ces modèles de Markov cachés permettent de tenir compte de
la structure des protéines, chaque état caché correspondant à
une catégorie de structure secondaire. L'intérêt de ces
modèles réside dans le fait que la fonction d'une protéine
est en étroite relation avec la structure de la molécule,
structure qui est beaucoup plus conservée que sa
séquence[TGJ96] [GTJ98]. Nous nous sommes ensuite penchés sur
la comparaison des modèles, afin de voir si le fait de tenir
compte de la structure secondaire pouvait améliorer, ou non,
l'adéquation aux données.
Mots clés : Protéine, phylogénie,
chaîne de Markov, alignement multiple .
Participant : Bruno
Torrésani.
Partant d'un alignement multiple de séquences de
protéines, on s'intéresse au comportement de familles de
matrices de transition obtenues en comparant les séquences
deux à deux. L'objectif est de tester la qualité de la
description donnée de l'alignement multiple par un modèle
Markovien sur un arbre, et de cibler et décrire les écarts
à de tels modèles.
Il s'agit d'une collaboration avec : A. Grossmann, C.
Devauchelle, A. Hénaut, J.L. Risler (Génome et
Informatique, Versailles), M. Holschneider (Géosciences
Rennes), M. Monnerot (CGM Gif sur Yvette).
La comparaison de séquences génétiques est souvent
effectuée à partir de séquences « alignées » (c'est à dire
dans lesquelles on a mis face à face les états -- les
nucléotides dans le cas des ADN et ARN, et les acides aminés
dans le cas des protéines -- censés se correspondre). Nous
avons développé une méthode de comparaison systématique de
séquences protéiques dans un contexte d'évolution. En
supposant les sites indépendants et identiquement distribués
(hypothèses probablement simplistes mais classiques, et
relativement « honnêtes » si le jeu de données étudiées est
correctement choisi), on fait généralement l'hypothèse que
les mutations ponctuelles sont gouvernées par une évolution
Markovienne réversible à temps continu. Le problème est
généralement d'estimer les paramètres du modèle, et de tester
l'adéquation de ce dernier aux données considérées
Partant d'un alignement multiple, on considère tous les
sous-alignements deux à deux de séquences satisfaisant une
condition (de nature algébrique) de proximité. A chacun de
ces alignements deux à deux est associé une matrice de
transition, dont on considère le logarithme (dont l'existence
est assurée par la condition de proximité). Le point central
est la comparaison des logarithmes de toutes les matrices
ainsi obtenues, et leur confrontation à la prédiction du
modèle. Cette comparaison est effectuée en utilisant des
techniques classiques d'algèbre linéaire et de traitement des
données. Dans le cas où le modèle donne une description
acceptable des données, on obtient alors des estimations des
« âges » des alignements, c'est à dire du temps écoulé depuis
que deux séquences considérées ont divergé. Les « âges »
ainsi obtenus sont généralement très proches de distances
d'arbres (c'est à dire, satisfont de façon approximative la
condition de Bünemann), de sorte qu'ils permettent la
construction d'arbres phylogénétiques.
Les techniques développées ont été testées sur plusieurs
familles de séquences (globines, génome mitochondrial...).
Dans le cas des génomes mitochondriaux, elles permettent en
particulier de montrer que différentes familles d'espèces
(par exemple, vertébrés et mollusques) ne peuvent pas être
décrites par le même modèle évolutif.
Analyse du transcriptome
Mots clés : Puce à ADN, analyse
multifactorielle .
Participants : Bruno Torrésani,
Marie-Christine Roubaud.
Les techniques basées sur des « puces à ADN » permettent
une mesure indirecte de l'expression de gènes sélectionnés,
dans des conditions données. L'analyse statistique des
résultats expérimentaux reste toutefois très spéculative
compte tenu de la grande variabilité des techniques
existantes, des conditions expérimentales et des familles
de gènes explorées. On s'intéresse à l'analyse de données
obtenues sur des supports de type « membrane nylon » avec
des marqueurs radioactifs. L'utilisation de techniques
classiques d'analyse de données (analyse multifactorielle,
classification) permet entre autres d'obtenir des
renseignements sur les covariations de certaines familles
de gènes. On espère ainsi obtenir de façon indirecte des
informations sur les interactions entre gènes et la
régulation.
Il s'agit d'une collaboration avec : P. Chiappetta (CPT
Marseille), R. Houlgatte (CIML Marseille).
Les techniques d'analyse du transcriptome permettent de
mesurer indirectement l'expression des gènes, c'est à dire
très grossièrement l'efficacité de la transcription gène
protéine dans des conditions données. On fonde de grands
espoirs sur l'analyse des résultats expérimentaux obtenus sur
les puces à ADN, qui pourraient permettre d'inférer les
processus d'interactions entre gènes.
Nous travaillons actuellement sur des jeux de données
fournies par le Centre d'Immunologie de Marseille, portant
sur l'expression d'environ 160 gènes répertoriés, dans des
conditions données (cellules cancéreuses, avec des
pathologies comparables). Les données sont des données «
statiques », de sorte qu'aucune étude dynamique n'est a
priori envisageable.
Les premiers résultats permettent de mettre en évidence
des co-variations significatives de certaines familles de
gènes. On observe en particulier des sous-familles de gènes
dont les niveaux d'expression sont liés par une relation
manifestement linéaire (ce qui est mis en évidence par des
techniques standard de corrélation). D'autres sous familles
sont en revanche significativement liées par des relations
manifestement non-linéaires, qui ont dans un (petit) nombre
de cas été mises en relation avec des processus
biologiques.
Les familles de gènes mises en évidence par ces approches
semblent être confirmées par l'utilisation de méthodes de
classification (arbres et amas) ; ces résultats sont
toutefois très préliminaires.
Participant : Enrico
Formenti.
Collaborateurs extérieurs : Bruno Durand (LMI/Université
de Provence) et Brigitte Mossé (IML/Université de
Provence).
La classification fonctionnelle du code génétique est la
continuation naturelle de l'énorme effort de séquenÇage du
génome humain qui vient de s'achever. Pour cela, les
chercheurs ont introduit plusieurs méthodes afin
d'automatiser le travail des annotateurs (chaînes de Markov,
réseaux de neurones etc). Mais leurs faibles performances
laissent encore beaucoup de marge à de meilleures
solutions.
En collaboration avec B. Durand, je cherche à donner à ce
domaine une vision algorithmique du problème à l'aide de la
complexité de Kolmogorov.
En effet, cette dernière est un outil très puissant pour
l'analyse de suites de mots infinis et formalise exactement
la notion de suite aléatoire. Il est clair qu'elle se prête
bien à améliorer les algorithmes probabilistes existants, car
elle permet de mieux prendre en compte, lors de la
reconnaissance de portions d'ADN codantes, tous les critères
algorithmiques possibles.
Un stage a permis de mettre « en pratique » ces idées en
réalisant un programme de classification des parties codantes
qui utilise une approche mixte « chaînes de Markov-complexité
de Kolmogorov ». Les premiers résultats sont encourageants et
permettent d'avoir un plus petit nombre d'états cachés par
rapport aux approches classiques utilisant uniquement les
chaînes de Markov (donc un gain en temps de calcul). De plus,
les taux de succès sont parfaitement comparables à ceux des
programmes utilisés couramment.
Le fait que, pour l'instant seulement un petit nombre de
critères algorithmiques a été pris en compte, laisse espérer
de meilleurs résultats.
Un aspect de la bio-informatique auquel je me suis
intéressé est l'évolution. Les organismes évoluent lentement,
génération après génération. Leur évolution laisse des traces
dans leur code génétique. En collaboration avec Brigitte
Mossé, mes recherches essayent de formaliser ce processus à
l'aide des systèmes dynamiques symboliques. Dans ce cadre les
questions qui viennent à l'esprit sont :
- existe-t-il un ensemble attracteur ? Si oui, est il
commun à plusieurs individus ou espèces différents ?
- Y a-t-il des macro-structures qui gouvernent la
dynamique de l'évolution ?
La première étape consiste en la définition d'un espace
topologique bien adapté dans lequel les mutations sont vues
comme des systèmes dynamiques.
Une partie des propriétés topologiques de cet espace a été
étudiée par G. Varouchas lors d'un stage de MIM1 (Magistère
d'Informatique et Modélisation) de l'ENS Lyon que j'ai
encadré. A présent, nous sommes en train d'étudier les
propriétés des mutations, mais nous ne sommes pas encore en
mesure d'en tirer des résultats généraux.