Sous-sections
Mots clés : compression, codage et
décodage robustes, contrÔle de congestion, descriptions
multiples, scalabilité, transformations en ondelettes,
multi-ondelettes, transformations par bases de fonctions
redondantes, quantification, théorie débit-distorsion,
régulation, progressivité, codes correcteurs, modélisation
stochastique, estimation Bayesienne, inférence probabiliste,
propagation de croyance, principe turbo, modèles de canal,
Internet, mobilité, qualité de service .
Résumé :
Les travaux ont porté sur le codage à bas débit basé
d'une part sur une représentation par régions de la vidéo
et basé d'autre part sur un modèle 3D de la
scène. Nous avons par ailleurs développé un algorithme de
codage robuste et de codage conjoint adapté à une
transmission du signal vidéo sur l'Internet avec pertes de
paquets. Ces mécanismes ont été développés d'abord dans un
cadre de transmission point-à-point (unicast) puis étendus à une transmission
multi-point (multicast)
caractérisée par une hétérogénité des canaux de
transmission. Afin d'adapter le signal vidéo aux
caractéristiques du canal, nous avons développé des modèles
de prédiction de bande passante et des modèles de
régulation du débit des données à transmettre, qui tiennent
compte des contraintes en termes de délais caractérisant
des signaux multimédia temps-réel. Dans le domaine des
communications sur des liens sans fils, en collaboration
avec le projet SIGMA2, une modélisation sous forme
d'automate stochastique d'un codeur statistique a permis de
développer un algorithme de décodage robuste de codes à
longueurs variables. Le décodage repose sur des techniques
d'estimation Bayesienne. Un décodeur conjoint source-canal,
mettant en oeuvre le principe turbo (ou de propagation de
croyance) et les techniques d'estimation Bayesienne, a
aussi été testé sur des sources théoriques de
Gauss-Markov.
Participants : Dubhe
Chavira-Martinez, Franck Galpin, Luce Morin, Stéphane
Pateux.
Nous avons développé un schéma de compression de signaux
vidéo basé sur une modélisation 3D de la
scène. Ce schéma est destiné à coder à bas débit des scènes
fixes telles que le fond fixe (ou l'image panoramique). Le
schéma développé suit une structure I-P-B
(Intra-Prédit-Bidirectionnel) classique. La séquence vidéo
est représentée par un ensemble d'images clés codées en mode
I, par un ensemble de modèles 3D valides entre
2 images-clés, et par une suite des positions de la caméra
[23]. Une image intermédiaire entre 2
images-clés est reconstruite par projection du modèle
3D texturé par une image-clé, sur le point de
vue de la caméra. L'information correspondante peut être soit
transmise (images de type P) ou interpolée (images de type
B). Les informations à transmettre (modèles
3D, positions caméra) sont issues de l'analyse
automatique de la séquence présentée dans la section 6.1.2. Une
comparaison quantitative (mesure de PSNR) et qualitative
(qualité visuelle subjective) avec des schémas de codage
normalisés (MPEG et H.263+), sur des séquences
réelles d'intérieur et d'extérieur, a montré la validité de
cette approche pour des débits de l'ordre de 100 kbit/s
(format CIF) (voir figure 9). Noter que cette
approche permet, par rapport aux schémas normalisés, de
reconstruire d'autres points de vue de la scène.
Figure 9: Codage par modèles
3D: comparaison avec
MPEG-2; Au même débit notre codeur donne
un PSNR similaire mais une qualité visuelle supérieure
et des fonctionalités de navigation dans la scène.
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Codage robuste et scalable, et régulation de débit
associée
Participants : Christine
Guillemot, Reda Hosny, Fabrice Le Léannec, JérÔme
Viéron.
L'algorithme adaptatif de choix de modes de codage (intra
ou inter), développé en 1999, a été enrichi de modèles
débit-distorsion fiables des performances de la
quantification. Ces modèles permettent une régulation fine du
débit et un compromis optimum entre les performances en
compression et la résistance aux pertes de paquets, dans un
cadre de codage vidéo à base de prédiction temporelle
(MPEG ou H.26x) [35].
L'algorithme a été étendu à un mode de représentation
scalable (scalabilité de type SNR, c'est-à-dire en rapport
signal à bruit) ou multi-niveaux des signaux vidéo [36]. En
plus de la distorsion due à la quantification et de la
distorsion induite par le canal sur chaque niveau de
scalabilité, il tient compte des dépendances entre les
niveaux de scalabilité et de l'effet de propagation des
pertes inter-niveaux. Une technique de dissimulation des
pertes a en outre été développée afin de minimiser l'impact
de la propagation des pertes entre les niveaux de
scalabilité.
L'optimisation de la qualité de service passe aussi par
l'adaptation dynamique du débit des signaux compressés à la
bande passante du réseau de transmission. Les réseaux de
transmission à qualité de service non garantie sont en effet
non stationnaires et caractérisés par des variations de bande
passante, de taux de pertes, et de délais. Il est donc
nécessaire de mettre en place dans les schémas de codage des
modèles de prédiction de bande passante et de régulation du
débit des signaux transmis. Les approches de contrÔle de
débit (ou de congestion) publiées à ce jour ne tiennent pas
compte des caractéristiques débit-distorsion des signaux et
de leur contrainte de délai. Un modèle de régulation de débit
qui s'adapte à la fois aux modèles débit-distorsion des
signaux compressés, à leur contrainte de délai maximum, et à
divers modèles de prédiction de la bande passante disponible
sur le réseau, a été développé. Cette étude a permis
également de révéler certaines faiblesses dans les approches
de prédiction de bande passante dites
« TCP-compatible » publiées à ce jour (estimation
du processus de pertes, hypothèse sur la taille fixe des
paquets non valide pour des signaux vidéo). Ce modèle de
régulation de débit a d'abord été validé dans un cadre de
transmission point-à-point.
Dans un contexte de transmission multi-point, un contrÔle
de congestion (ou de débit) réactif et précis peut exiger un
nombre élevé de niveaux de scalabilité, aboutissant à des
performances de compression moindres. Ce problème peut être
contourné en adaptant dynamiquement le débit de chaque niveau
de scalabilité sous contrainte d'un débit global constant.
Dans notre approche, cette adaptation dynamique du débit est
réalisée par une optimisation débit-distorsion conjointe des
paramètres de quantification et des modes de codage, associée
à un modèle de régulation hybride émetteur-récepteur
[36]. Le modèle de régulation hybride est
associé à un mécanisme de classification (ou de clustering). La classification repose sur des
métriques relatives aux taux de pertes ou aux délais perÇus
par les différents récepteurs de la liaison multi-point et
permet de mettre en place une prédiction de bande passante
par groupe de récepteurs. Le mécanisme de classification a
été développé par le projet PLANETE. Le modèle de prédiction
de bande passante repose sur des principes dits de
« TCP-compatibilité », en d'autres termes sur des
équations modélisant le trafic des connexions TCP, afin
d'obtenir un partage équitable de la bande passante du réseau
entre les données multimédia et les applications
téléinformatiques. Cette approche s'inspirant des concepts de
réseaux actifs permet d'adapter, de manière dynamique et avec
une granularité suffisamment fine, le débit reÇu par chacun
des récepteurs aux conditions de transmission qu'il perÇoit.
L'approche permet ainsi une utilisation optimale de la bande
passante pour l'ensemble des récepteurs de la session
multi-point.
Les algorithmes ci-dessus sont aussi étudiés dans un
environnement de différenciation de services. En particulier,
un mécanisme de marquage sémantique des données contenues
dans un flux vidéo compressé est étudié afin de garantir un
traitement différencié de ces données au niveau des
mécanismes de gestion des files d'attente à l'étude pour une
évolution de l'Internet vers une offre de services
différenciés.
Allocation de débit conjointe source/canal pour transmission
vidéo sur Internet
Participants : Bilal Elali,
Christine Guillemot, Xavier Hénocq.
Les techniques de contrÔle de congestion et de codage
robuste permettent d'adapter les flux vidéo transmis aux
caractéristiques du réseau, et ceci afin de contribuer à
l'amélioration de la qualité de la transmission et de
minimiser l'impact des erreurs ou des pertes sur la qualité
du signal reconstruit. Néanmoins, il s'avère souvent
nécessaire de faire appel à des techniques complémentaires de
correction de pertes, afin d'accroître la qualité apparente
de la transmission. Le problème posé est alors le partage de
la bande passante prédite entre le débit utile (des données
vidéo) et le débit de redondance. Nous avons développé un
mécanisme d'allocation de débit conjoint source-canal :
connaissant la probabilité effective des pertes après
décodage, la répartition de débit entre la source et la
redondance (ou codage de canal) est réalisée de manière à
minimiser la distorsion globale (source+canal) [14].
Cet algorithme vient conditionner les taux de rendements des
codes correcteurs d'erreurs utilisés et contrÔler la
corrélation à introduire ou à maintenir au niveau de la
représentation compressée des données vidéo. Cette
optimisation globale de la chaîne de communication, incluant
codage de source et codage de canal, avec une protection
inégale des différentes portions de flux vidéo, permet un
gain en terme de qualité (PSNR) du signal
reconstruit. Cet algorithme a été étendu à un mode de
représentation scalable des signaux vidéo et adapté au
contrÔle de congestion hybride émetteur/récepteurs associé au
mécanisme de classification évoqué ci-dessus [29].
Décodage conjoint source-canal
Participants : Christine
Guillemot, Francisco Garcia-Ugalde.
Cette étude est menée en collaboration avec le projet
SIGMA2 (Éric Fabre). Les objectifs de forte compression
conduisent à l'utilisation de codes statistiques à longueurs
variables. Ces codes sont très sensibles au bruit, une erreur
pouvant entraîner une dé-synchronisation du décodeur. Une
modélisation sous forme d'automates stochastiques des codeurs
à longueurs variables a permis de construire un algorithme de
décodage robuste de codes à longueurs variables (codes
d'Huffman) et de codes à longueurs variables réversibles
(RVLC). Le décodage basé sur une estimation Bayesienne permet
de réduire fortement les taux d'erreurs symboles et
d'accroître la capacité de resynchronisation du décodeur
mesurée à l'aide de la distance de Levenshtein
. La modélisation
sous forme de chaînes de Markov des dépendances entre les
symboles de source d'une part, et entre les bits de la
séquence codée par le code à longueur variable d'autre part,
fournit un cadre naturel à l'introduction de petits mots de
synchronisation permettant une synchronisation
« douce » du décodeur. Par rapport à des codes
auto-synchronisants, ces mots de synchronisation ne doivent
pas vérifier les conditions de préfixe des codes à longueurs
variables et présentent donc une redondance moindre.
L'application du principe turbo (ou de propagation de
croyance) entre le décodeur de codes à longueurs variables et
le décodeur de canal utilisés en alternance selon une
structure série a permis d'atteindre des taux d'erreurs
symboles très faibles pour des taux d'erreurs bits au niveau
du canal de l'ordre de
5 x 10-2. Les
algorithmes ont été testés sur des sources de Gauss-Markov.
L'intégration de ces décodeurs au sein d'un décodeur vidéo
est en cours afin de valider les approches sur des signaux
réels.
Codage conjoint source-canal
Participants : Zhikui Chen,
Christine Guillemot, Thomas Guionnet, Xavier Hénocq, Stéphane
Pateux, Gagan Rath.
Les communications sans fil sont caractérisées par des
transmissions fortement bruitées avec des erreurs ponctuelles
ou en rafales. L'approche classique qui consiste à considérer
les deux problèmes du codage de source et de la protection
(codage de canal) de manière séparée et à mettre en cascade
le codeur de source, conÇu pour un canal sans perte, avec des
codes correcteurs d'erreurs (ex: codes convolutionnels, turbo
codes, correction par anticipation, ...) s'avère
sous-optimale. Malgré les bonnes performances des codes
correcteurs d'erreurs, les contraintes d'un système réel
(complexité, délai de décodage,...) conduisent à des taux
d'erreurs résiduels non négligeables. Il est donc apparu
nécessaire d'optimiser les deux opérations de codage (source
et canal) conjointement.
Les opérateurs de compression ont été conÇus à ce jour de
manière d'une part à décorréler le signal (transformations)
et d'autre part à optimiser les performances débit-distorsion
de quantification. Le codage de canal a pour objectif l'ajout
de redondance dans le train binaire transmis sur le réseau
afin de pouvoir corriger les erreurs de transmission. Dans le
modèle utilisant des codes correcteurs associés aux flux
vidéo transmis, les performances du système de communication
peuvent aussi être améliorées par la mise en place de
techniques de décodage conjoint source-canal où une
connaissance a priori des statistiques de la source
est exploitée au niveau du décodage de canal (voir section
6.2.4). Il
est aussi possible d'introduire de la redondance directement
dans le flux compressé, en concevant des codeurs de source
qui puissent s'adapter à des caractéristiques et modèles du
canal variant dans le temps. On peut par exemple concevoir
des transformations et des quantificateurs maintenant une
quantité « contrÔlée » de corrélation ou
d'informations redondantes. Cette idée est à l'origine des
méthodes de codage par descriptions multiples et des
transformations redondantes (comme par exemple les bancs de
filtres sur-échantillonnés, ou les transformées
multi-ondelettes). Noter que le codage par descriptions
multiples est une extension du codage avec critère de
fidélité, suivant la théorie débit distorsion, au cas
multi-canal.
Nous avons étudié les principes de codage par descriptions
multiples, en considérant d'une part les transformées
multi-ondelettes et d'autre part la quantification
redondante. Pour répondre à des objectifs supplémentaires de
transmission progressive des signaux à des fins d'adaptation
du débit aux caractéristiques variables du canal de
transmission, nous avons mis en place un schéma de codage
d'images fixes à descriptions multiples qui s'inspire des
concepts de progressivité de JPEG2000. Nous avons également
démarré une étude consistant à transposer certains concepts
de la théorie des codes correcteurs au niveau des
transformations multi-résolutions utilisées dans les schémas
de compression.
Régulation de débit pour la transmission d'images
satellitaires sur canal à débit fixe
Participants : Delphine Le Guen,
Stéphane Pateux, Claude Labit.
Nous avons mis en place un schéma de régulation locale
basé sur une transformée en ondelettes de l'image, une
classification automatique de ces coefficients d'ondelettes
et une transmission progressive de l'information. Notre
technique permet d'améliorer la qualité locale sur l'image en
faisant en sorte que les zones d'intérêt, définies via la
classification, soient codées en priorité. Pour ce faire,
nous avons développé une méthode de pondération optimale des
coefficients d'ondelettes, pondération qui intervient
préalablement à un codage de type EZW (embedded Zerotree Wavelet). Les poids,
appliqués aux coefficients d'ondelettes, dépendent des
filtres de synthèse utilisés lors de la transformation en
ondelettes et de l'appartenance ou non du coefficient à une
zone d'intérêt. Ces zones d'intérêt sont mises en évidence en
intégrant la gêne effective liée à l'apparition de deux
artéfacts caractéristiques d'un codage basé ondelettes. Nous
définissons de ce fait deux zones d'intérêt, l'une relative
aux zones de fortes transition et l'autre relative aux zones
uniformes. Les résultats obtenus sur l'image Gênes sont
illustrés sur les figures 10 et 11. La carte de classification
présente les zones de fortes transitions en gris et les zones
uniformes en noir. Pour un taux de compression de 6, nous
comparons nos résultats à ceux obtenus par l'algorithme EZW
sans classification. Les images reconstruites sont
visualisées après zoom et égalisation d'histogramme. Nous
pouvons remarquer une atténuation des rebonds sur les digues
ainsi que sur la piste d'atterrissage (bas de l'image).
Figure 10: Gênes : image originale
SPOT5 (Cnes) (2000x800) et
carte d'étiquettes
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Figure 11: Technique de codage EZW
standard et codage de type EZW classifié pour un taux
de 6, sur une zone particulière de l'image
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