Sous-sections
Mots clés : mouvement, champs denses,
disparité, segmentation, suivi temporel, triangulation,
maillages 2D et 3D, maillages actifs, maillages
hiérarchiques, contour actif, cartes de profondeur, géométrie
projective, modèles par facettes, réalité augmentée, ombrage,
modèles d'illumination, image mosaïque .
Résumé :
Les travaux de l'année ont porté sur le développement
d'une technique de suivi temporel d'objets segmentés.
L'algorithme repose sur une projection arrière et basé
mouvement d'une segmentation spatiale initiale. Il permet
une bonne localisation des frontières des objets et le
suivi d'objets déformables. Une représentation par
maillages triangulaires hiérarchiques et adaptatifs
associée à une représentation progressive du mouvement a
conduit au développement d'un codeur vidéo scalable
permettant d'adapter le signal vidéo compressé aux
capacités du réseau ou des terminaux. Pour répondre à des
besoins de navigation dans une scène, au travers d'un
réseau de télécommunications, nous avons en outre développé
un schéma global de reconstruction et de représentation
d'une séquence vidéo par un ensemble de modèles
3D. La représentation par modèles
3D permet la reconstruction de vues
intermédiaires. Dans cette étude nous considérons des
grandes scènes complexes et de longues séquences d'images,
dont l'acquisition est faite par une caméra unique et
mobile. Une autre spécificité de l'étude repose sur le fait
que nous ne disposons pas d'information a priori sur le
contenu de la scène, ni sur les paramètres de calibration
de la caméra.
Segmentation et suivi temporel d'objets vidéo
Participant : Stéphane
Pateux.
Dans le cadre du projet RNRT OSIAM, des techniques de
suivi d'objets vidéo ont été développées, permettant de
répondre aux besoins d'applications diverses (codage
MPEG-4, surveillance, ...). Les objets suivis
peuvent être quelconques et déformables. La technique
proposée consiste dans un premier temps à effectuer une
segmentation spatiale de chaque image. Une des approches
possibles de segmentation spatiale consiste à exploiter
l'information de couleur [42]. Une projection arrière de la segmentation
spatiale obtenue sur un masque de référence permet de trouver
à quel objet (défini par le masque de référence) appartient
cette région [43]. La projection tient compte du
mouvement de la région. Cette technique permet une bonne
localisation des frontières des objets suivis, et un
traitement aisé des objets déformables qui sont généralement
difficiles à suivre. Par ailleurs la complexité de
l'algorithme permet d'envisager des techniques rapides de
suivi. Diverses améliorations de cet algorithme de suivi ont
été apportées afin de palier les problèmes de segmentation
spatiale ou bien encore d'occultations entre objets. Une
technique de redécoupage spatial des régions a été développée
afin d'identifier et de traiter les zones à problèmes (par
exemple où se produisent des occultations). L'algorithme
obtenu permet de suivre automatiquement et de faÇon efficace
des objets présents dans une scène et définis préalablement,
par segmentation spatiale.
Modélisation 3D par analyse de séquences vidéo
monoculaires
Participants : Franck Galpin,
Luce Morin, Philippe Robert.
Les approches de modélisation, basées sur la mise en
correspondance de points de vue distants dans les séquences,
reposent sur des techniques d'estimation de champs denses de
mouvement respectant la contrainte épipolaire. Cette dernière
est identifiée par l'extraction de points singuliers, suivie
d'une mise en correspondance et d'une estimation robuste de
la matrice fondamentale codant la géométrie projective. La
scène observée peut alors être approximée par un ensemble de
régions planes à partir d'un maillage initial arbitraire, de
telle sorte que par exemple les facettes correspondent à un
même modèle homographique de mouvement. La scène peut aussi
être décrite par une ou plusieurs mosaïques (planaires,
cylindriques, sphériques,...) auxquelles peuvent être
associées des informations de profondeur.
La reconstruction 3D est très sensible aux
erreurs de mesure dans l'image. Nous avons donc dans un
premier temps cherché à améliorer l'estimation du champ de
disparité. Nous avons comparé deux méthodes, l'une basée sur
l'estimation d'un flot optique contraint par la géométrie
épipolaire, l'autre basée sur un modèle de mouvement affine
par maillage triangulaire (voir section 6.1.3). La première
méthode s'avère plus adaptée aux scènes naturelles, la
seconde plus adaptée aux scènes de type polyédrique. Nous
avons ensuite développé un schéma global de
reconstruction-représentation d'une séquence par création
d'un ensemble de modèles 3D. L'originalité de
l'approche est de ne pas reconstruire un modèle
3D unique de la scène, mais une suite de
modèles 3D indépendants liés par des points de
vue communs (images clés) [25], [23]. Ce schéma génère un flux séquentiel de
modèles VRML pouvant facilement être transmis sur un réseau
en vue d'une navigation à distance dans la scène. Le choix
des images clés est crucial pour la qualité des modèles
reconstruits. Nous avons défini un critère de sélection des
images clés basé sur deux types de mesures : d'une part
l'amplitude du mouvement apparent entre deux images clés,
d'autre part la cohérence entre le mouvement estimé de la
caméra et les images initiales. Une interface de navigation a
été développée pour tester ce schéma (voir figure 5). Elle permet de
rejouer la séquence initiale par enchaînement des modèles ou
de spécifier un trajet virtuel et de construire la séquence
correspondante.
Figure 5: Modélisation
3D par analyse de séquences
monoculaires: Interface de navigation. (a) vues du
modèle 3D et de la caméra virtuelle; (b)
image virtuelle générée par la caméra.
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Représentation par maillages hiérarchiques
adaptatifs
Participants : Claude Labit,
Gwenaëlle Marquant, Stéphane Pateux.
L'objectif de cette étude est de représenter les objets
d'une séquence vidéo par un ensemble de maillages
hiérarchiques adaptatifs. Le maillage des objets est optimisé
en terme de performance débit-distorsion. Cette année nous
avons plus particulièrement travaillé sur la représentation
par maillages triangulaires scalables pour des applications
de codage et de communication à des débits et qualités
variables [40]. Dans le prolongement de travaux
effectués en mode de codage intra image, nous avons étendu
certaines notions au codage inter image. Afin d'estimer le
mouvement entre deux images successives d'une séquence, nous
avons mis en oeuvre une approche combinant les maillages
hiérarchiques et les représentations multi-résolutions. Ceci
permet, avec un maillage grossier et une image sous
échantillonnée, d'estimer d'abord les mouvements dominants
présents dans la scène, avant de les raffiner à l'aide de
niveaux de hiérarchie plus fins. L'approche que nous avons
adoptée optimise le mouvement pour chaque niveau de la
hiérarchie, et permet une représentation progressive du
mouvement. Ceci permet un rendu « personnalisé » en
fonction des disponibilités du réseau ou des capacités des
terminaux. De même que pour les images fixes, le critère pour
établir l'ordre d'importance des triangles dans la
représentation prend en compte à la fois la qualité de
représentation en terme de PSNR, mais aussi le coût de codage
engendré par une telle division. Ceci garantit d'avoir une
représentation optimale pour un coût de codage minimum.
Dans le cadre de l'estimation du mouvement, nous avons
développé une méthode « hybride » couplant les
avantages des méthodes d'estimation «
forward » et « backward »
largement employées. Les résultats obtenus montrent un gain
de la qualité par rapport à l'approche classique «
forward ». Enfin, afin de gérer les problèmes
d'occultations dus aux mouvements et aux profondeurs
relatives des objets dans les scènes, nous avons effectué un
suivi indépendant de chaque objet de la scène (le contexte
MPEG-4 nous fournissant les masques des
objets). Cette représentation par maillages a été développée
en introduisant la notion de ligne de rupture externe
[37]. Ceci permet de ne pas chercher à
représenter le contour polygonal de l'objet avec le maillage,
et par conséquent, pour un coût de codage égal, à positionner
plus de noeuds dans les zones de mouvement complexe. Ceci est
illustré sur la figure 6.
Figure 6: Exemple de suivi de maillage
pour un objet avec prise en compte des lignes de
rupture.
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Création d'objets mosaïques 2D
Participants : Henri Nicolas,
Jean-Marie Pinel.
L'objectif de l'étude est de définir une méthode de
création d'images mosaïques à partir d'une séquence vidéo
sans connaissance a priori du mouvement ou des
paramètres de la caméra. Nous avons développé une technique
d'estimation de la position d'une image dans le référentiel
du panoramique qui ne nécessite pas une estimation du
mouvement de la caméra. Cette technique est basée sur
l'utilisation de modèles de mouvement de complexité variable
(modèle à trois paramètres, modèle affine à six paramètres et
modèle homographique). Elle repose également sur des
techniques de suivi temporel et sur la mise en correspondance
multi-résolution d'images. Elle a permis d'obtenir de très
bons résultats sur des séquences complexes ayant un mouvement
de caméra rapide (par exemple la séquence
« stefan ») et sur des séquences de test
représentatives du domaine de la post-production vidéo. Afin
de gérer efficacement le problème de recouvrement des images
projetées dans le référentiel du panoramique, de tenir compte
de leurs résolutions respectives (provenant des variations de
la focale de la caméra), des conditions d'éclairement, et des
effets éventuels de faux contours au niveau des raccordements
entre les images, nous avons défini un critère original
permettant d'optimiser efficacement les coefficients de
pondération entre la nouvelle image et l'image panoramique
[17].
La création d'images mosaïques pose le problème de
l'harmonisation des conditions d'éclairement. Une telle
harmonisation peut être réalisée si l'on dispose
d'information sur les conditions d'éclairement des objets
vidéo manipulés dans les séquences d'origine. La méthode
d'analyse des conditions d'illumination en cours de
développement se décompose en deux phases principales:
- Détection de la position 2D d'une
source lumineuse. En présence d'une (ou éventuellement
de plusieurs) source de lumière localisée, les conditions
d'éclairement d'un objet sont fortement liées non seulement
à l'intensité de la source lumineuse, mais aussi à sa
position par rapport à l'objet. La méthode d'estimation de
la position de la source de lumière s'appuie sur une étude
des contours respectifs de l'objet et de l'ombre
correspondante à un ou plusieurs instants clés. Il est
montré [44] qu'il est possible de localiser
la position 2D (c'est-à-dire la projection
de la position réelle dans le plan image) de la source de
lumière avec une précision dépendant de la forme de
l'objet, de son ombre ainsi que de son mouvement entre les
instants considérés.
- Détection des ombres. La détection des contours
de l'ombre du ou des objets considérés à un instant donné
est réalisée en deux temps. Tout d'abord, la zone dans
laquelle l'ombre est susceptible de se situer est estimée
grâce à une approche combinant une méthode de suivi
temporel de la position de l'ombre et l'utilisation d'une
contrainte physique liée à la position estimée de la source
lumineuse. Dans un deuxième temps, les contours réels de
l'ombre sont obtenus en analysant les variations
d'illumination entre les deux instants considérés dans la
zone de vraisemblance précédemment estimée.
Ce problème de compensation et d'harmonisation
d'illumination lors de création d'images mosaïques est
illustré sur la figure 7
Figure 7: Compensation d'illumination
d'une mosaïque obtenue à partir d'images fixes.
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Figure 8: Exemples d'insertion et de
suppression d'objets dans une séquence avec gestion de
l'ombre.
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Une version semi-automatique de la méthode de création
d'images mosaïques a également été développée dans le but de
garantir (sous réserve de validité des modèles de mouvement
utilisés) le haut niveau de qualité requis par les
applications de post-production. Cette technique a de plus
été optimisée en temps de calcul et implantée au sein du
logiciel de post-production du projet européen NEMESIS.
Édition vidéo basée objet
Participants : Laurent Amsaleg,
Franck Denoual, Mireya Garcia-Vasquez, Henri Nicolas.
L'objectif de cette étude est de développer des méthodes
semi-automatiques d'édition de scènes à partir de plusieurs
objets vidéo ou mosaïques. Dans le domaine de la
post-production vidéo, cette édition est souvent réalisé
manuellement.
Une technique
de classification des différentes instances d'un objet vidéo
appelées VOP ( video object plane) en fonction de leur
angle de prise de vue a aussi été développée [20]. Cette méthode repose sur l'utilisation
d'un critère de vraisemblance permettant d'évaluer le
caractère significatif des paramètres d'un modèle de
mouvement affine décrivant le mouvement relatif objet/caméra.
Chaque transition entre deux VOPs successifs est étiquetée
comme "constante" (pas de modification de l'angle de vue) ou
"variable" (modification du point de vue). À chaque
transition est associé le type de mouvement correspondant.
L'objet vidéo est alors caractérisé par une succession de
segments temporels avec ou sans modification du point de vue.
Tous les VOPs d'un segment étiqueté "constant" peuvent être
considérés similaires, à une transformation plane près (si
l'on ne prend pas en compte les effets d'illumination ou
d'occlusion). Pour chacun de ces segments, un VOP
représentatif (par exemple avec le facteur d'échelle le plus
grand) peut alors étre choisi.
La trajectoire que doit suivre l'objet dans la scène est
découpée en un ensemble de segments, séparés par des instants
clés. La trajectoire entre les instants clés est supposée
linéaire. Ces instants clés sont obtenus en analysant les
trajectoires originales et les nouvelles trajectoires de
l'objet. Si la qualité du résultat final n'est pas
suffisante, l'opérateur a la possibilité de rajouter
manuellement de nouveaux instants clés. De plus, une méthode
basée sur une calibration initiale du fond de la scène permet
de déterminer automatiquement le facteur d'échelle associé à
n'importe quel point de la zone calibrée. Le positionnement
d'un objet sur une ligne de niveau permet alors de lui
associer automatiquement le facteur d'échelle correspondant.
Cette calibration utilise la notion de lignes de niveau, où
une ligne de niveau est définie comme l'ensemble des points
de l'image se situant à une distance identique de la caméra.
La phase de calibration est réalisée de manière interactive
en début de traitement. Cette méthode a été validée sur des
séquences réelles. Des modifications significatives de la
trajectoire d'objets non-rigides (des personnages) ont ainsi
pu être réalisées tout en gardant un bon niveau de réalisme.
L'insertion et la suppression d'objets est illustrée sur la
figure 8.
Comme présenté
ci-dessus, les manipulations que l'on fait sur une séquence
vidéo considèrent, pour en maintenir la cohérence, les
conditions d'illumination de la séquence mixée et les
caractéristiques dynamiques des objets que l'on manipule.
Néanmoins, manipuler une séquence demande de considérer
d'autres conditions qui participent également à la cohérence
globale d'une scène. En particulier, certains objets
appartenant à une séquence peuvent être associés par une
relation logique, par une relation de cause à effet, qui
n'est ni liée à l'illumination ni aux trajectoires.
De faÇon générale, ces relations logiques peuvent être
vues comme des liens sémantiques reliant divers objets d'une
scène. Pour aborder ce problème, il est important de
classifier les différents types d'interaction sémantiques
entre les objets, par exemple, les relations décalées
temporellement, les interactions impliquant un contact
physique dans l'image, les relations bijectives ou non, les
relations entre un évènement sonore et un évènement visuel,
etc.