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Bases Virtuelles de Données

  Participants : Serge Abiteboul, Bernd Amann, Sihem Amer-Yahia, Sophie Cluet, Claude Delobel, Stéphane Grumbach, Michel Scholl, Jérôme Siméon

Les ordinateurs les plus modestes offrent maintenant aux utilisateurs la possiblité de stocker et de manipuler des images, du son, des vidéos, etc. La communauté bases de données, bien évidemment intéressée par ces extensions, a cru voir dans les systèmes orientés-objet une solution aux problèmes posés par les données multimédia. Grâce à des bibliothèques de classes, toujours extensibles, les systèmes à objets peuvent à priori intégrer sans problème tous les nouveaux supports de données.

Nos expériences de ces dernières années ont démenti cette vision. Chaque nouveau type de données intégré dans un système orienté-objet a nécessité des extensions du modèle de données sous-jacent ainsi que le développement de nouveaux outils. De plus, si les outils créés répondaient clairement à des besoins nouveaux, certaines fonctionnalités existantes dans d'autres types de systèmes manquaient au système de bases de données. Nous pensons donc que, plutôt que d'intégrer de nouveaux types de données, la bonne approche consiste à permettre à un système de bases de données de communiquer avec d'autres systèmes (SRI, GIS, etc.).

Parallèlement à l'arrivée du multimédia, un autre phénomène incite à ouvrir les SGBD sur d'autres systèmes. La diffusion d'une quantité gigantesque et en pleine explosion de données de toutes sortes grâce à l'Internet et au World Wide Web. Multimédia et Web conduisent naturellement à l'intégration virtuelle de toutes les informations accessibles par réseau dans un système de base de données. C'est en cela que nous parlons de bases virtuelles de données.

Les problèmes posés par l'interopérabilité sont multiples :

Nous avons commencé à étudier la transformation des données d'un modèle à l'autre. Dans [19], nous nous sommes surtout intéressés à la façon dont on peut établir les liens entre les données vues dans un certain format par le système et les données réelles. Ces travaux ont montré la limitation de l'outil de traduction virtuelle utilisé et nous travaillons maintenant à l'améliorer.

En aval de ces recherches, nous travaillons à la réalisation de la communication entre les systèmes grâce à des interfaces communes. L'architecture CORBA (Common Object Request Broker Architecture) proposée par l'OMG semble être un bon candidat pour réaliser nos objectifs. Nous avons étudié les possibilités d'intégration du SGBD O2 dans l'environnement CORBA fourni par le produit ORBeline (Postmodern Computing). Nous avons implanté un prototype qui permet à des clients ORBeline d'accéder à un service de gestion de documents stockés dans une base de données O2.

Parallèlement, nous sommes impliqués dans le projet Esprit IV OPAL dont le thème est l'intégration des données multiples nécessaires à la fabrication de biens usinés (en l'occurrence des voitures). Le projet OPAL devrait commencer en décembre 1995. Notre travail consiste à offrir les outils qui permettront d'avoir une vue globale sur des données stockées dans des systèmes CAO, SRI, relationnels, etc.

Un autre thème que nous commençons à aborder est celui des bases de données à résolution multiple. Les données peuvent être représentées à des degrés de résolution très variables, qui sont transparents pour l'utilisateur. Une première application concerne les bases de données virtuelles, dont le gigantisme impose une interrogation intelligente, basée sur la hiérarchisation des sources de données et la détermination en fonction des requêtes, de la granularité voulue (recherche en profondeur, superficielle, etc.).

Par ailleurs, dans la continuité des problèmes posés par les applications géographiques et étudiés dans le cadre d'une collaboration avec le laboratoire Cedric du CNAM, nous avons étudié la représentation et l'interrogation multi-échelles. Les systèmes d'information géographique nécessitent la manipulation d'objets existant à des échelles variées. Nous avons proposé dans [38] un modèle simple de représentation et d'interrogation d'information multi-échelle sans connaissance exacte par l'utilisateur de l'échelle à laquelle l'objet est représenté. Ce modèle est partiellement implanté sur une plateforme utilisant le SGBD O2 [17]. L'intérêt de ce modèle est sa généralité. Il s'applique notamment à la représentation de résumés dans les bases de données statistiques.


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