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Projet
PSYCHO-ERGO Suivant : Action de recherche
Le projet PSYCHO-ERGO a pour objet l'étude de l'interaction homme-ordinateur (IHO) (ou human-computer interaction/interface - HCI), dans une perspective d'ergonomie cognitive.
L'interaction homme-ordinateur, classe particulière de l'interaction (ou communication) homme-machine, peut être examinée selon divers aspects complémentaires : le pôle homme, le pôle ordinateur, et l'interaction elle-même. Si l'informatique de l'interaction homme-ordinateur se focalise classiquement sur l'ordinateur, parfois sur l'interaction, le projet, quant à lui, tout comme l'ergonomie cognitive, se focalise sur l'interaction et sur la composante humaine de l'interaction (i.e., les opérateurs ou utilisateurs) : le projet aborde l'informatique logicielle (programmes, interfaces, environnements) en tant qu'ensemble d'outils mis à la disposition d'opérateurs.
La perspective du projet est celle de l'ergonomie. L'ergonomie est : ``une des branches de la science et de la technologie qui incorpore ce qui est connu et conceptualisé des caractéristiques biologiques et comportementales de l'homme et qui peut être appliqué de façon valide à la spécification, à la conception, à l'évaluation, à l'utilisation et à la maintenance des produits et systèmes afin d'en assurer la sécurité, l'efficacité et l'usage satisfaisant par des opérateurs individuels, des groupes et des organisations'' (Traduction de la définition de l'Executive Council of the Human Factors Society (Christensen, J. M. (1988). Human factors definitions. The Human Factors Society Bulletin, 31(3), pp. 7-8.). ``One of the branches of science and technology which includes what is known and theorized from the human behavioral and biological characteristics that can be validly applied to the specification, design, evaluation, operation and maintenance of products and systems that are intended for safe, effective, satisfying use by individuals, groups and organizations.'')
L'ergonomie est un domaine essentiel pour l'informatique actuelle, notamment en raison du caractère interactif de cette dernière et donc de la nécessité de prendre en compte les utilisateurs. Son importance est reconnue que ce soit pour les systèmes critiques (e.g., le nucléaire, l'aéronautique, le militaire), ou pour les systèmes grand public (e.g., télécommunications, bureautique).
L'ergonomie des logiciels (on considérera comme équivalentes les notions d'ergonomie des logiciels et d'ergonomie des interfaces. En effet, l'interface est considérée comme constituée de tous les aspects, notamment logiciels des systèmes informatiques qui influencent la participation de l'utilisateur à des tâches informatisées) hérite des caractéristiques de l'ergonomie mais s'intéresse plus particulièrement à l'amélioration de l'IHO et se focalise sur les aspects fonctionnement mental humain ; c'est une science appliquée qui contribue à la connaissance scientifique nécessaire à la conception de logiciels et plus généralement d'environnements de travail informatisés, dans la perspective générale de la sécurité et du confort des utilisateurs (conditions de travail) mais aussi dans la perspective d'une amélioration de la productivité des systèmes homme-ordinateur (e.g., faciliter les tâches des utilisateurs, réduire les durées d'apprentissage, limiter l'occurrence et le coût des erreurs, etc.).
L'ergonomie des logiciels ne concerne pas seulement les aspects de surface ou les aspects graphiques directement visibles, elle concerne à la fois :
De plus, l'ergonomie des logiciels concerne non seulement les aspects purement logiciels, mais aussi l'environnement plus vaste de l'activité, e.g., la documentation, les aides au travail, la formation.
Les travaux de recherche du projet de Psychologie Ergonomique pour l'Informatique s'inscrivent dans le domaine de l'ergonomie des logiciels ainsi défini. Ils ont pour objectif de contribuer à l'optimisation ergonomique des logiciels et aux moyens de la mettre en oeuvre.
D'une part, il s'agit de progresser dans les connaissances fondamentales et les méthodes de l'ergonomie des logiciels, mais aussi dans les domaines connexes qui concourent à l'optimisation ergonomique des logiciels. En effet, une telle optimisation nécessite des connaissances précises sur l'activité des utilisateurs, sur les caractéristiques des systèmes, et sur les moyens de mettre en correspondance les aspects utilisateurs et les aspects logiciels. En ce qui concerne les domaines de connaissance, le projet s'intéresse donc à la fois aux mécanismes humains de traitement de l'information, à la cognition, et à l'informatique dans tous ses aspects pouvant influer sur l'activité des opérateurs humains. En conséquence, les disciplines scientifiques auxquelles le projet fait appel et contribue, sont de façon privilégiée l'ergonomie, la psychologie des activités mentales, la linguistique, mais aussi certains domaines de l'informatique comme l'intelligence artificielle et l'ingénierie des logiciels (outils d'interfaces, méthodes de génie logiciel, méthodes de conception, etc.).
D'autre part, il s'agit de poursuivre un objectif pratique, celui de contribuer, sur des terrains et dans des domaines d'activité si possible exemplaires, à l'amélioration d'une compatibilité particulière entre les opérateurs et les systèmes informatiques : la compatibilité entre la manière dont l'information est traitée et représentée, respectivement par l'ordinateur, et par les utilisateurs. On s'intéresse particulièrement là aussi aux aspects mentaux, cognitifs liés aux situations de travail (il existe d'autres niveaux de compatibilité qui ne sont pas au centre des travaux du projet : la compatibilité du poste de travail physique avec les caractéristiques anatomo-physiologiques de l'utilisateur (cf. biomécanique et physiologie) ; compatibilité de l'environnement de travail avec les caractéristiques individuelles des utilisateurs (cf. psychologie différentielle) ; avec les comportements affectifs des utilisateurs (cf. psychologie clinique) ; avec les caractéristiques, attentes et comportements sociaux des utilisateurs (cf. psychologie sociale), etc.).
Du point de vue méthodologique, le projet utilise les méthodes de l'ergonomie, avec une certaine prééminence de la démarche et des méthodes expérimentales, au sens administration de la preuve, test d'hypothèses (cf. la méthode expérimentale selon Claude Bernard, fondement des sciences dites expérimentales, e.g., médecine, biologie, physique).
Les recherches sont entreprises à partir de l'observation de tâches réelles, sur des terrains appropriés, souvent en parallèle à la résolution de problèmes pratiques et toujours grâce à une collaboration des membres du projet avec des spécialistes du domaine (en particulier les opérateurs).
Le recueil de données repose sur l'analyse de l'activité, l'étude de cas, les incidents critiques, les mouchards électroniques, etc.
Les données obtenues sont par exemple : les procédures mises en oeuvre, l'organisation de l'activité, les erreurs, le lexique, les objets manipulés, les mémoires externes, les notes manuscrites, les essais divers.
Les tests et expérimentations reposent sur la simulation, le maquettage, le prototypage, etc.
Les mesures objectives de performance concernent par exemple des durées d'apprentissage, des durées d'exécution de tâches, des fréquences d'utilisation, des fréquences d'erreurs, des types de navigation, des taux de rappel.
Selon les problèmes ergonomiques considérés et les situations de travail, divers types de recherche sont nécessaires. Certains travaux se placent plutôt en amont de l'objectif ergonomique ultime car ils se focalisent sur la connaissance détaillée du fonctionnement cognitif humain. D'autres travaux sont plus en aval et consistent en une mise en oeuvre de l'objectif ergonomique dans une situation restreinte. Enfin, d'autres recherches sont transversales : elles se focalisent sur les méthodes permettant de faciliter la mise en oeuvre de l'ergonomie des logiciels. Bien évidemment, sur une même question de recherche, diverses itérations sont parfois nécessaires entre les études en amont, les études en aval et les aspects méthodes ; des itérations sont également nécessaires entre les études de terrain et les études en laboratoire.
Dans cette catégorie entrent, par exemple, les études sur :
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Les recherches menées cette année sont présentées selon ces trois grands types de recherches :