Participants : Daniel Augot, Mathieu
Brunet, Caroline Fontaine.
Le projet a participé, en 1995-98, au projet européen
AQUARELLE
qui avait pour objet
d'homogénéiser les ressources culturelles actuellement existantes
(tableaux, manuscrits, photographies ...). Ces ressources
appartiennent aux institutions représentées par les différents
partenaires culturels. Le but était de présenter à l'usager un
système global de découverte et de recouvrement de documents,
éventuellement répartis sur des serveurs différents. Dans ce
système, les institutions culturelles diffusent des ``imagettes''
(vignettes) ou des images de moyenne résolution, dont la valeur
n'est pas nulle.
Les partenaires culturels ont demandé que soit mise en place une protection de ces images. La solution envisagée repose sur la technique du filigrane, une ``marque'' invisible incrustée dans l'image, d'une manière secrète. Si l'image est utilisée frauduleusement, l'ayant-droit peut attester qu'il est bien propriétaire de l'image.
Du point de vue technique, il s'agit d'un problème de traitement du signal. Une collaboration est établie avec l'équipe TELE, de l'Université Catholique de Louvain (UCL). L'algorithme proposé par UCL est très performant du point de vue de l'invisibilité et de la robustesse à la compression, la contrepartie étant qu'il n'incruste en réalité qu'un seul bit d'information dans l'image (l'image est-elle marquée ou non ?). L'algorithme est paramétré par une clé, dont la connaissance est nécessaire pour vérifier l'existence de la marque.
Le projet CODES a dégagé les fonctionnalités que peut offrir un tel algorithme. Nous proposons de mettre en place un tiers de confiance qui sert de serveur de clés et de vérificateur, qui transmet aux propriétaires des images des clés de marquage. Une fois la clé obtenue, le propriétaire peut marquer l'image qu'il souhaite diffuser. En cas de litige, le serveur de clés peut vérifier la présence de la marque, en utilisant la clé correspondante à l'image. Le protocole d'échange de clés repose sur la méthode de Diffie-Hellman. Ce protocole est baptisé le protocole DHWM (Diffie-Hellmann for Watermarking) : grâce aux propriétés du protocole de Diffie-Hellmann, il n'est pas nécessaire d'établir une ligne sécurisée, et le nombre de transferts d'images est réduit. C'est D. Augot qui était responsable de cette action. La réalisation est due à D. Augot et C. Fontaine. Ces travaux ont fait l'objet d'une présentation à ESORICS'98 [32], et d'un article invité à un numéro spécial IEEE [14] sur les techniques de marquage d'images. C. Fontaine est l'auteur d'un article au journal Pour la Science et d'une conférence à EUROFORUM [62,46].
Les travaux du projet se poursuivent dans ce domaine, en
collaboration avec C. Fontaine (LIFL), le projet FRACTALES,
Telecom-Paris et le LIX. Le responsable du groupe de travail est
M. Brunet
, ingénieur
du corps des télécommunications, qui vient d'être affecté pour
trois ans à L'INRIA.