Sous-sections
Résumé :
Les applications financières que nous considérons sont
les problèmes d'évaluation et de couverture des produits
dérivés (options européennes et américaines) et les
problèmes de gestion optimale de portefeuilles. Les sujets
de recherche que nous développons visent à se rapprocher
des conditions du marché par des modélisations plus
réalistes des actifs financiers (prise en compte
d'événements rares comme d'importantes variations de cours
par la modélisation des prix des actifs par des processus
stables et des mouvements browniens fractionnaires,
modélisation aléatoire de la volatilité), ainsi que par
l'étude de techniques de couverture approchée (introduction
de coûts de transaction, couvertures discrètes).
Participants : V. Genon-Catalot,
T. Jeantheau, A. Sulem, A. Tisseyre.
Mots clés : lois stables, volatilité
stochastique .
Les modèles usuels de finance comme le modèle de
Black-Scholes et ses différentes variations font intervenir
des processus de diffusion browniens.
Les actifs peuvent alors être couverts par des stratégies
données sous forme explicite, ou bien calculables de manière
approchée. Les calculs approchés reposent soit sur des
méthodes de Monte-Carlo combinées avec des techniques de
simulation de solutions d'équations différentielles
stochastiques, soit sur des méthodes de résolution
d'équations aux dérivées partielles paraboliques.
Des études statistiques semblent montrer que les prix
d'actions suivent des dynamiques discontinues. Ces modèles
rendent mieux compte de certains phénomènes tels que les
cracks boursiers, les irrégularités dues aux écarts entre
offres d'achat et offres de vente, les interventions
d'investisseurs institutionnels.
On connaît les limites du modèle de
Black-Scholes et les quelques incohérences qu'il entraîne
entre les axiomes et les observations empiriques. Parmi les
faiblesses on peut citer le «smile de volatilité». L'objet de
la thèse d'A. Tisseyre est l'utilisation de processus
géométriques
-stables. L'étude statistique des cours
de change permet de trouver une valeur de
de l'ordre de
1.65, ce qui donne en particulier
une bonne estimation de fréquence de retour de «crak». Un
modèle de pricing d'options dans ce cadre permet d'apporter
une correction significative sur le smile de volatilité. Un
premier travail a été consacré au développement de méthodes
numériques analytiques permettant d'évaluer la densité, la
fonction de répartition et la transformée de Laplace
partielle des lois
-stables. A. Tisseyre a obtenu des
résultats théoriques permettant d'exprimer ces fonctions à
l'aide soit de séries, soit d'intégrales complexes, soit de
développements asymptotiques. Ces résultats sont appliqués
pour l'évaluation de prix d'options dans le cadre de modèles
«stables» (voir [Tis99]).
Pour pallier les
insuffisances du modèle de Black et Scholes, de nombreux
auteurs ont proposé une modélisation aléatoire de la
volatilité. Ces modèles, dits à volatilité stochastique,
peuvent être à temps discret (par exemple les modèles ARCH)
ou à temps continu (tel que le proposent par exemple Hull and
White). Les formules de prix de produits dérivés qui en
découlent dépendent des paramètres figurant dans les
équations stochastiques associées.
Le problème de l'estimation de ces paramètres à partir de
l'observation des prix d'actifs n'est pas standard et
nécessite des méthodes spécifiques. Ce travail a déjà été
effectué dans différents cadres asymptotiques. par exemple
celui des données haute fréquence. Notre équipe y a
contribué; quatre articles [GCJL98],
[GCJL99], [16], [31] et la
thèse de A. Gloter [41] sont principalement consacrés à ce
sujet. Nos méthodes peuvent être implémentées, et les
résultats théoriques sont validés par des simulations
numériques.
De nombreux problèmes statistiques sur ces modèles restent
ouverts et les résultats obtenus peuvent certainement être
améliorés afin de rendre les procédures d'estimation plus
efficaces. L'équipe envisage également d'étudier la situation
où les browniens régissant le prix des actifs et la
volatilité sont corrélés.
Mots clés : risque modèle, coûts de
transaction, couverture discrète .
Participants : C. Martini, Ch.
Patry, E. Temam, D. Lamberton, S. Njoh.
Les modèles utilisés par les praticiens pour décrire les
actifs financiers sont des modèles continus. On dispose alors
d'une théorie parvenue à maturité ces dernières années, celle
des marchés complets qui permet de calculer les prix et les
stratégies de couverture des options.
Pourtant, ces stratégies de couverture ne sont pas
réalistes. En effet, le trader ne se couvre qu'à des instants
discrets et ne peut intervenir qu'un nombre fini de fois sur
le marché par séance. Des travaux théoriques montrent les
limites de l'application de la stratégie continue à des temps
discrets déterministes : un exemple typique est celui d'un
call à la monnaie à maturité, ou d'une option digitale. Les
praticiens sont conscients de ce phénomène et développent des
recettes empiriques pour y pallier.
Des travaux théoriques très récents ont été menés sur ces
sujets par Cvitani
et
Karatzas (contrainte sur le ratio de couverture, [CK]) et
Barles et Soner (coûts de transaction, [BS96]).
Nous étudions en particulier la couverture en temps discret,
l'introduction des coûts de transaction et leur
implémentation numérique.
Concrètement, l'utilisation de modèles aussi classiques
que celui de Black-Scholes en pratique, donc avec des
couvertures discrètes, pose la question du choix des instants
et ratios de couverture effectifs. Ceci a mené à l'étude de
la stratégie de couverture discrète la plus simple, qui
correspond à l'approximation de l'intégrale stochastique par
une somme de Riemann (travaux de Henrotte [Hen93], Zhang [Zha99]).
Le travail d'étude des couvertures à temps fixes mené par
R. Zhang en dimension 1, et pour des fonctions relativement
régulières, a été étendu depuis par E. Temam et E. Gobet
[GT99] au cas de fonctions moins régulières et
en particulier pour les options digitales. Ce travail
confirme l'intuition des praticiens des marchés : ces options
sont beaucoup plus délicates à couvrir que les options
classiques et ceci se traduit par une vitesse de convergence
de la couverture approchée plus lente que dans le cas des
puts et des calls. Enfin, récemment, E. Temam a étendu ces
résultats au cas multidimensionnel, pour une large classe
d'options incluant les puts et les calls et les options
digitales sur indices.
Cependant, rien n'oblige de se couvrir à intervalle de
temps régulier, alors que la couverture semble devoir être
plus fréquente dans les zones où le ratio de couverture
Black- Scholes varie beaucoup. Une question naturelle dans ce
sens est celle du choix optimal des paramètres de couverture
pour un nombre de couvertures fixé, par exemple pour un
critère de minimisation de la variance de l'erreur de
réplication. Le problème correspondant est un problème de
contrÔle stochastique avec un nombre fini de temps d'arrêt
que l'on résout théoriquement par des techniques de solutions
de viscosité et numériquement par un algorithme
d'Howard[PM99]. Actuellement, le travail en cours
concerne l'étude d'autres critères (minimisation de
l'espérance de la partie négative de l'erreur de couverture,
travail sous la probabilité historique).
Les problèmes de couverture approchée apparaissent aussi
dans les situations où on ne peut pas se couvrir directement
avec l'actif sous-jacent. La thèse de S. Njoh porte plus
particulièrement sur la couverture des options sur
l'électricité. Le caractère non stockable de l'électricité
rend inopérante toute stratégie de couverture avec le
sous-jacent et on ne peut espérer réaliser qu'une couverture
approchée à l'aide d'autres actifs.
Gestion de portefeuilles avec coûts de transaction
Participants : M. Akian (projet
Metalau), J.-Ph. Chancelier, J.L. Menaldi (Wayne State
University), B. Øksendal (Univ. d'Oslo), A. Sulem, M. Taksar
(Stony Brook University New York).
On étudie la politique optimale de consommation et
d'investissement d'un investisseur ayant un compte en banque
à taux d'intérêt fixe et n
comptes en actions modélisés par des mouvements browniens
géométriques. Les transactions entre comptes entraînent des
coûts proportionnels au montant de la transaction et sont
modélisées par des contrÔles singuliers.
L'objectif est de maximiser le taux moyen de profit pour
une fonction d'utilité de type HARA, ou l'espérance d'une
fonction d'utilité de la richesse finale [ASS95] ou
encore une fonction d'utilité de la consommation [AJS96].
Ces problèmes se modélisent comme des problèmes de contrÔle
stochastique singulier. Ils conduisent à des inéquations
variationnelles que l'on étudie théoriquement au moyen des
solutions de viscosité, et numériquement par des algorithmes
de type Howard et multigrilles.
Le cas ergodique (maximisation du taux moyen de profit)
est étudié dans [13]. Le problème des coûts fixes de
transaction est étudié dans [OS99],
[17]. Il se formule comme un problème combiné
de contrÔle stochastique et de contrÔle impulsionnel qui
conduit à une inéquation quasi variationnelle non
linéaire.
Nous étudions également ces problèmes dans le cas où les
prix des actifs risqués sont modélisés par des processus de
diffusion avec sauts [FOS98], [25]. Dans
ce cas les équations d'HJB associées comportent un terme
intégral. Le problème sans coût de transaction peut être
résolu explicitement.