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Méthodologie TRDF pour la conception et le dimensionnement prouvables de systèmes critiques complexes

Participants : Gérard Le Lann, Pascale Minet

La méthodologie TRDF est une méthodologie de Génie Système. Elle a pour but d'imposer et de faciliter l'énoncé de preuves de conception et de dimensionnement corrects des systèmes informatiques. De telles preuves sont essentielles dans le cas des applications temps réel critiques complexes. Elles sont établies par recours à des disciplines variées (théorie des graphes, théorie de la sérialisabilité, théorie de l'ordonnancement, algèbre (max, +), raisonnements d'adversité, etc.). Les preuves ont pour but de permettre de démontrer que les propriétés logiques et physiques contenues dans une spécification d'implantation de système, notée , satisfont les objectifs logiques et physiques contenus dans une spécification de besoins applicatifs, notée . La notation signifie que l'on exige les propriétés N sous hypothèse n. Toute spécification est constituée de deux parties, une partie logique et une partie physique. Ainsi, par exemple, . Des propriétés logiques peuvent être obtenues par une conception, notée , qui consiste à donner des hypothèses (modèles de calcul, de système, lois d'activations, types de défaillances, etc.) et un algorithme TRDF. Une conception est prouvée correcte si l'on a : et .

Les preuves de propriétés conférées par un algorithme imposent d'exprimer des fonctions dites caractéristiques, comme des bornes supérieures sur les temps de réponse ou des bornes inférieures sur des degrés de redondance ou sur des probabilités de respect d'hypothèses. L'établissement de preuves impose également d'exprimer des conditions de faisabilité. Un sous-ensemble des variables entrant dans l'expression des fonctions caractéristiques et des conditions de faisabilité sont dites d'implantation (par exemple, vitesses des processeurs, capacités mémoire, débits des canaux E/S, etc.). Soit l'opération de quantification des variables d'implantation, appelée dimensionnement. Un dimensionnement (de conception) permet de quantifier les propriétés et les hypothèses, c'est-à-dire d'obtenir des propriétés physiques. Un dimensionnement est prouvé correct si l'on a :

et .

Donc, étant la spécification de , on prouve que implique vis-à-vis des propriétés logiques et physiques. La réalisation du système qui implante correctement peut alors être entreprise, selon des méthodes appropriées (qui ne sont pas du ressort de la méthodologie TRDF).

La méthodologie TRDF n'impose ni n'interdit aucun formalisme ou langage de programmation particulier. Elle doit être utilisée conjointement avec des méthodologies de Génie Logiciel (par exemple, pour établir des preuves formelles de programmes fonctionnels/impératifs). Les spécifications manipulées actuellement ne sont pas exprimées dans un système formel.

Nous avons mis en oeuvre cette méthodologie dans le cadre d'une application d'avionique modulaire (contrat DRET en partenariat avec Dassault Aviation (DA)).

DA nous a fourni ( n'est que partiellement spécifié car DA doit pouvoir modifier les objectifs physiques à sa guise). Nous avons élaboré une conception contenant une algorithmique composite TRDF (voir §.4.3) et exprimé les conditions telles que l'on a bien et .

Par ailleurs, nous avons progressé dans l'identification des spécifications logiques des problèmes TD/TF en général et proposé une caractérisation non ambigüe des énoncés sous lesquelles un problème applicatif appartient à la classe des problèmes temps réel (TR).


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