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Domaines
d'applications
Participants : Ramine Nikoukhah, François Delebecque, S.L.
Campbell.
De très nombreux phénomènes physiques sont naturellement modélisables par des systèmes d'équations algébrico-différentielles de type
Dans certains cas, même s'il est possible de convertir un modèle implicite en un modèle explicite, il est préférable de garder le modèle implicite pour préserver la structure naturelle du système (par exemple son caractère creux).
La plupart des problèmes classiques de l'automatique tels que la construction d'observateurs, le placement de pôles, le filtre de Kalman, etc ..., peuvent se formuler plus facilement dans un cadre implicite. Il est alors clair que l'étude systématique des propriétés fondamentales des systèmes implicites comme l'existence, l'unicité, la régularité des solutions et l'analyse numérique correspondante sont des points cruciaux pour les applications à l'automatique. De même, le développement de code performant et fiable pour la résolution numérique de ces systèmes est essentiel, aussi bien pour la conception hors ligne de contrôleurs et de filtres, que pour les implémentations temps réel.
Un système linéaire implicite
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Le point de vue implicite est intéressant car il englobe dans un cadre unique les problèmes classiques. Par exemple, il est bien connu que la solution des diverses formes de l'équation de Riccati algébrique peut être construite très efficacement en calculant les sous-espaces stables des Hamiltoniens associés qui sont encore des faisceaux de matrices [[49],[13]]. En fait ce faisceau est associé au système implicite aux deux bouts donné par les conditions nécessaires d'optimalité.
C'est en adoptant ce point de vue qu'on a pu étendre plusieurs résultats classiques au cas implicite, ce qui conduit à des problèmes originaux et à généraliser des concepts bien établis. Montrons celà sur l'observabilité. Considérons le système dynamique à entrée inconnue
L'approche consiste à construire par un algorithme
(numériquement stable) un certain sous espace
associé au modèle implicite
(17) qui généralise le sous
espace d'inobservabilité classique: tous les signaux de la forme
w = H
avec
ker(H)
sont reconstructibles par un observateur
causal qui est construit comme un sous produit de l'algorithme
[[36]].
On a étudié les problèmes de caractérisation des propriétés géométriques et de stabilité [[12]], filtrage de Kalman [[49],[11],[13]], construction d'observateur [[36]], ``tracking'' [[15]], etc ...On a aussi étudié l'application de ces méthodes aux systèmes classiques par exemple pour la construction du filtre générateur de résidus [[14]] et les problèmes de découplage. On a aussi étudié la construction d'observateur pour des systèmes linéaires non stationnaires [[49]]. Cette classe de systèmes a été beaucoup étudiée ces dernières années et une théorie générale se développe.
En reprenant le point de vue implicite discuté plus haut pour reformuler des problèmes d'automatique non linéaire, on s'intéresse aux systèmes implicites non linéaires. Ces problèmes sont en général d'indice élevé et/ou mal défini (l'indice d'un système implicite correspond en gros au nombre de fois qu'il faut dériver ses équations pour le rendre explicite), contrairement par exemple au cas des systèmes utilisés pour les simulations en mécanique où l'indice est structurel. Un simple modèle de bras de robot commandé pour suivre une trajectoire peut conduire à un système d'indice cinq.
Contrairement à d'autres approches basées sur l'inversion, pour faire de la commande ou de l'observation, on ne cherche pas une formule explicite, mais on admet que la solution puisse être le résultat d'un solveur numérique implémenté en temps réel. En particulier, pour les problèmes de suivi de trajectoires cela nous a permis de proposer une nouvelle méthode de commande prédictive, appelée DPC (descriptor predictive control). Dans cette méthode, la contrainte de trajectoire est rajoutée aux dynamiques du système pour obtenir un système implicite en (x, u).
L'indice de ce système, souvent élevé, peut aussi être réduit, si la complexité le permet, par des méthodes formelles. Puis, une solution numérique est calculée par un solveur numérique et appliquée sur une fenêtre glissante. Le contrôle obtenu par cette stratégie, n'est en général pas stabilisant. Pour que cette approche puisse marcher, on a montré qu'il faut effectuer un feedback préliminaire linéaire approprié. Ce feedback nécessite encore le calcul de certains sous-espaces liés au faisceau linéaire tangent [[15]].
La même idée a été utilisée pour la construction d'observateurs non linéaires [[34]].
Le cadre implicite est aussi un point de passage obligé pour la définition d'un formalisme modélisant un système hybride général. On s'intéresse à ce problème car même pour modéliser le plus simple des systèmes réels commandés, on doit considérer le couplage d'un système discret (en l'occurence le contrôleur) et l'environnement continu (souvent implicite). On a commencé à un formalisme mathématique pour définir les systèmes hybrides (à composantes continues, discrètes et événementielles) (voir section 5.2).