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Participants : Atika Bousseta, Mohamed El Khadiri,
Raymond Marie, Miklós Molnár, Gerardo Rubino.
Nos résultats concernent deux domaines. D'une part, il
s'agit de techniques d'évaluation quantitative de la topologie
des connexions reliant les différents n
uds d'un
réseau de communication maillé. Cette évaluation se fait sous
divers angles et dans des contextes déterministes ou
probabilistes. D'autre part, nous travaillons sur une notion
élargie de la sûreté de fonctionnement, le soutien
intégré.
Un réseau de communication est vu ici comme un système
multi-composants fait de «lignes» et de «n
uds». Du
point de vue de la sûreté de fonctionnement, on peut représenter
un tel système par une fonction de structure
(voir 3.1).
Concernant la topologie de l'architecture d'un réseau maillé,
c'est-à-dire, d'un réseau à grande étendue, il est usuel de le
représenter par un graphe dont les éléments sont pondérés par des
probabilités (un graphe stochastique). Le critère global
de bon fonctionnement (la définition de
)
est en général basé sur des propriétés de connexion dans le
réseau: par exemple, il faut que deux n
uds
particuliers puissent communiquer, ou que tous les n
uds puissent le faire entre eux, etc. Il s'agit alors
de quantifier le comportement du réseau vis-à-vis de ce critère
global de bon fonctionnement. Nous avons travaillé dans ce
contexte, dans trois directions différentes: fiabilité,
performabilité, vulnérabilité. Sur le premier thème, nous avons
développé des outils de calcul de diverses mesures de fiabilité,
des algorithmes de calcul des sensibilités des dites mesures, et
des méthodes d'estimation par Monte Carlo. Cette année nous avons
centré nos efforts au niveau des deux dernières. Sur ces trois
sujets, voir [[8]],
[[16]].
Nous nous sommes intéressés aux techniques de Monte Carlo, et nous avons développé des nouveaux plans d'échantillonnage basés sur une méthode de décomposition de l'espace d'états du modèle. Ces techniques sont du type «réduction de la variance». Elles permettent d'obtenir des gains très importants (plusieurs ordres de grandeur), en particulier dans le cas de réseaux hautement fiables, ou bien dans le cas où la demande est proche du flot maximal qui peut transiter dans le réseau. Bien entendu, le gain est dans le produit temps-variance, car il faut des méthodes rapides (temps de calcul court) et précises (variance de l'estimateur petite).
La mise en place d'infrastructures de soutien intégré pour des
systèmes complexes (par exemple, un système de contrôle aérien au
niveau d'un pays) conduit à déterminer la valeur d'un grand
nombre de variables. Il faut définir différents sites de
maintenance et différents niveaux de compétence; les sites de
niveau le plus faible sont les plus proches des bases
d'exploitation: ce sont les feuilles de l'arbre de maintenance
(en général unique). Plus on se rapproche de la racine et plus la
compétence du site est élevée. En général, cette structure de
maintenance existe au moins partiellement avant la mise en place
d'un nouveau système. On peut aussi concevoir la structure de ce
nouveau système à soutenir comme un arbre dont la racine est le
système complet, les noeuds étant désignés génériquement sous le
nom d'articles. Cet arbre n'est pas donné a priori,
il fait partie de l'ensemble des variables de décision. Les
feuilles correspondent à des articles mis au rebut alors que les
n
uds intermédiaires correspondent à des
articles qui seront réparés par échange d'un sous-ensemble
correspondant à un n
ud fils. À chaque article
associé à un n
ud intermédiaire, correspond un site
d'échange et un site de réparation.
Un sous-ensemble en bon état doit alors être disponible avant
que ne commence la réparation. Si le stock est en rupture, il
faut attendre le retour de l'atelier de réparation d'un
sous-ensemble identique. En effet, ce sous-ensemble parcourt
alors un circuit au cours duquel il est lui-même réparé par
échange d'une nomenclature fille défectueuse, avant de revenir à
son point de départ. En général, ce sous-ensemble effectue ce
circuit, ou encore cette boucle, dans un coffret de protection
adapté. Le long de cette boucle, à un instant donné, on peut
avoir plusieurs sous-ensembles identiques; certains sont
défaillants, d'autres sont réparés. Mais la somme de ces deux
quantités reste constante au cours du temps. Elle est égale au
nombre N d'exemplaires mis en place initialement. On
suppose que les temps de défaillance sont exponentiellement
distribués. Notons
le taux de
consommation de cette nomenclature au point de réparation de sa
nomenclature mère. Une heuristique souvent rencontrée pour
choisir N est d'estimer le temps moyen T de
parcours de la boucle (le Turn Around Time) et de prendre
N =
T. Une telle heuristique
fait implicitement l'hypothèse que T est indépendant de
N. Dans [[12]], on analyse cette
heuristique, en terme de probabilité de rupture de stock, sous
diverses hypothèses: considération de délais indépendants puis
dépendants, dans le cas où K ressources (finies) sont
partagées. Cette première analyse met en évidence la robustesse
de cette heuristique en ce sens qu'elle permet de conclure à une
faible influence de la valeur de N sur le temps moyen de
parcours de la boucle T dans le cas d'organisations
logistiques complexes. D'autre part, l'analyse montre aussi que
cette heuristique conduit à sous-estimer le nombre N
d'exemplaires mis en place initialement. Aussi, nous proposons
une nouvelle heuristique permettant d'approcher la valeur
optimale de la boucle de rechange N, en prenant en compte
les coûts relatifs d'acquisition des nomenclatures mère et
fille.