Avant-Projet : MOSTRA

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Sous-sections


   
Structures adaptatives



Participants : Michel Bernadou, Agnès Blanguernon, Manuel Collet, Frédéric Bourquin [*], Sophie Depeyre, Amine Hassim, Christophe Haenel, Song He.

Mots clés : Simulation et contrôle de systèmes non-linéaires, mise en oeuvre expérimentale .

Résumé :

Les activités de MOSTRA relatives aux structures adaptatives peuvent être regroupées selon trois intitulés :
i)
la modélisation numérique de matériaux piézoélectriques (de type coques minces) et de matériaux magnétostrictifs. Une bonne maîtrise de ces modélisations est indispensable car ces matériaux sont utilisés dans la réalisation de la plupart des capteurs et des actionneurs ;
ii)
le contrôle actif de structures minces de type poutres et plaques. Dans cette direction, trois études ont été menées : la première concernant la mise en oeuvre expérimentale d'une loi de feedback due à Komornik, la deuxième l'optimisation de capteurs dans le but de limiter le ``spill-over'' et la troisième des dispositifs piézoélectriques fabriqués par Thomson LCR ;
iii)
une troisième étude porte sur la réduction de vibrations dans un prototype de masque à oxygène.

Modélisation numérique de coques piézoélectriques

Dans la plupart des applications utilisant des matériaux piézoélectriques, ces matériaux apparaissent sous la forme de structures minces, de type plaques ou coques, ou bien, des pastilles réalisées à l'aide de ces matériaux sont collées sur des structures minces réalisées à l'aide de matériaux classiques.

Une première partie de l'étude consiste à obtenir des modèles de coques piézoélectriques bidimensionnels :

Le premier modèle est ensuite approché par une méthode d'éléments finis conforme (l'élément de type P4-Ganev pour approcher les composantes de déplacement de membrane, l'élément de type P5-Argyris pour approcher la composante de déplacement de flexion). Des tests numériques sur une plaque puis sur un cylindre illustrent la pertinence de la méthode.

Ce qui précède est repris ensuite dans le contexte d'équations dynamiques de coques piézoélectriques.

Enfin, en vue d'applications au contrôle actif des structures, nous abordons la modélisation de composants piézoélectriques insérés dans ou collés sur des structures constituées de matériaux classiques.

L'ensemble de ce travail constitue la thèse de C. Haenel.

Modélisation numérique de matériaux magnétostrictifs

Ce travail débute par une comparaison de différents modèles. Ces modèles sont formulés soit en termes d'équations aux dérivées partielles, soit sous la forme d'un problème de minimisation. S'agissant de problèmes non-convexes, l'approximation numérique est effectuée à l'aide de méthodes de Lagrangien augmenté en se limitant dans une première étape à une formulation purement magnétique. Les résultats comportent la courbe d'hystérésis, les domaines de fermeture et les parois. Ces résultats ont été présentés au 30ème Congrès d'Analyse Numérique, Arles, 18-22 mai, 1998.

On a ensuite considéré le couplage des effets magnétiques et mécaniques. On a proposé une méthode itérative pour la résolution numérique et on a étudié quelques exemples concrets. Dans cette perspective, deux cas sont envisagés. D'une part, on met en évidence le phénomène magnétostrictif et, d'autre part, on étudie le changement des propriétés magnétiques sous chargement mécanique.

Lors de la résolution numérique, c'est le calcul du champ démagnétisant qui prend le plus de temps. On a donc proposé une nouvelle méthode pour accélérer cette étape. D'autre part, pour la méthode du Lagrangien augmenté, le choix des valeurs des paramètres a également une grosse influence sur le temps de calcul. On a établi une condition nécessaire sur le choix du paramètre d'augmentation pour la convergence de l'algorithme et montré numériquement que l'algorithme est très sensible au choix des paramètres. Mais on n'a pas encore mis au point de stratégie générale.

On a aussi essayé de résoudre le problème en utilisant la méthode du gradient conjugué pour comparer les résultats obtenus avec ceux donnés par la méthode de Lagrangien augmenté. Les solutions ne sont pas toujours identiques, ce qui est visiblement dû à la non-unicité de la solution causée par la contrainte non-convexe ; mais ces diverses solutions correspondent toujours à des états physiques possibles. L'ensemble de ce travail constituera la thèse de S. He.

Feedback de Komornik : Mise en oeuvre expérimentale

En collaboration avec le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées et notamment MM. Bourquin, Joly et Ratier, nous avons travaillé au dimensionnement et à la réalisation d'un banc d'essai de qualification de la méthode de stabilisation rapide de Komornik appliquée à une poutre en flexion. Ce travail s'est décomposé en deux étapes :

Optimisation de couches piézoélectriques limitant les effets du spill-over de mesure

Cette étude se situe dans la continuité de la mise en oeuvre du feedback de Komornik. Cette stratégie se présentant sous la forme d'un contrôle-frontière, il s'avère nécessaire d'introduire un réseau de capteurs capable de limiter à lui-seul les termes de couplages résiduels induits par le contrôleur. La définition d'un nouveau type de capteurs semi-répartis de formes régulières a permis de démontrer une limitation conséquente des termes de ``spill-over'' sur les modes élevés de la structure. Des développements mathématiques liés à l'étude de l'opérateur de mesure piézoélectrique sont en cours afin de qualifier la méthode sur des structures de forme quelconque. Ces résultats seront prochainement publiés.

Contrôle actif des vibrations d'une structure mécanique spécifique équipée de céramiques piézoélectriques

Ce travail a été réalisé par A. Blanguernon dans le cadre d'une bourse post-doctorale industrielle mise en place en collaboration avec Thomson LCR et RCM.

Cette structure, réalisée au LCR, est un système bilame composé d'une couche de céramique piézoélectrique (PMN/PT) de cent microns d'épaisseur déposée par sérigraphie sur une plaque métallique de platine rhodié (de cent cinquante microns d'épaisseur). La céramique piézoélectrique est polarisée dans le sens de l'épaisseur et deux électrodes de cuivre sont disposées afin de distinguer la partie capteur et la partie actionneur. Ces deux parties sont reliées entre elles par une contre-réaction analogique composée d'un amplificateur-déphaseur de signal.

La première partie de cette étude a consisté à modéliser finement le comportement de ce bilame, notamment en prenant en compte le problème de la jonction ``plaque/céramique piézoélectrique'' dû aux pertes mécaniques et diélectriques. La validation du modèle a été ensuite effectuée par comparaison avec les résultats expérimentaux obtenus au L.C.R. et à conduit à la construction d'un outil de conception numérique de ce bilame à l'aide du logiciel Matlab.

L'utilisation de ce bilame est envisagée par l'unité R.C.M. de Thomson-CSF pour le contrôle des déformations de structures composites aéroportées (telles que les antennes de radars). Dans le cadre des nouvelles conceptions d'antennes de type ``Smart Skins'', plusieurs systèmes bilames pourraient être intégrés au sein de ces structures composites, afin de pouvoir en capter les déformations puis de les contrôler.

La seconde partie de cette étude a donc été relative à un problème de capteurs de déformations posé sur une plaque composite constituée de verre epoxy (matériau utilisé pour les antennes radars). Les éléments capteurs considérés dans ce problème sont les systèmes bilames dont la modélisation a été effectuée en première partie du stage. Néanmoins dans cette partie, on suppose que ces systèmes bilames sont entièrement recouverts d'une électrode et sont utilisés uniquement en mode capteur.

A l'aide d'une méthodologie de résolution des problèmes d'automatique, on construit un observateur d'état de la structure à partir des données transmises par les capteurs. On en déduit ainsi le calcul du déplacement et la déformation induite lorsque la structure est soumise une perturbation extérieure.

Modélisation et optimisation d'un système de régulation d'oxygène pneumatique

L'objet de cette étude, menée par S. Deypere et R. Nikoukhah, concerne la modélisation d'un régulateur à oxygène fonctionnant en mode 100%, c'est à dire lorsque le débit de demande est de l'oxygène pur, ou en mode dilution, lorsque l'oxygène pur est mélangé à de l'air. Ce travail a pour but de détecter précisément les causes des vibrations intervenant à certaines pressions et de reproduire les phénomènes observés sur les essais expérimentaux. Un modèle simplifié a été élaboré à partir de l'analyse détaillée de chaque partie du régulateur, et a donné des résultats très satisfaisants : les instabilités sont parfaitement bien captées par notre modèle et nous permettent de montrer que ces phénomènes vibratoires sont liés au problème de bouclage. Une modélisation plus fine, par exemple par éléments finis n'est donc pas nécessaire.

Le travail effectué a donné lieu à deux rapports de contrat et à l'élaboration d'un programme interactif permettant à l'utilisateur d'étudier facilement l'effet des variations paramétriques sur le comportement global du régulateur.

Par la suite, une action de type formation continue est envisagée, afin de former les ingénieurs d'Intertechnique chargés de la conception du régulateur, à l'utilisation de ce logiciel.



Footnotes

...Bourquin [*]
LCPC


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