Nous croyons que les relations internationales de l'Institut ont une importance
croissante avec la mondialisation des échanges et la montée en
puissance de l'Internet. Nous croyons aussi que l'excellence scientifique, sur
le long terme, est la meilleure garantie de la valorisation de nos recherches.
L'excellence scientifique est d'abord affaire de formation. Dans bien des
régions du monde, plus ou moins développées
économiquement, une tradition d'éducation solide signifie
l'existence d'une population d'étudiants formés et
motivés, qui sont rapidement opérationnels pour participer
à des projets de recherche communs. Dans d'autres régions, moins
développées, les jeunes scientifiques brillants peuvent
être amenés au niveau nécessaire par des opérations
coopératives les impliquant dans des projets éducatifs : stages
de fin d'études d'ingénieur, co-encadrement de mastéres ou
de doctorats.
Dans les deux cas, nous pouvons aider à leur insertion bien comprise
dans nos projets et, par cette formation par la recherche, monter des actions
mutuellement bénéfiques; à l'issue du stage ou à
l'obtention du diplôme, l'étudiant doit pouvoir à son tour
rejoindre les élites de son pays et aider à la formation des
générations suivantes et au renouvellement des collaborations
avec nos équipes. Dans le sens inverse, nous encourageons nos jeunes
doctorants à faire des stages de longue durée dans les meilleures
équipes mondiales, pour y apprendre les méthodes et outils
développés par des méthodologies complémentaires
des nôtres, et pour y travailler sur des domaines d'application issus du
contexte socio-économique local. Nous encourageons également nos
thésards à séjourner dans nos laboratoires communs,
à l'Institut Liapunov et au LIAMA. Rappelons également que nous
gérons un programme de bourses post-doctorales à
l'étranger pour l'ensemble de la communauté. Cette année
nous avons défini un nouveau mécanisme de sélection des
candidatures, en associant étroitement nos collégues du CNRS
à l'évaluation des dossiers.
Une telle politique d'échanges entre jeunes scientifiques est le
prérequis à toute coopération internationale bien
comprise. Un autre fil directeur de notre stratégie internationale est
de privilégier les coopérations comprenant une participation
industrielle. Certains projets bilatéraux sont directement
pilotés par un industriel; c'est le cas notamment de notre
coopération avec NEC. D'autres projets impliquent des industriels et
d'autres organismes de recherche ou d'enseignement supérieur. C'est en
général le cas pour les projets proposés pour un
financement communautaire. Certains projets coopératifs impliquent la
participation de nos filiales ou de sociétés de technologie
proches de l'INRIA. Par exemple, l'accord de coopération entre l'INRIA
et la Nanyang Technological University de Singapour prévoit la
fabrication d'une petite série de véhicules Cycab par la
société Robotsoft. Nous associons également
réguliérement nos filiales à nos collaborations
internationales, lorsque le correspondant présente un
intérêt stratégique. Par exemple ILOG-Singapour partageait
notre stand à l'exposition TechConnect'97. Nous avons également
convenu d'installer les logiciels ILOG au laboratoire LIAMA, pour en faire la
démonstration à nos collégues chinois.
Mentionnons enfin la grande importance que nous attachons au
développement du consortium ERCIM. Au terme de prés de 10 ans de
fonctionnement de l'ERCIM, nous sommes passés d'une association
étroitement centrée sur des montages de propositions de
financement communautaires par les trois organismes fondateurs (CWI, GMD,
INRIA) à un consortium de 14 organismes, où la plupart des pays
de la Communauté Européenne et plusieurs pays d'Europe Orientale
sont représentés. Un programme d'échanges
d'étudiants post-doctoraux est particuliérement actif. Des
échanges de personnels permanents existent également, favorisant
la mobilité et le développement de projets bilatéraux
entre nos organismes. Plusieurs groupes de travail forment des
communautés actives sur des thémes variés. L'ERCIM Office,
basé à Rocquencourt, coordonne la diffusion de l'information
(ERCIM News, ERCIM Web) et participe à l'administration de certains
contrats européens. Nous avons l'intention de monter une cellule
d'évaluation, permettant à l'ERCIM de candidater à un
appel de la Banque Mondiale en janvier prochain pour l'évaluation des
projets Infodev. Nous espérons que progressivement l'ERCIM sera reconnu
comme une instance européenne représentative de la recherche en
informatique et mathématiques.