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l'environnement
Optimisation en cristallogénèse
M. Marguliès a écrit un modèle et mis au point un logiciel
pour aider au contrôle d'une méthode de cristallogénèse : le
procédé Bridgman. Il s'agit de contrôler l'interface de
cristallisation à partir de paramètres agissant sur la thermique
du procédé : la vitesse de tirage, l'orientation des
réflecteurs pour les échanges de chaleur par rayonnement. À
l'instant initial, le matériau doit être fondu de telle façon que
le germe soit juste à la température de fusion. À l'instant final
le matériau doit être tout entier en dessous de la température de
solidification. En cours d'évolution la forme de l'interface doit
rester stable. Après avoir fait une étude fine de la modélisation
du processus, M. Marguliès a écrit le problème de contrôle.
La variable d'état est l'enthalpie du système. Le procédé est
régi par une EDP non linéaire (Stefan avec changement de phase et
conditions de flux non linéaire sur la frontière). Ce problème
non linéaire est traité avec les méthodes développées par E.
Magenes, C. Verdi et A. Visintin. La recherche des paramètres
optimaux est un problème d'optimisation non convexe avec
contraintes non linéaires. M. Marguliès étudie la résolution du
problème par pénalisation et également par les multiplicateurs de
Lagrange. Il utilise le calcul de l'adjoint adapté à la méthode
de résolution choisie pour le problème direct. Sa thèse a été
soutenue en octobre 96 [3]. Les
résultats font apparaître la prédominance des paramètres de
contrôle du rayonnement et la nécessité d'affiner le modèle en
prenant en compte la thermique dans le creuset.
Problème de la détermination d'une forme optimale en cristallogénèse
C'est le sujet de thèse de S. Despreaux débutée en octobre
1995. Les méthodes classiques de cristallogénèse à partir d'un
bain liquide ne produisent en général que des monocristaux de
forme cylindrique. La réalisation de géométries complexes
nécessite la mise en oeuvre a posteriori d'étapes
d'usinages délicats. Une alternative est la technique de
préformage du cristal. Elle est basée sur l'utilisation des
forces capillaires. Le matériau est d'abord fondu dans un creuset
placé à l'intérieur d'un four. On réalise ensuite un ménisque
liquide qui s'appuie sur une filière (frontière extérieure) et
sur le cristal (frontière intérieure) qui se forme à partir d'un
germe préorienté. Le problème est de savoir si l'on peut
déterminer une forme de filière qui assure avec le cristal un
contact liquide-solide à hauteur constante.
Cela nécessite évidemment de savoir résoudre le problème direct
de la détermination de la forme du ménisque à frontières données.
Il faut résoudre l'équation de la capillarité (elliptique non
linéaire) avec des conditions aux limites de type Dirichlet sur
la filière et Neumann non linéaire sur le cristal. S. Despreaux a
obtenu des résultats d'existence dans la lignée des travaux de C.
Gerhardt. Il étudie maintenant le développement de méthodes
numériques pour calculer une forme optimale de filière. Une étude
numérique préliminaire avait été réalisée par F. Babik dans son
projet d'ingénieur à l'ENSIMAG [17].
Problèmes autour du phénomène de capillarité
S. Bouchereau travaille sur la modélisation et la simulation
numérique de l'évolution d'un fluide sous l'effet conjugué des
forces de tension superficielle et d'un champ électrique
[15]. Une goutte de liquide est
posée sur un support conducteur. En l'absence de champ électrique
la forme de l'interface résulte de l'équilibre entre les forces
de tension superficielle et de gravitation. Lorsque l'on met la
goutte sous une tension V que l'on fait croî tre, on observe une
déformation de la surface libre. Il s'agit de calculer cette
déformation. S. Bouchereau a tout d'abord envisagé le cas
axisymétrique, ce qui est raisonnable pour des valeurs du
potentiel entre 0 et 600 volts. Il a écrit un code de calcul par
éléments finis pour la résolution du problème direct et une
méthode de type cheminement avec pour paramètre V. Les résultats
peuvent être comparés pour des petites valeurs du potentiel avec
ceux obtenus par une approximation condensateur plan
habituellement faite par les physiciens. Cependant on constate
les limites de la méthode numérique lorsque l'angle de contact
entre la goutte et le substrat devient très faible. Le calcul du
potentiel est un problème de transmission dans un ouvert à coin
qui devient singulier. Pour aller au delà des 600 volts il était
donc nécessaire de passer en 3-D et de considérer les
singularités qui apparaissent, portées par la frontière. S.
Bouchereau a mis au point une méthode de calcul par éléments
frontières et intégrales singulières. Son travail de thèse est
actuellement interrompu par son service national (16
mois).