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Participants : Laurent Baratchart, Juliette Leblond, Franck Maurin, Martine Olivi, Edward Saff (univ. Tampa, USA), Herbert Stahl (TU Berlin, Al.), Frédéric Viry, Franck Wielonsky
Mots-clés : approximation rationnelle, étude des points critiques, espace de Hardy pondéré, polynôme orthogonal
L'approximation rationnelle est une étape fondamentale de réduction du modèle en identification de systèmes dynamiques qui soulève de nombreuses difficultés. Dans le cadre présent, le problème s'énonce ainsi :
Soient
,
et n un entier ; on cherche une fonction
rationnelle sans pôles dans le disque unité et de degré au plus
n qui soit le plus proche possible de f dans
.
Les valeurs les plus importantes de p sont, comme nous
l'avons indiqué en introduction, p=2 et
, mais il n'existe de toute façon pas d'algorithme
démontrablement convergent pour une quelconque valeur de p
et le projet, qui a considérablement investi dans le cas
p=2, est concepteur d'un algorithme dont la convergence
vers un minimum local est garantie et qui est le seul à
jouir de cette propriété. Afin de globaliser ce résultat, ce qui
serait une avancée algorithmique majeure dans le domaine, nous
étudions le nombre et la nature des points critiques en nous
concentrant, comme c'est l'usage en approximation, sur des types
particuliers de fonctions qui ont valeur d'exemples en vue de
dégager des classes de propriétés générales.
En conjuguant des techniques de théorie de Morse (stratifiée)
avec des estimations analytiques, nous avions notamment fourni un
théorème d'unicité (le premier du genre) pour des fonctions de
Stieltjes (correspondant à des systèmes de relaxation) dont le
support de la mesure reste compris dans un intervalle dont la
longueur est bornée par une certaine constante absolue (ceci peut
s'interpréter comme une contrainte de stabilité). Si on affaiblit
la propriété d'unicité en celle d'unicité asymptotique
(c'est-à-dire unicité pour un ordre d'approximation assez grand),
cette borne sur le support a été améliorée lors d'un travail
commun avec H. Stahl qui est en cours ; les ingrédients en sont,
outre les aspects topologico-différentiels précédents, la
détermination de la mesure limite associée aux pôles des points
critiques (qui est la mesure d'équilibre d'un certain potentiel),
une formule d'erreur due à V. Totik (provenant d'asymptotiques
forts en poids variable pour des polynômes orthogonaux), et
l'interprétation de la dérivée seconde comme un opérateur de
Hankel pondéré qui permet de faire le lien avec la théorie
classique de l'interpolation et AAK. Cette interprétation a été
développée originellement en collaboration avec le professeur
Saff dans le cadre d'une convention NSF-INRIA, et fournit le
premier critère d'unicité un peu général pour ce style de
problèmes. Il a été illustré sur trois exemples dans [18] (et aussi L. Baratchart and E. B.
Saff and F. Wielonsky, A criterion for uniqueness of a
critical point in H2 rational approximation, à
paraître dans Journal d'Analyse) et a fait l'objet de la
communication [6]. Le premier
de ces exemples est celui de la fonction exponentielle, qui est
le prototype d'une fonction de transfert dont la réponse décroit
régulièrement ; le second est un théorème du type Montessus de
Ballore dans
, pour l'approximation
de type (m,n) de fonctions méromorphes dans une
couronne lorsque m devient grand, et qui permet de
retrouver les pôles de la fonction comme en approximation de
Padé, mais avec une propriété extrémale supplémentaire pour
l'approximant ; le troisième exemple, enfin, concerne
l'approximation
sur un disque petit de
fonctions dont la matrice de Toeplitz n'est pas dégénérée, et va
servir à initialiser des algorithmes de continuation. En relation
avec les estimées d'erreur nécessaires pour élucider le premier
de ces exemples, un travail portant sur le comportement
asymptotique des approximants de Hermite-Padé de la fonction
exponentielle a fait l'objet d'une publication (F.
Wielonsky,Asymptotics of diagonal Hermite-Padé approximants
to H2, àparaître dans Journal of Approximation
Theory).
L'introduction d'une pondération en fréquence constitue un autre développement qui s'est intensifié cette année, autant pour la nécessité qu'il y a de pondérer les données expérimentales (par la densité spectrale du bruit dans un contexte stochastique c'est-à-dire pour relativiser le comportement du modèle là où on a peu d'information dans un langage moins savant mais plus universel) que pour les améliorations algorithmiques que l'on en espère. À ce sujet, il est intéressant de noter que la démarche la plus répandue pour l'identification fréquentielle dans la pratique de l'ingénieur consiste à poser une minimisation aux moindres carrés et à en pondérer les termes jusqu'à obtenir, si on le peut, un résultat convenable par les méthodes d'optimisation dont on dispose. C'est la théorie de cette pratique, afin d'en tirer une méthode, que l'on ambitionne de faire ici. On est donc conduit à minimiser un critère du type
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où
est une mesure
positive finie sur T. Nous avons étendu certains des
résultats obtenus en approximation au cas où le problème
est :
pour
, où
est un polynôme de degré inférieur ou égal à
m, et
un polynôme monique
de degré inférieur ou égal à n sans racines dans le disque
unité.
Pour qu'un tel problème (m,n) soit bien posé, il
faut que
soit absolument
continue par rapport à la mesure de Lebesgue et de dérivée
inversible dans
; nous avons
considéré pour l'instant le cas où cette dérivée est de la forme
pour un polynôme
w de degré d. Lorsque m = n-1, on
peut construire explicitement une base de polynômes orthogonaux
associés à la mesure
et relier les
solutions du problème (1 ) à celles
d'un problème non pondéré. L'algorithme de recherche des minima
locaux mis au point dans le cas non pondéré, fondé sur des
méthodes de gradient et de quasi-Newton sur une variété compacte
qui exhibe une structure récursive par rapport au degré de
l'approximant, se généralise alors au cas pondéré. Ces résultats
ont été rassemblés dans [19] et ont
fait l'objet d'une soumission pour publication à MCSS ainsi que
d'une proposition de communication à ECC 97. Lorsque le poids est
défini par un polynôme w de degré 1, les solutions sont
données par un changement de variables relativement simple à
partir de celles du problème sans poids ; un tel poids
accroit l'importance des fréquences autour de 0 ou de
et peut être utile lorsqu'on dispose de données dans
une telle bande de fréquences ; ceci a fait l'objet des
stages de F. Viry et F. Maurin.
Dans le cadre de notre collaboration NSF-Inria, nous avons
aussi abordé cette année l'étude de (1 ) pour
(le cas
m > n + d - 1 se ramenant à celui où les
approximants sont du type (n + d - 1,n)
comme cela est décrit pour le problème sans poids dans l'article
à paraître - L. Baratchart and E. B. Saff and F. Wielonsky, A
criterion for uniqueness of a critical point in H2
rational approximation, à paraître dans Journal d'Analyse.
). Le but de ce travail est d'étendre à (1 ) certains résultats connus dans le cas
non pondéré. En particulier, nous avons établi la normalité (tous
les
solutions de
(1 ) sont de degré égal à n
sauf si f est une fraction dont le dénominateur est de
degré strictement inférieur à n) et avons commencé l'étude
de la ``consistance'' (unicité du point critique lorsque f
est elle-même rationnelle de type (m,n)) ;
nous avons prouvé cette dernière propriété pour m =
n + d - 1 et m = n + d - 2.
Nous projetons, d'une part, de généraliser au cas
l'algorithme de recherche des minima évoqué
ci-dessus disponible à ce stade pour m = n-1 et,
d'autre part, d'étudier un certain nombre de questions théoriques
(propriétés asymptotiques des points critiques, relations avec
les problèmes d'interpolation) en se servant du poids comme d'un
paramètre de conception pour l'algorithme. Par exemple, dans le
cas
, il est clair que
les considérations de théorie de Morse sur les points critiques
seront encore vraies dans le cas pondéré et le problème de savoir
si l'on peut choisir le poids de sorte que l'on ait unicité,
(version peu classique de l'input design ) devient fort
intéressant.